Chemin des Carrières à Rosheim, 11km de promenades insolites par Reiulf Ramstad Arkitekter


« Le voyage est comme une porte par où l’on sort de la réalité comme pour pénétrer dans une réalité inexplorée qui semble un rêve » Guy de Maupassant.

Omniprésents, parfois cachés, les vestiges de la voie de chemin de fer marquent encore la lecture du site. La volonté de créer un tracé pour desservir les carrières a dû s’adapter aux paysages vallonnés des collines sous-vosgiennes. Ainsi la forme même du tracé raconte l’histoire des paysages et des hommes. Le patrimoine ferré se décline dans les matériaux, la mise en valeur et parfois la ré-interprétation des vestiges de la voie. Les ondulations du tracé quant à elles se lisent dans les formes du mobilier (totem, abri en bois, gardes corps des passerelles), et dans le promontoire final.

L’invitation à découvrir des paysages oubliés ou porter un regard différent sur des paysages du quotidien s’adresse à la fois à des usagers locaux comme des touristes. À l’image de l’ancienne voie qui offrait une double fonction (industrielle et transport de voyageurs), le parcours a en effet cette double vocation. Le fonctionnel doit donc côtoyer l’imaginaire du voyage. L’histoire est ponctuée de chapitres formés par les principaux arrêts et avec différentes séquences paysagères offrant des univers variés. Des lieux particuliers sont mis en lumière (mur de chargement au niveau de la carrière, fin du chemin dans la forêt au niveau des anciens fours à chaux, passage sous la RD 35, emplacement du chêne au croisement avec la piste vers Obernai) et proposent une reformulation de l’histoire de la voie. Enfin des éléments insolites rythment le chemin, et éveillent les sens du visiteur en attirant son attention sur des éléments parfois visibles, parfois difficilement perceptibles.

À l’image d’une voie ferrée, le chemin offre de véritables arrêts aux voyageurs, en plus des évènements perceptibles sur le trajet. Chaque arrêt développe sa thématique et participe au récit principal.

Rosheim : C’est le symbole du passé. Réalisé par des cercles entrelacés en acier corten, le pavillon a un caractère labyrinthique et joue avec un intérieur concave et convexe irrégulier, que les visiteurs sont libres de parcourir. Les voies de chemin de fer sont conservées, des bancs sont intégrés et des ouvertures sont créées pour ouvrir ou fermer la sculpture selon des vues choisies du paysage environnant, permettant de voir, de s’asseoir, de réfléchir et de contempler.

Boersch : C’est le symbole du voyage. Voyage, symbolisé à la fois par l’eau et l’ancienne gare. Une place ouverte sur l’eau est aménagée, constituée presque d’un tapis de rails insérés dans du béton balayé. Deux structures bois offrent des abris aux voyageurs comme l’ancienne gare. De l’autre côté de la rivière, la place se prolonge. Deux abris bus reprenant la même trame en lacets que l’abri bois marquent comme deux portes d’entrée de ville. Du Nord au Sud, les rails sont conservés et guident le voyageur. Une forte masse végétale masque les constructions au Sud.

Leonardsau : Véritable rupture entre un espace fermé et un espace ouvert, l’arrêt incarne la porte, le passage. Après un long tunnel deux grandes lames en Corten amplifient l’effet d’ouverture à la fin du couloir de la forêt. Cette perspective qui s’ouvre sur le mont Saint Odile développe aussi l’idée de l’objectif d’un voyage de découverte.

Ottrott : Ancienne gare, l’arrêt matérialise l’histoire du chemin de fer. La présence importante du patrimoine (pont balance, grue, pompe,…) a orienté ce choix. Sans véritable centralité, c’est plus un arrêt paysage en longueur, avec un aménagement très sobre. La végétation le long de l’arrêt est renforcée en particulier au niveau du parking. Le réservoir, symbolisant l’eau, est planté de prêles et de bouleaux. L’aire de pique-nique est plutôt imaginée en retrait, dans un cadre végétal plus dense.

Saint-Nabor : En cours de « renaturalisation » les carrières symbolisent la reconquête du végétal, à l’image de la voie disparaissant parfois dans des bosquets. Objectif du voyage pour certains, le voyageur découvrira dans un premier temps un espace presque lunaire en cours de re-végétalisation spontanée. De même les prémices de zone humide sont mis en avant simplement par un platelage bois. Enfin, c’est sur la plateforme haute que le voyageur découvrira l’oeuvre la plus manifeste : un promontoire en corten offrant une large vue sur le vallon de Rosheim et la plaine d’Alsace.

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Photos: Florent Michel 11h45

source: communiqué de presse v2com



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