Déconfinement : à Marseille, le parc Chanot transformé en usine à masques 1

Déconfinement : à Marseille, le parc Chanot transformé en usine à masques


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Le tableau peut rappeler certaines images d’usines en temps de guerre. Le parc des expositions de Chanot, réquisitionné pour l’effort de crise, a été envahi par une vague de couturières.

Depuis le 11 mai, quelques 50 ouvrières s’activent à la fabrication de masques homologués pour fournir gratuitement le département des Bouches-du-Rhône.

La cadence est soutenue : chaque employée doit produire 276 masques par jour, pour un total de 40.000 fabriqués par semaine.

Sans s’arrêter de coudre, la cheffe d’atelier Celik Nurten se félicite : “Je suis heureuse de faire ça. Je travaille depuis 20 ans dans le textile. Ici, il y a une forte cohésion, c’est un super projet“.  

Celik Nurten a l'habitude du textile. Ici, elle est devenue cheffe d'atelier pour former les novices. / © Paul Géli/ FTV
Celik Nurten a l’habitude du textile. Ici, elle est devenue cheffe d’atelier pour former les novices. / © Paul Géli/ FTV

Expérimentée, la couturière de 41 ans a dû assurer la formation des employées. Parmi les travailleuses réquisitionnéss autour d’elle, beaucoup n’ont aucune expérience en textile.

Ils sont ici grâce à des projets d’insertion professionnelle, menés par l’atelier Insermode, l’association Régie Services 13 ou par les ESAT de Marseille. 

Plus de 60 emplois créés

Au total, plus de 60 emplois ont déjà été créés. “On a pris une semaine pour former tout le monde aux machines et à la fabrication“, raconte Celik Nurtem, les yeux rivés sur sa couture.

On commence à atteindre une cadence soutenue. La semaine prochaine, ça le sera davantage.”

Derrière elle, une employée s’applique à la couture d’un ourlet. La jeune femme l’assure, elle n’avait aucune connaissance en textile avant son arrivée : “J’ai tout appris ici. Au début, ce n’était pas facile de s’habituer aux machines, maintenant j’ai pris le rythme.” 

Les petites mains du parc Chanot doivent produire 276 masques par jour pour atteindre l'objectif du million de masques. / © Paul Géli - FTV
Les petites mains du parc Chanot doivent produire 276 masques par jour pour atteindre l’objectif du million de masques. / © Paul Géli – FTV

Pour elle, ce travail était inespéré : “J’étais en recherche d’emploi depuis janvier. Avec le coronavirus, j’ai cru que je trouverais jamais. Ce n’est qu’un CDD, mais ça m’assure un salaire jusqu’en août”, se réjouit-elle.

Derrière ce dispositif, une initiative du fabriquant de vêtements Fil rouge, financé par le département et la Métropole Aix-Marseille. Ce vendredi; la présidente Martine Vassal est venue se rendre donc du fonctionnement de l’atelier de confection.

Au total, un million de masques seront fabriqués d’ici le mois d’août. Annie Carrai, la directrice de l’entreprise marseillaise Fil Rouge renchérit : “C’est un vrai challenge, un défi technique d’avoir monté une maison de production en si peu de temps“.

L’atelier a vu le jour en une semaine de travail. L’entreprise phocéenne a investi dans une cinquantaine de nouvelles machines afin de créer cette manufacture temporaire ad hoc.

De fabrication purement marseillaise, les masques sont faits de textiles portugais ou français, “européens“, résume la directrice. Ils sont officiellement lavables dix fois, mais l’enseigne assure qu’elle attend prochainement le “label lavable 20 fois“. 

Les masques marseillais sont estampillés Made in France. / © Paul Géli - FTV
Les masques marseillais sont estampillés Made in France. / © Paul Géli – FTV

Les maires assurent la distribution

Déjà, les cartons s’amoncellent dans l’entrepôt du Palais de l’Europe. Dehors, des camionnettes attendent, pour récupérer les biens.

Ce sont des maires des Bouches-du-Rhônes qui viennent chercher des lots de masques, qu’ils répartiront ensuite dans leurs communes.

Jérome Orgeas, le maire de Roquefort-la-Bédoule, réceptionne gratuitement les 22 cartons qui lui sont destinés. Il a pris rendez-vous avec la métropole au préalable. 

Le maire de Roquefort-La-Bédoule vient récupérer des lots de masques pour ses administrés. / © Paul Géli / FTV
Le maire de Roquefort-La-Bédoule vient récupérer des lots de masques pour ses administrés. / © Paul Géli / FTV

Une fois le chargement effectué, il ne lui reste plus qu’une étape : distribuer les masques.

Chaque habitant va recevoir dans sa boîte aux lettres un coupon. Ils pourront venir récupérer leur masque sur présentation de ce coupon et d’une pièce d’identité, dans différents lieux de la ville.”

Le maire avait déjà pris les devants en fournissant des masques chirurgicaux pour ses employés municipaux. Désormais, il veut s’assurer que tous ses administrés soient protégés.

J’ai demandé 5.600 masques, soit le nombre total d’habitants à Roquefort-la-Bédoule”, se félicite-t-il.

Actuellement, les Bouches-du-Rhône comptent plus de 2 millions d’habitants. D’autres points de fabrication ont vu le jour dans le département.


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