Coronavirus – Traçage, cas contact, tests et mises en quarantaine : zoom sur la brigade sanitaire de la CPAM de la Somme 1

Coronavirus – Traçage, cas contact, tests et mises en quarantaine : zoom sur la brigade sanitaire de la CPAM de la Somme


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Derrière un ordinateur, casque avec micro sur la tête, Hadil parle d’une voix apaisante à l’homme qui vient d’appeler. Au bout du fil, un homme de 59 ans porteur du Covid-19. Il a été contacté par la brigade sanitaire de la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) de la Somme. Un médecin a en effet signalé à cette plateforme, Contact Tracing installée à Amiens, que son patient a été testé positif au coronavirus. Et pour éviter que le virus ne se propage, des agents comme Fadil vont lister avec le malade les personnes avec lesquelles il a été en contact durant les dernières 48 heures. Toutes seront appelées une par une. 

Les plateformes de contact tracing comme celle de la CPAM de la Somme ont été installées partout en France par un décret paru au Journal officiel du 13 mai.
 

Un décret qui protège également les données collectées par les agents de l’Assurance maladie : elles sont conservées trois mois par le service avant d’être détruites.
 

Des assurés coopératifs

“Globalement, les gens sont coopératifs, explique Eric Lachat, co-pilote de la cellule contact tracing de la CPAM de la Somme. Ils ont envie de casser cette chaîne de transmission du virus. On a vraiment des appels qui sont constructifs. Ils comprennent bien la démarche de l’Assurance maladie. On s’est organisés dans le bâtiment sur trois niveaux. On a espacé les postes de travail d’un mètre cinquante pour que chaque agent puisse passer du temps au téléphone avec les patients en toute autonomie.” Sur les bureaux, des flacons de gel hydroalcoolique. Sur le visage des agents, des masques de protection.

Ce que confirme Karine Hadj qui vient de raccrocher avec une malade déjà placée à l’isolement : les 3 cas contacts identifiés et contactés sont d’accord pour se faire tester. “Les patients sont collaboratifs et essaient de nous donner un maximum de détails, confie cette conseillère à la CPAM de la Somme. Ils sont déjà préparés à notre appel. Le médecin les a rassurés, a déjà joué un rôle de soutien psychologique. Certains ont déjà fait la liste des gens qu’ils ont côtoyés !” Mais leur coopération au dispositif se fait avec leur consentement : rien ne les oblige à répondre aux questions des agents de la CPAM.

Ce dispositif a été mis en place dès le lendemain du déconfinement, le 13 mai, pour tenter de ralentir la propagation du virus. Patients 0 et personnes contact, les agents passent entre 5 et 10 appels par jour : en deux semaines, ils ont recensé 80 cas positifs pour 160 cas dit “contacts” dans tout le département.

3 critères d’évaluation

Un chiffre qui peut paraître faible mais qui s’explique par le confinement : durant deux mois et demi, on n’a essentiellement été en contact qu’avec des proches. Ce qui limite le périmètre d’intervention de la brigade sanitaire et donc le nombre de personnes contact. Les critères d’évaluation sont également très précis : “les gens qu’on croise dans la rue ne sont pas considérés comme des cas contact. Quand nos conseillers appellent ceux qui sont susceptibles d’avoir été en contact avec une personne positive, ils travaillent à partir d’une grille d’analyse, explique Jean-Charles Gillet, le directeur de la CPAM de la Somme. Il y a trois critères essentiels qui sont pris en compte : il y a la durée du contact. La distance : est-ce qu’on a respecté la distanciation sociale ou pas. Et les mesures de protection, les gestes barrière qui ont été appliqués : si j’ai croisé quelqu’un dans une grande surface, il y a de fortes chances qu’il n’y ait pas de contamination. En revanche, si j’ai pris la voiture pendant 20 minutes avec quelqu’un et que personne ne portait de masque, là on va considérer qu’il y a un risque de contamination et donc on va inviter la personne à se faire dépister.”

58 agents volontaires

À la CPAM de la Somme, 58 agents de différents services se sont portés volontaires pour travailler sur cette plateforme. “Pour l’enjeu de la mission. C’est un enjeu qui est fort, précise Karine. Et j’ai voulu garder le contact avec les assurés comme je le fais dans mon activité normale au sein de la CPAM. Ce qui me plaît, c’est le contact avec les assurés. De me rendre utile. De leur montrer qu’on est là pour les aider.”

Avec son interlocuteur, Hadil a réussi à identifier six personnes contact. Six personnes que l’assurance maladie va rapidement contacter. Elles seront alors testées puis placées en quatorzaine..
 


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