La France teste les « ponts connectés » pour éviter les catastrophes 1

La France teste les « ponts connectés » pour éviter les catastrophes


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Publié le 24 avr. 2021 à 11:08

C’est un hasard du calendrier mais l’annonce tombe à point nommé. Au lendemain des conclusions accablantes rendues par le parquet italien sur l’absence d’entretien ayant causé l’effondrement le 14 août 2018 à Gênes du pont Morandi , avec 43 morts à la clé, le ministre français des transports Jean-Baptiste Djebbari a annoncé vendredi lors d’un déplacement au Viaduc de Millau les lauréats de l’appel à projets « ponts connectés » lancé pour tester une surveillance numérique des ponts français.

Le problème des ponts vieillissants ou fragilisés par le manque d’entretien n’est pas limité à l’Italie, comme l’avait rappelé en novembre 2019 l’effondrement du pont de Mirepoix-sur-Tarn . Dans le cadre du plan France Relance, l’Etat avait lancé un appel à projets destiné à faire émerger ces nouvelles surveillances high tech. Jean-Baptiste Djebbari a dévoilé les 17 lauréats , sur 39 candidatures reçues.

Capteurs innovants et intelligence artificielle

Pour mieux détecter les premiers signaux d’alerte sans attendre qu’un pont s’effondre , l’Etat mise sur la surveillance numérique, d’où l’expression de « ponts connectés ». « L’innovation doit permettre de développer de nouveaux outils afin de renforcer la surveillance et la maintenance des ponts. Les derniers développements en matière d’instrumentation, télécommunication, traitement de données et intelligence artificielle offrent un potentiel important en complément des méthodes classiques d’inspections visuelles », explique le ministère des transports.

Les projets lauréats couvrent une grande variété d’innovations. Parmi eux, Freyssinet (groupe Vinci) veut détecter le dépassement par les poids lourds de la charge maximale autorisée à circuler sur un pont via des sondes insérées dans la chaussée pour un pesage en temps réel, la société d’ingénierie Sites va employer l’imagerie satellitaire pour la surveillance d’ouvrages et l’aide au diagnostic et Bouygues va se lancer dans l’auscultation des ouvrages par propagation d’ondes pour déceler les pathologies du béton, en utilisant les techniques du radar (les ondes électromagnétiques) et de la sismique (les ondes mécaniques).

Le nombre de ponts est un trou noir

Beaucoup de capteurs innovants placés à divers endroits des ponts seront testés, par exemple par les sociétés d’ingénierie Egis ou encore Artelia. Cette dernière les emploiera pour détecter la corrosion des haubans et des câbles par capteurs autonomes. Un autre axe des projets est la création de nouveaux outils pour l’inspecteur devant évaluer un pont, pour une visite immersive (Sixence Engineering) ou s’appuyant sur la réalité augmentée et l’intelligence artificielle (Setec).

Le numérique peut venir à la rescousse dans le futur pour sécuriser les ouvrages, mais il reste un problème de fond : il n’existe toujours aucun recensement des ponts en France. Pourtant, ce trou noir avait été dénoncé au lendemain du drame italien.

On estime que la France aurait entre 200.000 et 250.000 ponts, dont 24.000 appartiennent à l’Etat. Ce sont les seuls répertoriés et suivis. Pour le reste, 100.000 à 120.000 ponts relèvent des départements et 80.000 à 120.000 des communes. Or depuis la décentralisation, l’Etat s’est désengagé de leur maintenance et n’apporte plus d’expertise technique aux collectivités locales pour les diagnostiquer, alors que certaines collectivités locales n’ont pas les moyens de payer des audits techniques ou des réparations.

25.000 ponts en mauvais état

Ce serait pourtant nécessaire, car près d’un pont sur dix est en mauvais état structurel, avait révélé en 2019 une mission sénatoriale. Soit 25.000 ponts sur lesquels il faudrait se pencher en urgence, dont 7 % relevant de l’Etat, 9 % des départements et de 18 à 20 % des communes.

Pour dresser la cartographie des ponts et de leur état, le plan « France Relance » a alloué 40 millions à un programme de recensement et d’évaluation des ouvrages d’art communaux. Les communes éligibles volontaires ont jusqu’au 30 avril pour candidater en ligne à ce programme gratuit. Les recensements et visites sur le terrain doivent démarrer à l’automne.

Consolis projette de vendre Bonna Sabla

Consolis, un leader européen des solutions constructives en béton préfabriqué, a reçu une offre ferme de rachat pour Bonna Sabla, n° 1 français de la fabrication de produits manufacturés en béton, de la part de la société de capital-investissement EIM Capital, qui détient ​déjà plusieurs sociétés fournisseurs d’infrastructures, allant des systèmes de canalisations pour la gestion de l’eau à la gestion de l’hygiène urbaine. ​Bonna Sabla est spécialisé dans les travaux publics (réseaux secs et hydraulique, infrastructures de transport et de télécommunications…). ​La conclusion de cette transaction est attendue au cours des six prochains mois », précise Consolis. Eric Lobbé, actuellement à la tête de Consolis Bonna Sabla, sera le PDG de Bonna Sabla une fois opéré le changement d’actionnaire.


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