De la créativité à revendre sous les toits de Paris

De la créativité à revendre sous les toits de Paris

De la créativité à revendre sous les toits de Paris 1

Louis, gérant d’une société de rénovation (Costaud Rénovation), a tout appris sur le tas. Sa compagne Capucine, après des études de stylisme et des débuts dans la pub et le merchandising, est devenue décoratrice et experte en fleurs séchées (Mandarine & Capucine). En dépit d’une vie de famille bien remplie par leurs deux fils, ces trentenaires en sont à leur huitième rénovation d’appartement. « Nous avons commencé dans 31 m² puis nous sommes agrandis au fil du temps », affirme en effet Louis qui a rénové seul les quatre premiers avant de créer sa société de rénovation. « Nous avons attrapé le virus. Ces surfaces à rénover sont pour nous autant d’espaces à créer, propices à mêler nos deux univers professionnels. La rénovation, c’est devenu un jeu ou chacun d’entre nous se répond », poursuit-il. Aujourd’hui, Capucine et Louis nous ouvrent les portes de leur 74 m² sous les toits de Paris, un univers simple et design, naturel et chaleureux, à leur image.

COSTAUD RÉNOVATION
Coup d’œil
Qui vit ici : c’est l’appartement de Louis Anglès d’Auriac, Capucine Geay, et leurs deux garçons (4 ans et 1 an)
Emplacement : Paris 10e
Superficie : 74 m² (63 m² Carrez)
Date et durée des travaux : emménagement en novembre 2019 après 3 mois de travaux
Décoratrice d’intérieur : Capucine Geay
Société tout corps d’état : Costaud Rénovation (Paris 75010)
Budget : 50 000 euros de travaux + 30 000 euros pour les verrières

Photos : Lucile Pillet

Avant. Entre boulevard Magenta et rue du Faubourg Poissonnière, le paradis de Capucine et Louis se mérite au 6e et dernier étage d’un bel immeuble parisien en pierres de tailles. Avant travaux, la surface était restée dans son jus depuis une trentaine d’années. « Les anciens propriétaires avaient racheté des chambres de service au fil du temps. Rattachées peu à peu, elles formaient un patchwork de pièces sans réelle cohérence », partage Louis, plan d’origine à l’appui.

La distribution était en effet très atypique – un coude à l’entrée suivi d’un long boyau strié par un énorme porteur aux deux tiers – ce qui expliquait que le bien soit resté longtemps à la vente, sans trouver preneur. Sans compter l’état de vétusté et la présence d’un autre élément peu classique : « Le porteur correspond à un mur entre deux immeubles. Une partie de l’appartement est au numéro 11, l’autre court sur le numéro 13 », poursuit Louis.

Habitués à saisir le potentiel des lieux qu’ils rénovent, Capucine et Louis sont pour leur part attirés par les volumes et la belle charpente traditionnelle, visible sur une partie de l’appartement. Malgré le prix de départ hors budget, ils osent une proposition en dessous du marché et ainsi commence l’aventure.

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Après. Après l’obtention des clefs, la société de Louis entre en jeu pour se livrer à trois mois de travaux… très costauds, émaillés toutefois de trois bonnes surprises. La hauteur sous rampants peut être entièrement récupérée et ils obtiennent même le droit de poser deux grandes verrières dans ce secteur protégé. La chaudière gaz et son circuit de chauffage en fonte sont opérationnels. Et en créant une tranchée au sol pour refaire le réseau électrique, ils découvrent sous la moquette agrafée à un vieux plancher en panneaux, le parquet d’origine en pin massif.

Une fois la surface curée, « le plan s’est fait de lui-même », si l’on en croit les propriétaires qui, après huit appartements rénovés, plus ceux de leurs clients, planifient comme ils respirent. « Nous aimons en général séparer partie jour et partie nuit. Le porteur nous a donc inspirés pour scinder en deux la surface et rassembler les chambres tout au fond de l’appartement », précisent-ils. Dans la première partie, formant comme un grand L, restait à caser cuisine, salle de bains et séjour. Un vrai casse-tête dans ce plan en enfilade…

Avant. Voici l’entrée de l’appartement une fois la surface curée et la pleine hauteur sous plafond récupérée.

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Après. C’est Capucine qui a trouvé la solution pour valoriser les pièces d’eau à l’entrée, en les rassemblant dans une boîte. « Nous avons créé une ossature en rail et plaques de plâtre que nous avons habillée, côté cuisine, avec des caissons Ikea, et des portes sur mesure en medium. Sur l’autre côté de la boîte, la porte donne accès au coin buanderie, aux toilettes et à la salle de bains », détaille Louis.

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Au fond de cette structure peinte en FOR10 de chez Ressource, apparaît cette salle de bain lumineuse. À cet endroit de l’appartement, avant le tournant, la pièce disposait déjà d’une fenêtre plein est, pratique pour éclairer la salle de bains. « Nous avons recouvert les murs de carrelage “Penny”, des carreaux de céramiques de la taille d’un penny anglais sur plaque de 30 x 40 cm, que l’on peut retrouver dans certaines stations de métro », explique le pro.

Le plan vasque a été fabriqué à partir d’un bureau des années 60 et Capucine, a bien entendu saupoudré le tout de plantes et de fleurs séchées, sa passion !

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Dans la rénovation de cet appartement, ce qui a le plus taraudé les jeunes propriétaires, c’est l’orientation de leur cuisine. Ils avaient pensé un temps la tourner du côté de la salle à manger avant de se décider de la placer dans le couloir d’entrée.

« C’est un super choix que nous ne regrettons pas. Cette circulation de 80 cm de large était nécessaire. Si nous ne lui avions pas donné une fonction supplémentaire, nous aurions perdu 4 m². En prime, lorsque nous sommes côté salon, nous ne voyons pas la cuisine, ce qui est parfait pour recevoir », explique Louis.

Contrepartie, il a fallu se contenter d’un linéaire de cuisine de 240 cm de long, ce qui n’est pas très grand pour une famille. Heureusement, ces bons cuisiniers sont très organisés et peuvent compter sur l’aide efficace de leurs robots.

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Pour renforcer la luminosité au niveau du tournant, les propriétaires ont imaginé l’ajout de deux grandes verrières de toit, l’une côté entrée et l’autre côté salle à manger. La concrétisation de ce projet a toutefois représenté un travail de longue haleine et un budget verrière de 30 000 euros.

« Comme le secteur est ABF (secteur de Paris architecturalement protégé), il a fallu monter un dossier pour la mairie et l’architecte des bâtiments de France puis passer en AG de copropriété extraordinaire. Puis nous avons attendu un an pour obtenir l’aval, si bien que nous avons posé les verrières il y a seulement deux mois… », raconte Louis.

Après coup, les propriétaires approuvent sans conteste l’opération et affirment même qu’elle a tout changé, véhiculant un surcroît de luminosité très net.

Avant. Derrière le tournant, s’ouvre la partie de l’appartement qui était à l’origine la plus large et la plus lumineuse, éclairée par trois fenêtres en enfilade.

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Après. C’est naturellement qu’y ont été logés la salle à manger et le salon, l’un à la suite de l’autre.

Le coin salle à manger est emblématique du style du jeune couple : un mobilier fonctionnel et un design aux lignes simples à l’épreuve du temps. Pour peupler leur univers, Louis et Capucine récupèrent et chinent à l’envi. Afin de limiter leur budget, mais également dans un respect des ressources de notre planète. La table Tolix émane ainsi des puces de Saint-Ouen, tandis que derrière elle, un ancien coffre-fort Bauche de 140 kg, chiné sur Selency, sert d’armoire de rangement.

Au sol, le parquet en pin porte les stigmates des années et les poses dans différents sens attestent de la disposition des chambres de bonnes : « Nous avons adoré pouvoir le récupérer car c’est un témoin majeur de l’histoire du bâtiment. Nous aimions son rendu brut, authentique. Par contre, il a fallu ôter les clous et agrafes tous les 5 cm, poncer les coups et taches et le rapiécer de partout », raconte Louis.

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Sur l’enfilade en teck, héritée de ses grands-parents droguistes, Capucine a composé de délicats bouquets dans des carafes vintage en verre pressé. Capucine et son frère Lysian, graphiste, vendent en ligne leurs fleurs à la tige ainsi que des créations de fleurs séchées sauvages, la plupart en provenance de cueillettes en Vendée, la région d’où ils sont originaires.

Collection de fleurs sauvages naturelles chez Mandarine & Capucine : hortensia, grand ammi, panicaut plane, cabaret des oiseaux, bruyère, achillée millefeuille…

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Sous la magnifique charpente ancienne des combles récupérés et isolés de 20 cm de laine de verre, s’épanouit le salon dans des teintes claires. C’est ici que la famille passe la majeure partie de son temps, bien entourée par les copains, lorsqu’il n’est pas question de confinement.

Le canapé Kivik d’Ikea ne leur plaît plus. Ils souhaiteraient investir dans une pièce design, emblématique des années 50 ou 60. « Un Togo, ou un modèle de Pierre Paulin pour s’assortir au fauteuil rose pâle que j’ai offert à Louis pour son anniversaire », nous glisse la jeune femme.

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Dans ce salon, leurs fils ont leur mobilier dédié et initient déjà leur goût à des pièces qui ont marqué l’histoire du design, à l’instar de la table Tulip de Saarinen au plateau de marbre ou du fauteuil Scoubidou.

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Au fond du salon, sur le porteur, se sont appuyés quelques caissons de rangement et une bibliothèque. Les fleurs et plantes, omniprésentes, égaient l’espace de leurs couleurs.

Pour ranger leurs affaires, les propriétaires ont investi dans des armoires singulières. Nous avons évoqué l’ancien coffre-fort que nous distinguons en fond de pièce. Pour stocker les plantes et le matériel de travail de Capucine, une armoire métallique verte, entièrement ajourée, a été chinée : « C’est un ancien vestiaire de piscine ! Nous souhaitions du métal par cohérence avec notre table de salle manger et ne pas faire redondance avec le bois du plancher », affirme la jeune femme.

Avant. Nouveau point de vue de la partie salon. La photo est prise depuis le mur porteur au centre de l’appartement et regarde vers l’entrée.

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Après. Au centre de la pièce on distingue la suspension en herbes de la pampa réalisée par Capucine, jamais à cours d’idées pour donner du prestige aux fleurs des champs.

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Derrière l’assise ronde en plastique de chez Habitat, le fauteuil suspendu de chez Madam Stoltz est un autre des meubles dédiés aux enfants : « Les enfants savent y grimper tout seuls. Ils adorent aller s’y détendre et se reposer en se balançant », affirme Louis.

Côté fenêtres, les radiateurs en fonte d’origine ont été repeints en gris anthracite et couverts de tablettes de contreplaqué. Elles servent à exposer des plantes et des objets déco à l’instar de ce vase cactus de chez Serax. Bien que sous les toits, l’appartement est très bien chauffé et isolé. « Nous sommes passés de l’indice thermique E à B ! », partage Louis.

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Dans cette surface en enfilade, il n’y avait d’autre choix que de créer une circulation pour pouvoir cloisonner les deux chambres d’enfant et atteindre la chambre parentale tout au bout de l’appartement. Mais quitte à créer un long couloir, autant que celui-ci ait du panache ! Il a été tapissé d’un des papiers (Barbaréa) de chez Mandarine & Capucine. « Nous faisons fabriquer ces papiers peints intissés dans une usine dans le Maine-et-Loire. Nous privilégions toujours des circuits locaux et des produits de qualité », affirme la jeune femme.

Avant. Vue depuis le fond de l’appartement sur le porteur qui créer une séparation aux deux tiers de la surface. À l’origine, il y avait deux pièces sur la droite, une salle de bains et une cuisine.

Impossible de se débarrasser de ce porteur qui dissimule des conduits de cheminée…

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Après. Les anciennes cuisine et salle de bains ont été recloisonnées et sont devenues les chambres d’enfant. La chambre parentale est venue occuper la pièce tout au fond de l’appartement.

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Les chambres d’enfants étaient petites, aussi a-t-il fallu compenser leur étroitesse par de bonnes idées. Une mission toute trouvée pour Capucine, passionnée de décoration et d’aménagement lorsqu’elle n’est pas fleuriste, et qui voue une passion toute particulière aux chambres d’enfants.

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Dans la chambre de leur fils aîné, elle a imaginé une structure ludique, façon cabane pour y percher le lit. La partie basse, aménagée en bibliothèque, présente les livres de face comme dans les bibliothèques de petite section pour permettre à l’enfant de voir les livres et les choisir seul. Cette mezzanine se prolonge en bureau.

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La chambre contiguë de leur dernier, récupère sous forme de niche la partie sous la mezzanine de son frère. Elle a été mise en valeur par le papier peint « Mousserons », une autre des créations signée Mandarine & Capucine. Les sols des chambres ont été peints. « L’ambiance vieux bois ne convenait pas ici, nous avions envie de quelque chose de plus uni », justifie la jeune femme.

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Tout au fond de l’appartement, les parents sont bien au calme dans leur chambre très lumineuse avec ses deux fenêtres de toit existantes.

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La tête de lit, formée par un rideau noir, cache un espace de rangement.

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Prochaine étape pour Louis et Capucine ? « Sur le plan professionnel, Costaud rénovation a grossi. Nous avons recruté et Capucine a rejoint la société. À chaque projet, on grandit ! », conclut Louis.

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