Une maison des années 50 gagne un toit cathédrale

Une maison des années 50 gagne un toit cathédrale

Une maison des années 50 gagne un toit cathédrale 1

Plus que jamais cette histoire témoigne du fait qu’un spécialiste de l’architecture d’intérieur est nécessaire pour tirer la quintessence d’un lieu de vie. Ces lyonnais de 35 ans, banquiers de profession, souhaitent s’agrandir à l’arrivée d’un second enfant. Comme beaucoup, ils recherchent un cadre de vie agréable et la bonne affaire pour faire prospérer leur patrimoine. C’est à Oullins, commune proche de Lyon, qu’ils se mettent à prospecter, une localité très en vue depuis que le métro la dessert. Ayant pressenti une maison de 120 m² idéalement située, ils veulent être sûrs de faire le bon choix car, pour l’heure, l’aménagement ne leur plaît pas du tout. S’étant rapprochés d’une société de travaux, ils sont renvoyés vers un architecte d’intérieur pour imaginer un plan avant de livrer un quelconque chiffrage. Régis Lannoy va non seulement les rassurer, mais leur promettre une « transformation géniale ». Le résultat en images.

Régis LANNOY
Coup d’œil
Qui habite ici : Une famille avec deux jeunes enfants
Emplacement : Oullins, une localité de l’agglomération lyonnaise
Superficie : 120 m²
Date et durée des travaux : janvier à juillet 2019
Architecte d’intérieur : Régis Lannoy
Budget :
120 000 euros tout compris

Photos après : Florian Péallat

Important : La différence de qualité entre les photos avant et après s’explique par le fait que les photos avant sont des photos amateurs, souvent prises par le propriétaire ou le professionnel lui-même, et les photos après sont issues de shootings réalisés par des photographes professionnels.

Avant. Le marché est tendu dans le secteur d’Oullins et quand ces primo-accédants découvrent cette maison 1950 de plain pied, dans leur budget, ils savent qu’il ne faut pas traîner. Mais les doutes les assaillent… Il s’agit de la maison « dans son jus » d’une dame de 90 ans, fruit de la réunion de deux habitations contiguës dans les années 80. Ni le plan, ni la déco ne leur conviennent et ils ne parviennent absolument pas à se projeter.

Régis LANNOY
Après. Ayant fait le tour du propriétaire avant la signature, l’architecte d’intérieur Régis Lannoy les rassure d’emblée. « J’ai vu une trappe vers un grenier lors de la visite de la maison et bien sûr, comme je suis très curieux, je suis monté. J’ai découvert des combles perdus recouverts d’une couche de laine de roche et, au-dessus, une magnifique charpente traditionnelle. J’ai alors confirmé à mes clients qu’il serait possible de faire une transformation géniale ! », se remémore-t-il tandis que nous entrons dans la maison par son centre et nous nous dirigeons vers le nouveau salon en passant devant un petit pan de mur bleu paon.

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Plans de la maison Avant/Après

Le plan d’origine (en haut) se présentait comme une succession de petites pièces, lesquelles paraissaient encore plus confinées en raison de finitions très sombres et datées. « Une pièce de vie en enfilade, deux chambres uniquement, beaucoup d’espace perdu entre une salle de jeu, une buanderie et un atelier : le plan initial, c’était n’importe quoi ! », résume Régis Lannoy.

La famille de son côté avait un cahier des charges précis : une grande pièce de vie, trois chambres, deux salles de bains, une bibliothèque et une buanderie. « Nous n’avons pas eu de mal à caser tout cela dans 120 m² d’autant que le volume pouvait être entièrement décloisonné ! », explique le professionnel plan à l’appui (en bas).

Avant. Sans le regard expérimenté de l’architecte d’intérieur, jamais les propriétaires n’auraient pu imaginer ce à quoi la maison ressemblerait après avoir fait tomber les cloisons. Mais Régis Lannoy désirait aller encore plus loin et les accompagner au delà du décloisonnement intégral : il comptait transformer radicalement les volumes avec un toit cathédrale !

« Ils étaient vraiment circonspects quand je leur ai dit qu’on allait tout casser. Mais grâce à la 3D, nous avons des outils pour rassurer les clients. Les modélisations leur ont tout de suite permis de se projeter et, une fois qu’ils ont eu confiance dans le résultat final, ils étaient très impatients », relate le pro.

Régis LANNOY

Après. Lors de l’opération initiale de curage, il a fallu ajouter un poteau porteur au niveau d’une poutre qui présentait des faiblesses, ce qui fut la seule mauvaise surprise du chantier. Il figure aujourd’hui en bonne place dans le salon et est même devenu un sujet de blague entre les propriétaires et l’architecte d’intérieur. « Nous plaisantons aujourd’hui en disant qu’il a apporté encore plus de cachet », s’amuse le pro.

Avant. Quand régis Lannoy a annoncé l’ampleur des travaux et sa volonté de faire tomber le plafond jusqu’à retrouver les poutres porteuses, les jeunes propriétaires ont eu une autre réticence : celle de dépasser leur budget de 120 000 euros. « Nous n’avons fait aucun dépassement de budget. En revanche, j’ai prévenu mes clients qu’ils allaient devoir mettre la main à la pâte », explique le pro.

Régis LANNOY
Après. L’architecte d’intérieur les a en effet incités à se charger de postes coûteux en main-d’œuvre mais accessible pour des novices motivés. « Ils ont pris part à la démolition, ont fait toutes les peintures et ont même posé ce panoramique dans la salle à manger. Ils ont finalement pris beaucoup de plaisir à s’investir alors qu’ils n’étaient pas du tout bricoleurs et en sont fiers aujourd’hui », raconte le pro qui voit toujours d’un bon œil l’investissement des clients dans leur propre projet.

Avant. Une fois instruite la demande préalable de travaux adressée à la mairie par l’architecte d’intérieur (comptez un mois), il a été possible de faire les modifications en façade. « Nous avons fait poser une baie vitrée de 4 m de long dans la pièce de vie, à cet endroit orienté sud », explique-t-il.

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Après. La baie sur mesure a été réalisée par un artisan en double vitrage et montants alu à rupture de ponts thermiques.

Pour le reste des choix en matière de confort thermique, les propriétaires ont opté pour une isolation des murs. « Nous avons procédé par l’extérieur avec du polystyrène car les murs d’origine en panneau sandwich ne faisaient que 17 cm d’épaisseur. Cela nous a permis d’effacer des modénatures démodées et de retrouver un cachet contemporain en façade », détaille le pro. Les rampants ont pour leur part été doublés par l’intérieur avec 30 cm de laine de roche.

En ce qui concerne le chauffage, un système réversible avec des splits en hauteur a été retenu. « Pas de chauffage au sol car nous aurions eu des problèmes au niveau des passages de portes », note le pro. Il a néanmoins fallu ragréer le sol et doubler les murs intérieurs en raison de différences de niveaux une fois toute la surface curée.

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Avant. Du plan d’origine, l’architecte d’intérieur n’a quasiment rien gardé, et surtout pas l’ancienne cuisine nichée dans un coin noir au fond de la maison. « Outre le garage, seule une salle de bains a gardé sa place et nous avons transformé la buanderie en cuisine, pour profiter des évacuations. Globalement j’aime repartir d’une page blanche pour bénéficier d’un résultat proche d’une construction neuve, avec le confort en résultant », explique-t-il.

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Après. Aujourd’hui l’entrée conduit directement dans une grande pièce de vie en L, surplombée par le toit cathédrale qui s’élève à 5,5 m de haut au faîte. L’avant/après est bluffant. On ne se croirait pas du tout dans la même maison, tant l’impression d’espace et de volume est radicalement différente.

Comment tirer profit d’un plafond cathédrale ?

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La cuisine a été imaginée côté nord, tandis que le salon et la salle à manger s’épanouissent au sud, côté jardin.

Avant. Carrelages 10 x 10 verdâtres flammés, plan bar et meubles marron : telle se présentait la cuisine d’origine. « Même pour les années 80, époque où elle a été rénovée une première fois, je doute que cette cuisine n’ait été un jour moderne », plaisante le pro à la vue des anciennes photos.

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Après. Dans sa livrée noire et bois, la cuisine retenue par les propriétaires est vaste et chaleureuse. Elle s’articule autour de meubles bas en L équipés de tiroirs tandis qu’au centre, un ilot généreux se prolonge par un espace repas pour quatre personnes. Un modèle d’ergonomie et d’accessibilité !

« J’ai prévu l’espace disponible et ai envoyé mes clients vers un cuisiniste. Dessiner une cuisine est un travail de spécialiste mais je valide toujours soigneusement le rendu en termes d’aspect », affirme Régis Lannoy.

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Avant. Prisonnier de son arche, le coin salon paraissait étriqué et follement rétro.

Régis LANNOY
Après. À l’emplacement de l’ancien salon, trône désormais la bibliothèque familiale, séparée de la pièce de vie par une grande verrière toute hauteur.

« Les propriétaires avaient peu de directives déco mais tenaient à une verrière. On en a beaucoup vu et, personnellement, j’aime quand la fonction crée la forme plutôt que de pratiquer la déco pour la déco. Comme ils avaient des enfants en bas âge, on a imaginé une bibliothèque/salle de jeu, dans laquelle les parents peuvent les regarder jouer tout en restant dans la pièce de vie », explique Régis Lannoy.

Régis LANNOY

Pour diviser par deux le budget d’une verrière — onéreuse quand réalisée par un ferronnier — l’architecte d’intérieur a trouvé une bonne solution : « Elle est bien sur mesure mais nous nous la somme procurée dans la grande distribution. C’est le modèle Orangerie de Leroy Merlin », dévoile-t-il.

Régis LANNOY
Pour ce qui concerne le reste des choix déco, le pro adepte de sobriété et d’une esthétique durable, a orienté ses clients vers de beaux matériaux : du parquet chêne contrecollé, un grès cérame hexagonal pour l’entrée et de la moquette en laine pour la chambre parentale.

En ce qui concerne l’usage des couleurs, il a misé sur du blanc (« cassé pour ne pas faire hôpital ») et des touches de couleur limitées à de petites zones. « Quand une couleur ne plaît plus, on la change ainsi facilement et sans se ruiner », nous glisse-t-il.

Régis LANNOY
Régis Lannoy est également adepte de touches d’humour discrètes, qualité partagée avec ses clients : « Ils ont adoré l’idée de faire s’échapper l’un des carreaux hexagonaux vers la verrière », nous raconte-t-il.

Carrelage : As de Carreaux

Avant. En prenant le couloir de l’autre côté de l’entrée, nous entrons dans la partie plus intime de la maison, réservée aux chambres et salles de bains.
Juste à gauche de l’entrée, l’ancienne pièce d’eau a complètement changé de déco mais pas d’emplacement.

Régis LANNOY

Après. Dans une pièce plutôt chère à aménager, Régis Lannoy a arbitré pour créer un effet waouh sans exploser le budget. « Nous avons mis le prix sur la baignoire îlot et compensé avec du vinyle au sol et du carrelage mural à 5 euros du mètre carré. La pose avec joints noirs décalés a suffi à donner une autre dimension au basique carreau 10 x 10 », explique-il.

Régis LANNOY

Les propriétaires ont également mis la main à la pâte dans cette pièce. Outre les peintures, ils ont réalisé leur meuble vasque à partir des dessins de l’architecte d’intérieur. « Ils ont été se faire découper des planches dans la grande distribution. Il y en a eu pour 80 euros et il est tout à fait fonctionnel », confirme le pro.

Comme l’ensemble des pièces de la maison, la chambre parentale a été refaite de A à Z mais aucune photo du résultat n’a pu être prise. Elle a même gagné une salle d’eau. « C’est devenu la salle de bains de Fred le propriétaire. Lui qui freinait sur la déco en commençant le chantier m’a même laissé mettre du rose dans sa douche. Il avait vraiment confiance », plaisante encore Régis Lannoy.

Régis LANNOY
Peinte dans un gris vert très doux, voici pour terminer, la chambre du fils aîné, avec son lit en bois clair paré d’une jolie tête de lit cabane. Régis préfère faire des économies sur les matériaux afin de laisser aux propriétaires davantage de budget pour l’achat du mobilier. Le professionnel travaille par préconisations sur la base de planches tendances. S’il laisse libres ses clients de choisir les produits qu’ils préfèrent à partir de ses études, il se réserve toujours l’approbation finale.

Régis Lannoy se souviendra longtemps de ce chantier où il est parvenu à donner confiance à ces jeunes primo accédants sur une transformation majeure. Ces derniers n’ont bien entendu pas regretté d’avoir suivi ses conseils avisés. Ils l’ont même rappelé récemment pour se charger du réaménagement des 400 m² de jardin avec l’implantation d’une piscine à la clef. Affaire à suivre !

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