À Paris, il était une fois un duplex 10 ans après 1

À Paris, il était une fois un duplex 10 ans après


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À deux pas des Invalides, ces quadragénaires avec trois adolescents ont acquis il y a dix ans un duplex aux cinquième et sixième étages d’un immeuble haussmannien. À l’époque, la remise en état a été gérée par l’agence d’architecture Fact. Dix ans après, les propriétaires ont eu la chance de pouvoir racheter 32 m² au cinquième étage, dans lesquels ils imaginent créer une suite parentale. Cette surface n’est pas directement contiguë à l’appartement mais se trouve sous une partie du sixième étage qui leur appartient. Comme la problématique spatiale n’est pas évidente, ils se rapprochent d’une architecte d’intérieur pour gérer la réunion. Or, Miriam Gassmann connaît très bien l’appartement puisqu’en 2008, c’est elle qui a supervisé la décoration du bien pour le compte de Fact architecture, où elle officiait avant d’ouvrir sa propre agence en 2010. Confiante dans son intervention, cette famille va se laisser convaincre d’aller plus loin que la simple intervention technique afin d’apporter au 240 m² autant de panache que de confort.

Miriam Gassmann
Coup d’œil
Qui vit ici ? Une famille avec trois adolescents
Emplacement : près des Invalides (Paris VIIe)
Superficie : 240 m² (appartement d’origine 208 m² + studio rattaché 32 m² )
Date et durée de la rénovation : livraison mars 2020 (8 mois de travaux précédés de 7 mois d’études et formalités administratives)
Architecte d’intérieur : Miriam Gassmann
Entreprise générale et menuiserie : Dan Brami, Fix’up
Budget travaux : > 2000 euros HT/m²

Photos : Stéphane Deroussent

Une fois n’est pas coutume, nous allons visiter les lieux à l’envers depuis le septième et dernier étage de l’immeuble. Il y a 10 ans, en marge de la rénovation du duplex, les propriétaires ont fait aménager par un paysagiste une terrasse privative de 70 m² au-dessus de leur appartement.

Miriam Gassmann

Cette jungle avec vue sur les Invalides et la Tour Eiffel, dotée d’une pergola cabane et d’un barbecue, est un « hide away » inouï, un bijou rare dans la capitale.

Miriam Gassmann

Lorsque Miriam Gassmann intervient en 2018 pour rattacher le studio de 32 m² au duplex de 240 m², elle tombe en arrêt devant la beauté de ce jardin d’Eden qui s’est bien épanoui depuis 10 ans et n’a plus qu’une idée en tête : « Capter l’ambiance magique de ce paradis en intérieur, produire un effet waouh comparable dans les étages inférieurs. »

Miriam Gassmann

Avant. À l’époque, avec la superficie donnée, il n’avait guère eu de possibilité de créer une large zone de vie afin de conserver une chambre pour chacun.

Miriam Gassmann
Après. Mais le rattachement de la surface de 30 m² au cinquième étage change la donne en autorisant une nouvelle redistribution de l’espace.

Et l’architecte d’intérieur Miriam Gassmann compte bien en profiter pour « ouvrir les volumes, leur apporter de la générosité et faire circuler la lumière de manière traversante ».

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Agnès Carpentier

Avant. Depuis l’édicule de la terrasse, nous descendons au sixième étage via un escalier intérieur. Ce dernier, tout boisé à l’achat de l’appartement en 2008, avait été relooké.

Miriam Gassmann

Après. Repensé de sorte à être plus lumineux, il avait été délesté des contremarches en 2008 et avait été paré d’un garde-corps en verre beaucoup plus léger.

Avant. L’escalier débouche sur un long couloir au sixième étage. En 2008, il avait été équipé d’un faux plafond.

Miriam Gassmann
Après. Jouant la carte de l’extérieur pénétrant en intérieur, Miriam Gassmann propose de repeindre la porte de l’ascenseur (qui fait un stop privatisé à cet étage et au cinquième) en vert sapin ainsi que le plafond. Le parquet en chêne a été poncé et reverni pour lui donner un aspect plus brut

Plafonniers G13 de Pierre Guariche pour Sammode chez Nedgis ; Parquet chêne traité avec Bona Mega Natural

Avant. Le salon après sa première rénovation. Quand les propriétaires ont acheté cet appartement aux couleurs sombres et poutres apparentes, ils avaient demandé à leurs architectes une décoration sobre et fonctionnelle et beaucoup de blanc.

Miriam Gassmann
Après. Dix ans après, les trentenaires sont devenus quadragénaires et leurs envies déco se sont affirmées. « Ils avaient envie d’une ambiance plus actuelle et d’un décor chaleureux et cossu avec du parquet à chevrons, davantage de contraste et du velours », explique Miriam Gassmann à l’approche du salon principal.

Canapé : Desmedido ; Fauteuil en laine bouclée : Pacha Loung Chair de Gubi par Pierre Paulin

Miriam Gassmann
La famille reçoit beaucoup et souhaitait un séjour plus vaste et confortable que le précédent. Le « salon blanc » a été dédié aux réceptions et au visionnage de films.

Les canapés ont été réalisés en collaboration avec Arancha Valcarce de la marque Desmedido qui conçoit sur-mesure et fait fabriquer selon des techniques artisanales en Espagne.

Lampe palmier : HK living

Miriam Gassmann

À droite du canapé, nous distinguons le nouveau sas qui cache la descente vers la suite parentale. Un panoramique végétal laisse notre imagination s’envoler vers un univers onirique. Mais finissons d’abord la visite du sixième étage.

Avant. La pièce de vie n’était pas des plus larges et également assez sombre, bien que située au sixième étage.

Miriam Gassmann
Après. Quitte à faire refaire tout leur appartement, les propriétaires ont envie de faire les choses bien. Dix ans plus tôt, ils s’étaient contenté d’un sérieux relooking car, après l’effort financier de l’achat, il n’était pas opportun de se lancer dans de plus gros travaux. Mais au fil du temps, ils s’étaient rendu compte que certaines pièces étaient sombres et que le sixième étage était mal isolé, particulièrement chaud en été sous le zinc de la toiture.

Après avoir fait faire une étude complète par un thermicien, Miriam a orchestré un doublage complet de la charpente et de la façade, « au moyen de matériaux isolants écologiques et très performants tels la laine de bois Steico et la laine de coton Métisse, un isolant fait à base de jeans recyclés ». Se confrontant à d’importantes reprises de structures au niveau de la toiture, elle a fait placer deux fenêtres de toit au plafond et fait peindre la poutre d’origine en blanc.

Miriam Gassmann
Le coin salle à manger à manger a également gagné en panache et lumière. À partir de ses dessins, l’architecte d’intérieur a fait réaliser une table en marbre « white beauty », un marbre blanc provenant de Chine parcouru d’un veinage vert prononcé. « Les propriétaires avaient envie de la table Tulip de Saarinen mais le plateau était trop large pour l’espace. Avec le sur-mesure nous avons pu dessiner les dimensions parfaites pour la pièce et en avons profité pour personnaliser la table avec un marbre rare », justifie la pro.

À l’arrière de la table, deux fenêtres en L encadrent une courette. À l’origine, l’une de ces fenêtres avait été murée mais l’architecte d’intérieur a pris soin de préserver tout élément qui pouvait maximiser la lumière, en les parant de vitrage cannelé.

Avant. La cuisine d’origine était placée au sixième étage dans la pièce en biseau qui crée une excroissance sur le plan. Le fond avait été muré pour loger une buanderie.

Miriam Gassmann
Après. Pour agrandir la pièce de vie, Miriam Gassmann a transformé cette cuisine en « second salon plus intime, à la fois coin bibliothèque et bar » et déplacé la cuisine dans une chambre contiguë.

Banquettes : Desmedido ; Applique murale : Peggy small, Gong

Miriam Gassmann
Le fond de la pièce, anciennement buanderie, a été décloisonné pour profiter d’une seconde fenêtre. Le mur du fond a été paré de miroirs oxydés provenant de la miroiterie Egrise Million : « Ils ajoutent luminosité et profondeur et contribuent à l’ouverture des volumes », explique l’architecte d’intérieur.

Côté déco, toujours dans l’idée de ramener un peu d’extérieur en intérieur, des banquettes vertes sont venues agrémenter le salon.

Avant. Détail de l’ancienne cuisine. La place était comptée et il n’était pas possible de manger à cinq sur ce petit îlot.

Miriam Gassmann
Après. La mission de l’architecte d’intérieur était de créer une cuisine confortable pour déjeuner à cinq au quotidien. Cette dernière a été déplacée dans l’ancienne chambre de la fille du couple qui jouxtait la pièce de vie.

Le noir a été retenu pour le mobilier car « le contraste apporte toujours de la lumière » selon l’architecte d’intérieur, tandis qu’au sol, le plancher à chevrons en chêne s’éclaircit progressivement jusqu’au blanc en un chevron de pierre. Pour renforcer la luminosité de la pièce, d’autres miroirs vieillis ont été disposés en fond de scène.

Sol : Chevron pierre Bianco
Ducale chez Artesia ; Cuisine : AC design : Cuve sous plan Inox : Bradano Lavagna ; Mitigeur : Avisio Black, Bradano

Miriam Gassmann

Avec ses formes régulières la cuisine est plus agréable que la précédente et dispose d’une place beaucoup plus centrale, face à l’escalier qui dessert tous les étages du logement. Seul inconvénient, le plafond à 240 cm en raison du toit terrasse qui avait été créé au dessus, compensé par un éclairage par spots encastrés.

Miriam Gassmann
Les colonnes en Fenix noir, comprenant des fours et un frigo américain communiquant, ont été installées par le cuisiniste AC Design à Boulogne. Le plan de travail de l’îlot en chêne massif sur lequel a été installée la plaque de cuisson avec hotte escamotable a été quant à lui façonné sur mesure par le menuisier de l’entreprise Fix’Up. « Un beau morceau sur son piétement en chêne teinté noir. On l’a fait passer par la fenêtre à l’aide d’un monte-charge », se remémore Miriam Gassmann.

Fours : V-Zug ; Réfrigérateur : Samsung

Avant. En empruntant le couloir du sixième étage, nous parvenons aux chambres. L’ancienne suite parentale est devenue la suite de la jeune fille de la famille.

Miriam Gassmann

Après. Seules deux chambres ont été conservées au sixième étage, la suite de la benjamine (ex-chambre parentale) et la chambre du cadet qui n’a pas été photographiée. Ce dernier a hérité d’une salle de bains existante, divisée afin de recréer la buanderie.

Miriam Gassmann
La jeune fille, 11 ans, dispose aujourd’hui d’une grande suite avec lit, bureau secrétaire et salle de bains privative. Le lit simple qui se perd un peu dans tant de place ne tardera pas à être remplacé par un modèle double. Le fond de la chambre est égayé par un papier peint à l’ambiance végétale et une tête de lit verte en MDF à peindre.

Papier peint panoramique : Palm Shadow, Au Fil des Couleurs

Miriam Gassmann

Avant. Voici l’ancienne salle de bains de la suite parentale.

Miriam Gassmann
Après. La salle de bains attenante de la jeune fille est un vrai « plaisir », en rose poudré et noir, dans un style lingerie.

Tabouret : Zig Zag, Pols Potten ; Meuble vasque : Tikamoon
Miriam Gassmann

« Le mur du fond a été réalisé à la chaux tandis que le plan de toilette est une récupération du plan de cuisine en granit redécoupé », précise Miriam.

Miriam Gassmann
Moment très attendu de notre visite, nous revenons sur nos pas au niveau de la verrière du salon blanc qui cache l’accès vers la suite parentale. La descente se fait en pleine nature sur un sol en chêne clair et des murs parés d’un panoramique végétal luxuriant.

Papier peint panoramique : Les Sources de l’Orénoque, Ananbo

Miriam Gassmann

Voici le plan de la nouvelle suite parentale en 3D concocté par Miriam Gassmann.

Avant. On se souvient que la famille vient d’acquérir 32 m² supplémentaires qui ont servi de point de départ à ces gros travaux. Le studio est au cinquième étage et il n’est pas possible de le rattacher directement au logement car il se trouve derrière la cage d’escalier de l’immeuble, de l’autre côté de l’appartement…

Miriam Gassmann
Après. Transformation radicale pour cette petite surface muée en une très confortable chambre à l’ambiance zen, recouverte de moquette épaisse douillette. En face du lit, un téléviseur a été encastré dans le mur.

Tête de lit et mur escalier : placage chêne clair à vernir Dito ; dressing : Marotte Bareline 21 et prise de main en chêne clair toute hauteur ; Moquette : Saint Maclou collection Charme

Miriam Gassmann

Au-dessus de la menuiserie en chêne, conçue sur mesure pour former une tête de lit, le mur est égayé par des décorations solaires. Une applique ronde et un juju hat en plumes.

Miriam Gassmann
Sur la gauche du lit, un dressing a été équipé de portes en placage texturé de chez Marotte et de poignées en chêne avec prises de main toute hauteur. Le sur-mesure permet ici d’apporter de l’originalité tout en discrétion avec des portes qui ont été striées d’une découpe en biais. Elles reprennent d’ailleurs le dessin des miroirs oxydés du sixième étage, eux-mêmes ornés de ces mêmes découpes graphiques.

« Aujourd’hui j’ambitionne de développer ces contributions où je ramène de l’artisanat et de l’art », affirme Miriam Gassmann.

Miriam Gassmann
À côté de l’adorable petit coin coiffeuse, la porte sous tenture (sans cadre) mène au dressing.

Coiffeuse : La Redoute ; applique murale : Oyster, Forestier

Avant. Le fond du studio a été aménagé en salle de bains.

Miriam Gassmann
La porte de la salle de bains se situe à droite de la coiffeuse.

Lavabo sur mesure en
Corian et m
itigeur lavabo x2 : Rovira link laiton noir

Miriam Gassmann
L’ambiance reste végétale avec ce coin toilette vert pâle, paré de mosaïque « Bonbon » et de béton ciré. La douche à fleur de sol et la baignoire ont été juxtaposés derrière la paroi isolant les deux sanitaires.

Carrelage : mosaïque Bonbon de Paola Navone, Surface ; Béton ciré Atelier Mercadier coloris Sheffield ; Ensemble douche et bain : Rovira Link laiton noir ; Baignoire acier émaillé : Kaldewei ovale classique centro duo 170 x 70, remplissage par le trop-plein Cristina Ondyna

Miriam Gassmann

Avant. Afin de poursuivre la visite du cinquième étage, nous devons remonter au sixième et redescendre soit par l’ascenseur, soit par l’escalier principal. À l’origine, au moment de l’achat, le cinquième disposait d’une grande entrée et de deux chambres avec salle de bains.

Miriam Gassmann

Après. L’une des chambres est devenue bureau, l’autre est restée celle du fils aîné. Derrière la cage d’escalier se profile désormais la suite parentale que l’on atteint donc uniquement via le sixième étage.

Avant. Au moment de l’achat, cinquième et sixième étaient déjà réunis. Les anciens propriétaires avaient annexé l’escalier de l’immeuble. Ce bel escalier est donc originaire de la construction 1900.

Miriam Gassmann

Après. Pour le mettre en valeur, Miriam Gassmann a fait poncer les marches et, comme elle l’affectionne, lui a apporté du contraste avec des contremarches et une rampe noires. Le muret en bas de l’escalier a été revu avec davantage d’esthétisme en blanc souligné de noir. La porte d’entrée a été repeinte en blanc pour éclairer la zone.

Avant. En 2008, les portes des chambres avaient été dissimulées au moyen de portes sous tenture habillées de placage noyer.

Miriam Gassmann
Après. Considérant que le bois avait légèrement viré à l’orange avec le temps, les propriétaires avaient envie de plus de clarté. Trois panneaux texturés, bordés d’un liseré noir réinventent cette entrée tout en lumière.

Placage chêne Oberflex, collection contraste et matière

Miriam Gassmann

Le panneau de droite conduit à la chambre du fils aîné.

Miriam Gassmann

Le papier peint végétal, prolongeant le fil rouge déco nature, fait le lien avec les autres pièces.

Miriam Gassmann

Dans la salle de bains du cinquième, dédiée au fils aîné, un carreau dans les tons de vert-gris égaie le fond de douche.

Avant. La seconde pièce de cet étage est un bureau. Le voici en 2008 après les travaux.

Miriam Gassmann
Après. Le bureau a été revu dans un style moins lounge, pour travailler à la maison. Conçu avec un plateau de Fenix et des pieds Tiptoe, il repose sur une bibliothèque pleine largeur. Elle a été réalisée par le menuisier avec une partie basse fermée et des étagères hautes tout en légèreté, arrimées à des tiges filetées métalliques peintes en noir.

Après huit mois passés dans un appartement de location non loin de là, la famille a réintégré son duplex magnifié avec une joie non feinte. « Les 32 mètres carrés supplémentaires ont vraiment changé la donne et permis de ventiler l’espace différemment en faisant respirer la pièce de vie. Quant au fil conducteur “nature”, il coulait de source pour ajouter du lien avec la terrasse », conclut l’architecte Miriam Gassmann.

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