COVID-19 : Les loueurs de bateaux vont-ils réussir à éviter le naufrage cet été ?

Pour les professionnels du tourisme fluvial, la saison touristique débute habituellement dès le mois d’avril. Mais cette année, confinement oblige, l’activité des loueurs de bateaux et autres services destinés aux plaisanciers a été sévèrement impactée. 

Le port de Saint-Jean-de-Losne (Côte-d’Or) est le plus important port fluvial de France. Là-bas, près de 150 personnes vivent du tourisme fluvial, et beaucoup s’inquiètent pour la saison estivale. C’est le cas de l’entreprise H2O qui  propose des services de stockage et d’entretien des bateaux. Ici, les étrangers représentent 70% de la clientèle. Au vu de la situation sanitaire, difficile d’imaginer que ces clients reviendront rapidement dans les ports bourguignons. Selon Max Gérard, co-gérant d’H2O, la plupart ont d’ailleurs annulé leurs réservations pour l’été : “On a eu beaucoup d’annulations. La moitié de nos clients étrangers nous ont confirmé qu’ils ne viendraient pas pour la saison 2020.  Certains clients nous ont même demandé de mettre en vente leur bateau. Ca va être un choc cette année.” 

Les voies navigables fermées jusqu’au 29 mai

Depuis le début du confinement, les bateaux de tourisme ont interdiction de naviguer sur les canaux français. Mais les “petits gabarits à vocation touristique” devraient de nouveau pouvoir naviguer librement à partir du 29 mai. Toutefois, préviennent les Voies Navigables de France : “l’autorisation effective de la navigation touristique dépendra des décisions nationales et locales de l’État selon l’évolution de la crise sanitaire et le type de tourisme concerné”.

Cette incertitude sur la réouverture des voies navigables plonge les professionnels dans une situation inédite, avec une faible demande de location de bateaux : “Nous avons des demandes, mais beaucoup moins que d’habitude à cette période-ci.” confie un commercial de la société Les Canalous, à Digoin (Saône-et-Loire), avant de préciser :  “La plupart du temps, ce sont des gens qui posent des options car ils ne savent pas s’ils pourront se rendre à plus de 100 km de leur domicile à partir du 2 juin. Après bien sûr, nous avons aussi des clients courageux et très optimistes qui ont déjà réservé leur bateau.”

L’inquiétude pour l’avenir 

Du côté des professionnels du tourisme fluvial, personne ne veut baisser les bras. Mais la crise sanitaire a eu de lourdes conséquences sur les entreprises. La plupart des salariés présents sur les ports de Saint-Jean-de-Losne et Digoin ont été mis au chômage technique. La société “Le Boat” compte une douzaine de salariés permanents, mais depuis le confinement, seules deux personnes continuent de travailler, dont Nicole Gilles, la chef de base :  “Avec le chef d’atelier, qui effectue des rondes chaque semaine pour vérifier les bâtiments et l’approvisonnement en électricité, nous sommes les seuls à continuer de travailler. Les autres sont techniciens, donc la question du télétravail ne se pose pas chez nous.”

Les sociétés ont donc du recourir au chômage partiel. Le dispositif sera pris en charge par l’Etat jusqu’au 1er juin. Une situation qui inquiète particulièrement le gérant de la société H20, qui espère une prolongation du dispositif, alors que 80% du personnel n’a toujours pas repris le travail : “Le personnel au chômage partiel ne touche que 84% du salaire. C’est déjà très compliqué pour eux, surtout quand on a des prêts à rembourser et une famille à nourrir. Ce qui est certain, c’est que l’on ne pourra pas reprendre la totalité du personnel dès le 1er juin. Et ça nous inquiète, car si l’on arrive dans une situation où l’Etat ne peut plus payer, ça va devenir très lourd.”

Même si les difficultés sont bien réelles, certains veulent néanmoins garder espoir. Pour Nicole Gilles, les annonces du Premier Ministre sur le tourisme cet été pourraient être bénéfiques pour le secteur du tourisme fluvial : “Les français qui étaient habitués à voyager loin vont peut-être se décider à découvrir un nouveau mode de vacances. Après tout, sur un bateau, on est confiné avec des gens que l’on a choisi. Les règles de distanciation physique avec les autres sont déjà là” se plaît à imaginer la chef de base de la société Le Boat, avant de conclure : “Finalement, le bateau c’est le mode de transport idéal pour profiter de la nature en toute sécurité”.

 

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Source France 3 Région

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