Les vacances d’été pourront-elles sauver le patrimoine?

Les Français pourront bien partir en vacances en France cet été, en dépit du Covid-19, a annoncé ce jeudi 14 mai le Premier ministre Edouard Philippe, qui a dévoilé un plan de relance du tourisme “massif”, représentant “pour les finances publiques un engagement de 18 milliards d’euros”. Il s’agit pour le gouvernement d’”accompagner à la fois la reprise, puis la relance d’un secteur” mis à terre par l’épidémie du coronavirus et qui représente 7% du PIB français, ainsi que deux millions d’emplois. Un geste fort pour la filière touristique, mais peut-être aussi une carte à jouer pour le patrimoine rural et les petits musées qui pourraient profiter de ces grandes vacances. Encore faut-il que l’Etat apporte sa pierre à l’édifice.

Le 7 mai, Stéphane Bern -chargé en 2017 d’une mission pour le patrimoine par l’Elysée- estimait qu’il fallait “décréter le patrimoine rural cause nationale”. Lors de son audition par la délégation sénatoriale aux collectivités territoriales, il a réclamé “un plan de financement préalable pour avoir une visibilité sur qui va payer quoi”. Il a appelé par ailleurs à des mesures plus urgentes, comme la réouverture de tous les sites patrimoniaux aux visiteurs dès le mois de juin, dans le respect strict des “préconisations sanitaires” et limitant les “visites privées de 10 personnes”. Pour Philippe Bélaval, le président du Centre des Monuments Nationaux qui gère plus de cent musées, sites et monuments, aucune réouverture n’est prévue avant début juin. “Nous voulons rouvrir le plus vite possible, dans des conditions absolument fiables pour nos agents et pour les visiteurs, explique-t-il à l’AFP. Nous faisons face à une situation nouvelle: ce sera seulement un public français et un public de proximité qui se rendra dans nos sites.” A Stéphane Bern de rappeler que ces lieux attirent habituellement “90 millions de touristes par an” et ce sont plus de 500.000 emplois qui dépendent directement du patrimoine en France.

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“Une opportunité de se faire connaître”

“Il faut absolument que ce patrimoine arrive à tirer un certain profit de la crise sanitaire, analyse pour sa part l’économiste Françoise Benhamou, enseignante à Sciences Po Lille et à l’Université Sorbonne Paris Nord (Paris XIII) et auteure d’Economie du patrimoine culturel (La Découverte, 2019). Pour les petits monuments et les petits musées qui étaient jusqu’ici un peu écrasés par des ‘lieux-stars’, il y a peut-être une opportunité de se faire connaître et de se faire reconnaître comme des lieux qui apportent une plus-value culturelle.” En effet, alors même que du musée du Louvre au MUCEM à Marseille, les grands musées rongent leur frein, la réouverture des petits musées et monuments est désormais possible en France. Même si elle s’annonce progressive, beaucoup visant le début du mois de juin qui est aussi le rendez-vous fixé par l’exécutif pour tirer le bilan du déconfinement.

Certains “petits” musées ont ainsi pris le pari de rouvrir, à l’instar du musée de l’Image à Epinal, du Domaine Pommery à Reims ou du Manoir de Kerazan dans le Finistère. D’autres préparent leur réouverture prochaine. Au musée des Confluences à Lyon qui a attiré plus de 700.000 visiteurs en 2019, la direction a remis aux autorités son plan de réouverture espérée pour le 2 juin, qui vise à une reprise échelonnée de ses activités, garantissant des règles essentielles de distanciation sociale, de protection tant des équipes que des visiteurs face à l’épidémie. “75% de notre public est régional. Les messages de soutien de nos visiteurs nous portent et nous encouragent à faire preuve de responsabilité, mais aussi d’adaptabilité et d’innovation dans le contexte sanitaire actuel. La réouverture avant la période estivale répond à une attente et une exigence de service public”, fait savoir Hélène Lafont-Couturier, directrice du musée. 

Les églises, “premier musée de France”

L’économiste Françoise Benhamou rappelle les atouts non négligeables de l’Hexagone. “La France a du patrimoine partout, il n’y a pas de région sans patrimoine”, souligne-t-elle. Car au-delà de ces simples vacances estivales, l’enjeu repose ici sur le constat d’une hyperconcentration de la culture et du patrimoine en France. Comme le soulignait Julien Lacaze, président de Sites et Monuments avant le début de la crise sanitaire, il y a aujourd’hui urgence à “maintenir le caractère diffus du patrimoine pour soutenir l’économie locale, voire l’économie rurale”. Il plaide en ce sens pour un grand plan de restauration des œuvres dans les églises et une ouverture des églises qui sont aujourd’hui complètement fermées au public. Or, “les églises et leur contenu, c’est le premier musée de France”, fait-il savoir.

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Plusieurs initiatives ont été mises en place pour soutenir la filière du patrimoine en France face à cette crise sanitaire sans précédent. A l’instar de la start-up Dartagnans qui a créé il y a un mois l’initiative de préventes solidaires “Mousquetaire du Patrimoine et de la Culture”, regroupant à ce jour plus de 125 établissements culturels partout en France, fait savoir son cofondateur Romain Delaume. Le but de cette opération est de mettre en valeur le patrimoine de proximité afin de faire grandir le tourisme local et le dynamisme culturel de nos régions. A ce jour, entre 15.000 et 20.000 euros ont déjà été récoltés, avec une prévente moyenne de près de 40 euros. Ce qui permet d’apporter une trésorerie immédiate aux propriétaires de ces monuments, parmi lesquels se distinguent le château du Clos-Lucé, le château de Cheverny, le château de La Mothe-Chandeniers, ou encore les théâtres parisiens Le Ranelagh et Mogador. L’objectif pour cette opération est de référencer 200 monuments sur tout le territoire d’ici à la fin du mois. Certains départements se sont associés étroitement au projet, comme le Loir-et-Cher. Pour sa part, la région Hauts-de-France a proposé la création d’un “chéquier tourisme” afin de permettre aux habitants de la région de pouvoir être soutenus dans les dépenses qu’ils feraient en région. 

Mais pour que le patrimoine ait une chance d’être soutenu pendant les vacances d’été, “le ministère de la Culture doit faire un gros effort pour faire valoir cette offre culturelle pendant ce temps un peu spécial via une plateforme très attractive. Je pense que nous pourrons observer un frémissement très important de ce côté”, plaide l’économiste Françoise Benhamou. Si Emmanuel Macron a déjà annoncé son plan de soutien à la culture, un secteur qui emploie 1,3 million de personnes en France, ce dernier portait essentiellement sur le spectacle vivant, le patrimoine reste pour sa part (encore) dans l’ombre. Or, selon Stéphane Bern, Franck Riester lui aurait bien confirmé début mai que l’on puisse “dans quelques jours parler du patrimoine”, l’assurant également “qu’il y aurait des aides pour les restaurateurs, les conservateurs et les guides conférenciers”. Ce qu’un acteur du patrimoine en contact régulier avec la rue de Valois confirme, affirmant qu’un plan de relance dédié au patrimoine sera bien annoncé dans les prochaines semaines. 

Les Français pourront bien partir en vacances en France cet été, en dépit du Covid-19, a annoncé ce jeudi 14 mai le Premier ministre Edouard Philippe, qui a dévoilé un plan de relance du tourisme “massif”, représentant “pour les finances publiques un engagement de 18 milliards d’euros”. Il s’agit pour le gouvernement d’”accompagner à la fois la reprise, puis la relance d’un secteur” mis à terre par l’épidémie du coronavirus et qui représente 7% du PIB français, ainsi que deux millions d’emplois. Un geste fort pour la filière touristique, mais peut-être aussi une carte à jouer pour le patrimoine rural et les petits musées qui pourraient profiter de ces grandes vacances. Encore faut-il que l’Etat apporte sa pierre à l’édifice.

Le 7 mai, Stéphane Bern -chargé en 2017 d’une mission pour le patrimoine par l’Elysée- estimait qu’il fallait “décréter le patrimoine rural cause nationale”. Lors de son audition par la délégation sénatoriale aux collectivités territoriales, il a réclamé “un plan de financement préalable pour avoir une visibilité sur qui va payer quoi”. Il a appelé par ailleurs à des mesures plus urgentes, comme la réouverture de tous les sites patrimoniaux aux visiteurs dès le mois de juin, dans le respect strict des “préconisations sanitaires” et limitant les “visites privées de 10 personnes”. Pour Philippe Bélaval, le président du Centre des Monuments Nationaux qui gère plus de cent musées, sites et monuments, aucune réouverture n’est prévue avant début juin. “Nous voulons rouvrir le plus vite possible, dans des conditions absolument fiables pour nos agents et pour les visiteurs, explique-t-il à l’AFP. Nous faisons face à une situation nouvelle: ce sera seulement un public français et un public de proximité qui se rendra dans nos sites.” A Stéphane Bern de rappeler que ces lieux attirent habituellement “90 millions de touristes par an” et ce sont plus de 500.000 emplois qui dépendent

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