Coronavirus covid-19 : Comment fonctionne un test sérologique et dans quels cas est-il préconisé ?

Dans les laboratoires d’analyses médicales de LPA en Bourgogne-Franche-Comté, les biologistes font face à une demande croissante de tests sérologiques. Entre 50 et 100 sont pratiqués chaque jour sur le site de Besançon. Pour 20 à 35 euros, les prises de sang permettent de détecter la présence d’anticorps contre le covid-19. En d’autres termes, ce test permet de savoir si l’on a été ou non en contact avec le virus.

Mathilde Boussard, biologiste du Laboratoire de Proximité Associé (LPA) de Besançon, explique que les tests sérologiques ne se font qu’en l’absence de symptômes. « Nous suivons les indications de la Haute Autorité de Santé qui pose trois critères ».

  • Premièrement, dans un but « épidémiologique », soit « une enquête dans le but d’une surveillance épidémique » – savoir combien de personnes ont pu être en contact avec le covid-19 dans la population.
  • Deuxièmement, pour le « personnel soignant et d’hébergement collectif », le dépistage se fait à titre individuel, sur prescription médicale.
  • Enfin, dans le cadre d’un diagnostic initial en cas de rattrapage, à savoir s’il n’y a pas eu de test par écouvillon dans les sept jours après l’apparition de symptômes.

Contrairement à d’autres laboratoires, le test se fait sur prescription médicale aux LPA. La biologiste insiste sur le « parcours de soin » : « C’est au médecin de décider de l’analyse ». Car le test sérologique peut être inutile en fonction de l’évolution de la maladie. Par exemple, au début de la maladie, il peut ne pas y avoir assez d’anticorps. Dans le cas de symptômes, le médecin à un test PCR, par écouvillon, c’est-à-dire par prélèvement nasal pour détecter la quantité de virus présente dans le corps. Mathilde Boussard insiste : « les tests sont réalisés en drive pour éviter que les patients susceptibles d’être porteurs du covid contaminent les autres personnes. »
 

© France 3 Franche-Comté
© France 3 Franche-Comté

 

Quelles sont les limites des tests sérologiques ?

Les tests sérologiques détectent la présence d’anticorps. Mais, les anticorps présents dans le sang peuvent être de deux types : « neutralisants » ou « non neutralisants ». Seuls les premiers permettent d’empêcher la multiplication du virus dans l’organisme. Cependant, il n’y a pas encore d’informations sur la durée de présence des anticorps dans l’organisme et sur le temps d’immunité d’un patient guéri, comme l’explique l’Académie des Sciences.

 A la différence des écouvillons donc, les tests sérologiques ne permettent pas de savoir si la personne est encore contagieuse, ou si elle est complètement immunisée contre le virus. En outre, les tests ne sont pas remboursés par la sécurité sociale, contrairement aux écouvillons, et le prix d’un test n’est pas plafonné. Il peut grimper jusqu’à 35 euros.

Une tribune a d’ailleurs été signée par 92 biologistes en Bourgogne-Franche-Comté. Mathilde Boussard comprend le propos de la tribune, mais contrairement à la « cupidité » de certains laboratoires, elle tranche :  « [Dans les laboratoires LPA ,] on insiste sur le parcours de soin, et la prescription, on n’est pas du tout sur du dépistage de masse. »
 

Quid des tests utilisés par les laboratoires ?

Pour les tests sérologiques, 200 ont reçu le label CE. Cependant, le centre national de référence n’a pas encore émis de liste officielle de tests. Beaucoup de laboratoires d’analyses médicales dont ceux de LPA n’ont pas attendu ces recommandations. « Une nécessité d’action », non sans précautions, comme l’explique Mathilde : « Les tests sont choisis en fonction des recommandations de virologues de l’AP-HP, et on a testé en interne nos différentes techniques de sérologie. »

Concernant l’efficacité des tests, la biologiste du LPA de Besançon insiste sur la fiabilité et la sensibilité des tests sérologiques utilisés en laboratoire « contrairement à ceux commandés sur internet au début de la crise sanitaire. » Cependant, aussi rassurant soient-ils, les tests ne prouvent pas l’immunité du patient, même s’il a des anticorps contre le covid-19. Mathilde Boussard le confirme : « On attend les recommandations des sociétés savantes, la demande en sérologie augmente, mais ce qui est préconisé, c’est de maintenir les gestes barrières ».
 

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Source France 3 Région

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