Déconfinement : l’inquiétude d’étudiants orphelins de bibliothèques toujours confinées


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Bibliothèques fermées, enseignement à distance, stages repoussés, voire supprimés, perspectives d’embauches assombries, la crise du COVID touche de plein fouet les étudiants. 

Depuis la fermeture des universités et des écoles du supérieur imposée pour cause d’épidémie, les étudiants n’ont toujours pas accès aux médiathèques ou aux bibliothèques universitaires et demeurent contraints de travailler chez eux.

Ces fermetures laissent un grand vide

Oscar vient de décrocher une place en master spécialisé dans une grande école d’ingénieur parisienne. Titulaire d’un master en école de commerce, il complète sa formation par un diplôme tourné, cette fois, vers les hautes technologies.

Mais après 3 mois confiné dans son 15 m2 à Montpellier, il désespère de pouvoir réviser sereinement, à la BU (Bibliothèque Universitaire) ou dans l’une des bibliothèques de la Métropole, les matières scientifiques avec lesquelles il renouera en septembre prochain :  “C’est catastrophique, je voudrais préparer mon entrée en école d’ingénieur, travailler les maths, la physique, la chimie mais les salles de travail des bibliothèques des écoles du supérieur, des universités et même de la métropole sont fermées.”

Et de constater l’impact sur sa préparation :

Les conséquences sont désastreuses, je suis en train de décrocher, j’ai arrêté de travailler parce qu’étudier dans mon studio ce n’est vraiment pas de bonnes conditions et pas motivant du tout. Après des mois de solitude , il est temps de retrouver des conditions de travail normales.

Les bars, les restaurants, les marchés, les supermarchés même les écoles élémentaires, les collèges sont ouverts et les bibliothèques, elles, restent fermées, c’est insensé.

Comme partout en France, les médiathèques, les bibliothèques de la Métropole et celles des universités sont toujours closes. Depuis le 2 juin, il est désormais possible d’emprunter des livres préalablement réservés sur le catalogue du site internet de la Métropole ou par téléphone. Même principe du côté des universités de Montpellier mais pour nombre d’étudiants ces mesures sont insuffisantes.  

 

 

 Les bibliothèques sont des espaces motivationnels

Loana étudiante à Paul Valéry s’impatiente :

Les bibliothèques sont des espaces silencieux où travailler, où on peut aussi échanger avec d’autres étudiants, souvent on se motive à deux ou trois en se donnant rendez-vous à la BU. Depuis des mois on en est privés, en plus d’être privés de cours en présentiel. Je comprenais très bien ces fermetures au début de l’épidémie mais maintenant c’est injuste. Le système de drive, c’est sans doute déjà une avancée mais ça ne correspond pas à mes besoins. Chez mes parents, je n’arrive pas à me concentrer. On est une famille nombreuse.

 

“Le système drive devient le modèle dominant”

Décontamination des livres, surveillance des distances réglementaires entre les usagers, pour les responsables de médiathèques et bibliothèques les contraintes sont très lourdes. Ces directives sanitaires les ont conduits à assurer, principalement, un dispositif de prêt de livres et de documents sous forme de drive.

 Nous vivons la même problématique que toutes les bibliothèques françaises, les contraintes sont très strictes. Selon les normes sanitaires préconisées, après chaque emprunt les livres doivent reposer plusieurs jours pour la décontamination,

explique Marc Dumont Directeur Bibliothèque Faculté des Lettres.

Un protocole précis pour revenir travailler avec précautions sanitaires dans la Bibliothèque Universitaire du campus Paul-Valéry à Montpellier / © Université Paul-Valéry de Montpellier
Un protocole précis pour revenir travailler avec précautions sanitaires dans la Bibliothèque Universitaire du campus Paul-Valéry à Montpellier / © Université Paul-Valéry de Montpellier

 

Car la durée du virus serait plus longue sur le plastique, cela veut dire que lorsqu’un usager rend un livre ou un document plastifié, on doit attendre 10 jours avant de le remettre en circulation. Cela ralentit tout, alors la plupart des bibliothèques ont choisi principalement le système de drive qui devient le modèle dominant en France :

Dans une librairie, on prend le livre une seule fois, c’est pourquoi les librairies sont ouvertes, dans les bibliothèques nos livres sont pour la plupart plastifiés.

Le choix du drive s’est donc imposé rapidement, comme l’explique Gilles Gudin De Vallerin Directeur des médiathèques Méditerranée Montpellier Métropole :

L’option drive a été prise début juin au moment où il y avait une légère amélioration concernant l’épidémie, si elle continue à décliner les choses évolueront, on suit très scrupuleusement les directives ministérielles.

Dans un contexte d’urgence, les bibliothèques ont mis en place des systèmes intermédiaires mais aujourd’hui, ces dispositions sont pour nombre d’étudiants trop restrictives. Au regard de la décroissance de l’épidémie et du déconfinement généralisé, ils attendent des mesures fortes. Installés à une terrasse de café en centre-ville, Oscar, Loana, Joséphine et Marius étudiants dans différentes écoles ou universités partagent le même agacement :  

On n’a plus de lieu où étudier depuis des mois et même avec le déconfinement notre situation n’a pas bougé.  Regardez autour de nous, les terrasses de cafés sont pleines, nous devrions pouvoir étudier en bibliothèques en gardant une distance d’un mètre. 

Nous les étudiants, nous vivons rarement dans de grandes maisons, ceux qui ont besoin d’un lieu dédié au travail c’est bien nous. Même en été, nous devrions y avoir accés maintenant que l’épidémie disparaît. Et puis il y a une autre donnée : travailler isolé, ça pèse très fort sur le moral à force.

Le système de "drive" mis en place à la Bibliothèque Universitaire Paul-Valéry de Montpellier / © Université de MontpellierLe système de "drive" mis en place à la Bibliothèque Universitaire Paul-Valéry de Montpellier / © Université de Montpellier
Le système de “drive” mis en place à la Bibliothèque Universitaire Paul-Valéry de Montpellier / © Université de Montpellier

 Un premier pas vers la réouverture

L’université des Lettres ouvre une centaine de places à la BU contre 1 100 habituellement. C’est un premier pas encore timide vers l’ouverture. Pour la rentrée, les choses restent encore floues, les bibliothèques des universités et écoles du supérieur devraient rouvrir en diminuant au moins par deux la capacité d’acceuil des locaux.

Moi j’ai des consignes ministérielles qui sont fondées sur des rapports scientifiques. A travers ces mesures là, on peut voir le verre à moitié plein ça veut dire accueillir la moitié du public. Les choses évolueront selon les consignes ministérielles, selon les normes sanitaires actuelles qui vont peut-être s’alléger dans les semaines à venir avec l’évolution de l’épidémie.

La relative chance est que les examens sont achevés dans la plupart des cursus, nous arrivons dans une période où les campus sont habituellement assez vides.

(Marc Dumont, Directeur Bibliothèque Faculté des Lettres Montpellier)

Les modalités hybrides la tendance pour la rentrée

Dans l’enseignement supérieur un mixage d’enseignement à distance et en présentiel avec visio- conférence se profile à la rentrée universitaire.

Reste que si d’ici septembre prochain l’épidémie est au point mort, il sera difficilement justifiable de ne pas reprendre l’enseignement en présentiel, avec ses cours, ses conférences, ses débats, ses discussions avec les professeurs et entre étudiants. Une vie de campus qui en fait toute sa richesse.

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Source France 3 Région

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Source Baromètre

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