Douarnenez : des livraisons sur trois roues – Blog de l’A.M.I

“Pas question de laisser le triporteur tout neuf dormir dans le garage.”

Sur son triporteur flambant neuf, Olivier Dussauze charge les premiers paniers de l’Epicerie ouverte par Céline Bigot, le 1er avril dernier, en plein confinement.
Légumes, produits laitiers, viande, miel… Les commandes passées le mardi auprès de la commerçante sont livrées le jeudi sur les différents quartiers de Douarnenez et sur les communes alentours.

 

L'Epicerie livre grâce au triporteur / © Claire Louet / FTV
L’Epicerie livre grâce au triporteur / © Claire Louet / FTV

C’est après avoir été sollicitée à plusieurs reprises par des clients que Céline a appelé l’association Ribin. Banco, a répondu Olivier, le triporteur est prêt. C’est bête qu’il reste dans mon garage à rien faire.

Moyennant une participation forfaitaire de 5 euros, les produits bio et locaux arrivent au domicile des personnes qui peuvent difficilement sortir faire leurs courses parce qu’elles ont une santé fragile ou bien des enfants à garder.

Outre l’épicerie, l’association livre également les bons petits plats des Filets Bleus ainsi que le Kouign amañ et le pain de la boulangerie des Plomarc’h. 

Un rêve de gosse

Olivier enfourche son vélo pour les toutes premières livraisons. Grâce à l’assistance électrique, les côtes le font à peine transpirer. Tout sourire, il confie : ” C’est à Barcelone en 2008 que j’ai expérimenté ce moyen de locomotion. J’ai promené des touristes pendant deux ans. Puis j’ai fait la même chose à Copenhague pendant 6 mois”.
 

C’était génial. Grâce à ça, j’ai fait des rencontres extras, c’était vraiment des moments de partage très joyeux. Je rêvais de refaire ça ici à Douarnenez.

D’où la création de l’association Ribin, mot qui en breton désigne les chemins creux, là où ne passent que les piétons ou les vélos. Ribin devait démarrer en avril des visites guidées payantes pour les touristes mais aussi des balades gratuites pour les personnes âgées de la maison de retraite. Mais le Covid-19 a retardé ce projet retenu par le programme européen Leader. Subventions et mécénat ont permis l’achat du triporteur conçu au Danemark. Un investissement de 9 000 euros. 

Solidaires avant tout 

Il est presque midi. L’heure de filer sur le port du Rosmeur, à Douarnenez.
Le café restaurant Les Filets Bleus a préparé une commande qui n’attend plus que d’être livrée. Cécile Coulloch, aux fourneaux, vient de relancer son activité grâce au “drive”.

Contrainte de placer sa salariée en chômage technique, elle gère seule la fabrication d’une trentaine de repas quotidiens auxquels s’ajoutent les menus achetés par deux entreprises du bâtiment pour les ouvriers qui trouvent porte close partout.
 

Un repas des Filets Bleus file vers Ploaré / © Claire Louet / FTVUn repas des Filets Bleus file vers Ploaré / © Claire Louet / FTV
Un repas des Filets Bleus file vers Ploaré / © Claire Louet / FTV

Cela permet de rentrer un peu d’argent et de ne pas épuiser notre trésorerie. Il faut qu’on tienne dans la durée parce qu’on ne rouvrira pas complètement cet été. Il y a le risque d’une deuxième vague épidémique et les mesures barrières compliquées à mettre en place”.
 

Installer une table sur deux sur notre petite terrasse, ce n’est pas rentable économiquement.

Dans ce contexte, la vente à emporter devient essentielle. Et pour ceux qui ne peuvent se déplacer, le triporteur de Ribin est là.

Avant de laisser partir Olivier, Cécile lui donne les consignes à transmettre aux clients pour réchauffer les plats.

Faire plaisir et se faire plaisir

Falafels, tourtes aux herbes sauvages et pannacotta au coulis de cassis sont délicatement posés dans le petit coffre du triporteur.
Cap sur Ploaré, à cinq minutes à coups de pédale du port de pêche. Geneviève et Jean-Pierre Fréour sont parmi les tous premiers clients de Ribin.
 

La livraison, l'occasion de bavarder un peu / © Claire Louet / FTVLa livraison, l'occasion de bavarder un peu / © Claire Louet / FTV
La livraison, l’occasion de bavarder un peu / © Claire Louet / FTV

Ce petit repas des Filets Bleus, ça permet de changer un peu nos habitudes de confinement. On se fait plaisir et on fait plaisir. C’est un soutien à l’économie locale, à des initiatives très chouettes menés par des jeunes qui ont envie de faire bouger les choses et d’être solidaires“, glisse Geneviève.

Avant d’ajouter : “C’est aussi l’occasion de rencontrer un peu de monde. Olivier a l’âge de nos enfants qu’on ne voit plus depuis le confinement. Même si on est deux, c’est long, on a envie de papoter avec les amis.

Alors, quoi de neuf sur le port ? ajoute Jean-Pierre à l’adresse du livreur qui est aussi un copain. Pas grand chose répond Olivier. Pas beaucoup de Konchennoù, de commérages en ce moment.
C’est vrai que les échos de la ville sont plutôt discrets.

Seule se répand dans les ruelles de Douarnenez l’annonce du début des livraisons sur trois roues. 

 

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Source France 3 Région

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