À Marseille, cette villa 1930 retrouve son cachet


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À Marseille, cette villa 1930 retrouve son cachet 1

Avec ses villas blanches, ses bougainvilliers et ses vallons plantés de pins qui dominent la mer Méditerranée, la Corniche de Marseille est une situation qui nous fait rêver. C’est sur l’une des pentes du quartier Bompard que ce couple de quadras avec deux adolescents fait une bonne trouvaille, en 2018, sur un site d’annonces. Habitant le quartier et cherchant à s’agrandir, ils craquent sur une bâtisse 1930 sur deux niveaux que les anciens propriétaires leur présentent comme récemment rénovée. Si, à la première visite, ils ne doutent pas que la situation proche du parc Valmer soit bien celle de leurs rêves, en revanche, la rénovation n’est pas à leur goût et ils envisagent une refonte intégrale. Pour ce faire, ils connaissent la professionnelle idéale, l’architecte d’intérieur Chrystel Laporte qui vient de racheter leur précédente maison !

Un jour d’avril
Coup d’œil
Qui vit ici : une famille avec deux ados
Emplacement : quartier Bompard, Marseille 7e
Superficie de la maison : 200 m²
Date des travaux : livraison décembre 2018
Architecte d’intérieur : Chrystel Laporte, Un jour d’Avril, Marseille 7e
Architecte paysagiste : Élodie Wehrlen, Côté Outdoor, Marseille 6e
Budget aménagement : 200 000 euros

Crédit photos : Gabrielle Voinot

Avant. Comme on le voit d’emblée sur ce visuel avant travaux, la maison était déconnectée de son jardin. Construite sur le vallon pentu, elle était accessible par une petite terrasse perchée en haut d’une dizaine de marches en travertin. L’escalier paraissait disproportionné, la terrasse trop petite pour y déjeuner. Les propriétaires ont tout de suite senti le paradoxe d’une maison avec jardin dont on ne puisse pas tirer parti.

Un jour d’avril
Après. L’architecte d’intérieur Chrystel Laporte, de ce même avis, affirme que le fil conducteur de son travail a été « d’ouvrir cette maison sur l’extérieur et de recréer les zones de vie pour en profiter ».

Comme la terrasse était le seul endroit où l’on pouvait facilement manger dehors, la pro l’a réinventée afin qu’elle devienne autre chose qu’une zone de passage tristounette. Faisant écho au graphisme de l’escalier, une pergola bioclimatique a cadré l’espace, tout en apportant bien-être et confort. Près de la porte d’entrée, l’architecte d’intérieur a également fait ajouter une large fenêtre à l’allège basse qui donne dans le bureau. Les montants noirs préfigurent le changement des menuiseries qui n’a pas encore été fait pour une question de budget.

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Avant. Dans la maison, la clim, l’électricité, la plomberie, le chauffage et les vitrages avaient été rénovés par les anciens propriétaires, ce qui a rassuré les nouveaux acquéreurs qui pensaient limiter le coût de leurs travaux de rénovation. Mais l’aménagement ne leur plaisait pas. Ils n’aimaient ni le sas d’entrée exigu, ni la pièce de vie tout en longueur, et encore moins la porte des toilettes qui s’ouvrait dans la salle à manger. Quant aux choix déco réalisés précédemment à haute dose de Placo et de carrelage, ils considéraient qu’ils avaient fait perdre son âme à la villa.

Après. Désireux d’un réaménagement plus qualitatif en termes de matériaux et de gestion de l’espace, ils ont donné carte blanche à la pro pour qu’elle fasse éclore le charme de cette maison de famille.

Avant. Le sas d’entrée exigu, coincé face à l’escalier desservant le premier étage, était oppressant et ne reflétait pas les volumes de la grande villa.

Après. À la première visite Chrystel Laporte a été très attentive aux désirs des propriétaires puis elle a collecté des photos d’inspiration reflétant leurs envies. « Ces moodboards me servent à décliner les ambiances des pièces au fil du projet », explique-t-elle.

« J’ai également écouté la maison et me suis projetée dans son plan comme si c’était une 2D. Je m’appuie toujours beaucoup sur l’espace existant et je me projette dans des perspectives pour créer la surprise », poursuit cette ancienne graphiste, toujours éprise du meilleur cadrage. Ainsi, l’escalier menant à l’étage a par exemple été modifié afin de ne plus déboucher face à l’entrée.

Un jour d’avril
À gauche de l’entrée, le bureau des anciens propriétaires a gardé sa fonction mais a été réaménagé plus chaleureusement. Le carrelage, recouvrant un plancher chauffant, a été remplacé par un parquet contrecollé en chêne clair à larges lames. Un bureau sur mesure, peint dans un bleu choisi dans le nuancier Caparol, se combine avec un mur recouvert d’un papier peint panoramique au motif tropical en noir et blanc. Ce dernier dissimule une porte sous tenture derrière laquelle ont été déplacées les toilettes.

Papier peint panoramique : Lé papiers de Ninon, modèle Aladin, acheté dans la boutique La Sélection de Sophie Ferjani

Avant. La pièce de vie tout en longueur disposait d’un aménagement très étonnant. Le canapé était placé dos à la fenêtre et regardait vers la cuisine. « C’était comme si la maison était tournée vers elle-même », se remémore Chrystel. Pour pallier l’impression d’exiguïté de l’entrée, elle a joué à happer le visiteur en attirant son œil vers le fond de la pièce.

Un jour d’avril

Après. Pour Chrystel Laporte, nul doute qu’il ne faille revoir l’aménagement de la pièce de vie en se tournant vers ses vues inouïes. « On peut dire que cette maison avait une vue de dingue ! Imaginez que par cette fenêtre on voit jusqu’au massif de la Sainte-Baume, et un peu sur la droite, la mer et le départ des Calanques ! », s’enthousiasme-t-elle en effet.

Avant. La cuisine avait été récemment refaite mais les propriétaires étaient en quête d’un univers plus reposant que le combo vert anis/chocolat/inox.

Après. Auparavant, on cuisinait face au mur vert mais le plan a été repensé pour faire face aux ouvertures. La zone de préparation et lavage se tourne vers la mer via la fenêtre plein sud. La zone cuisson, sur l’îlot équipé d’une grande plaque induction avec hotte, regarde la fenêtre du salon orientée est, à travers la verrière.

La professionnelle a dessiné l’implantation de la cuisine sur la base de mobilier de chez Leicht, un fabricant allemand réputé, distribué à Marseille par le cuisiniste Dôme Vanadia. Le plan de travail est en stratifié compact assorti aux façades.

« Cette maison était en hauteur et lumineuse mais elle ne prenait pas la lumière de Marseille si particulière. Nous l’avons repensée comme un écrin blanc face à la mer pour qu’elle s’intègre dans son quartier », explique la pro.

L’ambiance de la cuisine est douce et épurée, contrastée par les tabourets hauts en métal noir et quelques éléments électroménagers. Contemporain, ce décor échappe à l’effet clinique, réchauffé par les touches de bois et les carreaux artisanaux en zellige de la crédence. À quelques centaines de mètres du monument marseillais La porte d’Orient, les zelliges marocains faits mains sont également un clin d’œil à la culture méditerranéenne qui irrigue la ville.

Cuisine : Leicht – Tabourets : HK Living

Pour éviter que la pièce de vie ne contemple la cuisine comme précédemment, l’architecte d’intérieur a créé une séparation vitrée. À l’avant de cette verrière aux montants en acier noir, la table à manger, entourée de confortables fauteuils roses, fait la transition avec le salon.

À noter, la porte desservant les anciennes toilettes se trouve désormais dans le prolongement de la verrière. La petite pièce a été reconvertie en buanderie et cellier.

Avant. Le coin salon tournait le dos au jardin, à la mer, à la vue à 180° sur la corniche et le massif de la Sainte-Baume…

Un jour d’avril
Après. L’architecte d’intérieur a proposé de retourner le salon vers l’extérieur et de profiter de cet emplacement en hauteur pour ouvrir plus largement cette façade. La fenêtre existante a été élargie et son allège volontairement abaissée à hauteur d’assise pour servir de banquette. Soulignée de chêne, la baie cadre cette magnifique vue, comme un tableau. Elle est devenue le point focal de cette pièce et n’a d’ailleurs pas manqué de se faire repérer sur les réseaux.

« Depuis que j’ai diffusé la photo de cette zone de contemplation, on m’a demandé de la reproduire dans plusieurs projets mais ce type de réalisations n’est jamais aussi réussies que lorsque la vue est, comme ici, extraordinaire », estime l’architecte d’intérieur.

Un jour d’avril

Deux canapés et l’iconique méridienne LC4 dessinée par Le Corbusier et Charlotte Perriand offrent des assises confortables pour contempler la vue de rêve de ce tableau vivant. Quant à la table basse, c’était la précédente table de salle à manger de la famille à laquelle la propriétaire a tout simplement scié les pieds.

Table en chêne : Alinea (pieds coupés) ; Canapés : Maison de Vacances (le plus grand) et Bérengère Leroy ; Chaise longue en cuir : LC4 chez Cassina ; Coussins : Harmony, Bed and Philosophy

Avant. Nous regagnons l’entrée pour emprunter l’escalier en direction de la zone nuit. Son quart tournant a été supprimé pour qu’il ne débouche plus face à l’entrée. La famille a également souhaité faire disparaître le garde-corps en fer forgé, le carrelage de sol ainsi que l’enduit kaki couvrant le bas du mur.

Après. Un béton ciré noir a été spatulé sur les marches. Une finition contemporaine, pratique à nettoyer et entretenir. Dans un futur proche, une bibliothèque devrait accompagner la montée et animer le mur. « L’effet graphique de l’escalier est important et la bibliothèque réduira la largeur anormale de l’escalier », ajoute la pro.

À l’étage, le plan des chambres et salles de bains ne paraissait pas des plus optimisés. Une seule chambre sur trois ne disposait pas de sa salle d’eau mais une grande salle de bains autonome avait été placée entre les deux autres…

Le fils des propriétaires a emménagé dans la chambre au-dessus du bureau, laquelle a été équipée de sa propre salle de bains. La jeune fille s’est installée dans la chambre centrale dont la salle d’eau a été modernisée. Ne demandez pas des photos des chambres d’ado. À cet âge, il y a des pudeurs compréhensibles.

La grande salle de bains a été rattachée à la dernière chambre. Pour réduire le couloir qui barrait largement l’étage, la disposition a été intervertie entre chambre et pièce d’eau.

Avant. Voici la chambre parentale avant travaux.

Un jour d’avril
Après. Intervertir chambre parentale et salle d’eau a nécessité de grosses retouches de plomberie, ce qui explique l’estrade qui a permis de faire courir les évacuations au sol.

Suspension : Bright Spot de chez Nordic Tales. Coussins : Honoré
Pouf et commode Sarah Lavoine

Un jour d’avril

Question déco, la chambre tout en blanc avec des touches naturelles est follement reposante. « Comme pour le rez-de-chaussée nous avons choisi une ambiance claire qui évoque les vacances et employé des matériaux simples, presque bruts », justifie l’architecte d’intérieur.

La poignée du dressing est le genre de détails qu’affectionne la pro. « C’est une simple prise de main en tasseau de bois créée par le menuisier. Presque brute, elle et très graphique », note-t-elle.

Avant. Carrelage jaune et bandes contrastantes marron habillaient la salle de bains principale de l’étage.

Un jour d’avril
Après. Sans surprise, la grande pièce d’eau a été revue dans le style lumineux et épuré qui caractérise cette rénovation. Pour créer du contraste, des fleurettes noires sont venues parsemer la mosaïque de sol blanche. De même la robinetterie, les montants de la paroi de douche très pure et le joint creux du meuble vasque ont été ornés de noir par Chrystel Laporte, telle une graphiste qui soulignerait élégamment les encadrés posés sur une page blanche.

Robinetterie : Ondyna chez Christina ; Paroi de douche : Vismara chez Richardson ; Mosaique sol : Esagona fiore matt chez Arte Casa, trouvée à Marseille chez Au Petit Versailles

Un jour d’avril

Dans cette pièce, l’architecte d’intérieur s’est également appuyée sur la vue extérieure pour déterminer les emplacements des sanitaires. La baignoire îlot a bénéficié de la meilleure place, près de la fenêtre, histoire de contempler la vue depuis un bon bain moussant.

Rénovation extérieur villa // 7ème Marseille

Un an après avoir rénové l’intérieur de cette maison, Chrystel Laporte a été rappelée par les propriétaires désireux de faire aménager leur jardin en cohérence avec l’intérieur. Pour parfaire le rendu, la pro a travaillé en duo avec une architecte du paysage. Suivez la rénovation des extérieurs de cette villa marseillaise dans notre prochain reportage.

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