Vue sur la face sud de la maison. Les prochaines étapes de construction sont le bardage et le crépi. Lagnieu, (01)

Ils construisent leur maison tout seuls

Vue sur la face sud de la maison. Les prochaines étapes de construction sont le bardage et le crépi. Lagnieu, (01)

HUGO RIBES POUR “LE MONDE”

Par Isabelle Rey-Lefebvre

Publié aujourd’hui à 17h30, mis à jour à 19h23

Bâtir sa maison de ses propres mains. Un rêve qui semble sorti tout droit des contes pour enfants : maison de paille, de bois ou de brique ? A une époque où l’on se replie sur le domestique, où le Covid-19 nous oblige, plus encore qu’auparavant, à investir le domicile, certains consacrent du temps et de l’énergie – en grandes quantités – à façonner leur habitat à leur image.

Cette aventure au long cours, d’au moins trois ans, qui passionne voire obsède, engloutit le temps libre, coupe parfois des amis et de la famille jusqu’à mettre le couple en péril. Malgré ces risques, ils seraient entre 8 000 et 10 000 foyers à se lancer, chaque année, dans l’autoconstruction (selon les chiffres du bureau d’études spécialisé Caron Marketing), soit de 5 % à 6 % de l’ensemble des maisons construites. Sans doute parce que « construire sa maison, c’est se construire », résume Eric Tortereau, président des Castors de la région Auvergne-Rhône-Alpes, association qui accompagne entre 500 et 600 chantiers par an dont la moitié de rénovation. Parmi ceux-ci, combien d’abandons ? « Aucun, se félicite M. Tortereau. Tout le monde peut y arriver et, si l’on sent que ça flanche, l’association vient à la rescousse. On organise un chantier participatif et, quand vous voyez une douzaine de personnes donner bénévolement un coup de main, le moral remonte. »

Eric Tortereau, co-président de l’association Les Castors Rhône-Alpes, qui aide les auto-constructeurs, à Lagnieu (Ain), le 17 novembre.

Ce qui différencie les Castors d’aujourd’hui de leurs ancêtres (le mouvement est né en 1933), c’est qu’ils n’hésitent pas à recourir à des professionnels et qu’ils ont une préoccupation écologique, créer des maisons saines, sobres en énergie, en eau, avec la volonté de redécouvrir techniques et matériaux anciens, bois, terre, chanvre, laine de bois, qui y répondent à merveille. « Il faut oublier le parpaing, qui ne sert à rien, et la laine de verre. On a beaucoup mieux », résume Eric Tortereau. « Il y a de tout dans les projets, des yourtes, des maisons semi-enterrées – earth sheltered house –, des fustes [maisons en rondins, comme en Amérique du Nord], des conteneurs transformés… », détaille Chrystèle Macron, permanente des Castors Rhône-Alpes, qui s’entretient avec tous les porteurs de projets. « Notre objectif est de mettre l’autoconstruction et l’autorénovation à la portée de tous, quel que soit le projet, explique-t-elle. Beaucoup recourent à des professionnels rémunérés, architecte, artisans, thermiciens de notre réseau, pour telle ou telle phase du chantier. »

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