Covid-19 et location : Ce que le déconfinement a changé pour les propriétaires et les locataires

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En quoi la perception qu’ont propriétaires et locataires du marché immobilier a-t-elle évolué au cours des dernières semaines ? Une étude SeLoger portant sur la psychologie de 2400 locataires et 654 bailleurs répond à ces questions.

Les bailleurs déconfinés semblent respirer à nouveau

En venant bouleverser les certitudes des propriétaires, les crises impactent inévitablement leur rapport au marché de l’immobilier et leur façon de l’appréhender. Mais dans quelle mesure la psychologie des propriétaires bailleurs en France a-t-elle évolué, suite au déconfinement ? Leurs projets, leurs doutes et leurs attentes ont-ils changé ou sont-ils restés les mêmes ?

« Au sortir de cette expérience éprouvante du confinement, les bailleurs déconfinés semblent respirer à nouveau. Trois indicateurs le démontrent. D’une part,  près de 6 bailleurs sur 10 parient sur la stabilisation des loyers. D’autre part, l’optimisme est plus marqué concernant l’évolution de leur pouvoir d’achat personnel dans les mois à venir, mais encore, et surtout, la crainte des impayés liés à la crise Covid-19 semble s’estomper dans l’esprit des bailleurs car ils ne sont désormais que 38% à s’avouer inquiets alors qu’ils étaient 50% en avril. Doucement certes, mais ils arrivent à se projeter davantage et envisagent l’avenir avec plus de confiance”, explique Séverine Amate, Porte-parole chez SeLoger.

 Investissement locatif : 81% des projets locatifs impactés par le confinement

Il ressort de l’enquête SeLoger réalisée du 14 au 18 mai 2020 auprès de 654 propriétaires bailleurs que 81 % d’entre eux ont vu leurs projets locatifs affectés par la crise du Covid-19 (32% ont subi des retards dans les démarches, 31 % des projets ont été reportés et seuls 4 % ont été annulés). Si ce pourcentage de 81% reste élevé et témoigne de la violence du séisme sanitaire qui a, pour ainsi dire, figé le marché immobilier pendant plus de deux mois, force est tout de même de constater qu’il est orienté à la baisse. En effet, et à titre de comparaison, en avril dernier, ce ne sont pas moins de 96 % des projets locatifs des bailleurs que les mesures de confinement avaient impactés.

« Difficile de trouver un locataire à l’heure où les visites des biens étaient gelées pendant le confinement. Sans parler des craintes de loyers impayés pour les biens occupés qui ont gagné 1 bailleur sur 2 pendant ces 2 mois où le marché était mis en pause forcée. Mais peu à peu, un retour à la normale semble se profiler dans l’esprit des bailleurs”, souligne Séverine Amate, Porte-parole de SeLoger.

28%  des bailleurs craignent la dégradation de leurs finances personnelles

L’étude nous apprend que désormais seuls 28% des bailleurs envisagent une dégradation de leur pouvoir d’achat personnel dans les 6 prochains mois (alors qu’ils étaient 52% à le penser pendant le confinement). Désormais, 1 bailleur sur 2 pense que ses finances personnelles ne seront pas impactées par la crise et 11% pensent même qu’elles pourraient s’améliorer. Au vu de ces chiffres, c’est peu dire que le moral personnel des bailleurs est là ! Pour autant leur optimisme n’est pas aussi marqué pour ce qui est du regard sur l’évolution du niveau de vie en France. En effet, ils sont 68% à être persuadés que le niveau de vie en France va se dégrader dans les prochains mois.

“ Désormais, 1 bailleur sur 2 penche pour le statu quo concernant ses finances personnelles dans les mois à venir, et seuls 28% craignent une dégradation. Après le choc du 16 mars, l’étude SeLoger sur la perception des bailleurs déconfinés révèle un état d’esprit résilient ! », remarque la porte-parole de l’étude SeLoger, Séverine Amate.

Près de 6 bailleurs sur 10 parient sur une stabilité dans les 6 prochains mois

Une majorité de propriétaires bailleurs (58 %) interrogés mise sur une stabilisation du montant des loyers, en France dans les 6 prochains mois. Un statu quo qu’ils envisagent comme une réalité concernant l’ensemble du territoire d’après 70% des bailleurs interrogés par SeLoger. Post-déconfinement, seuls 20 % des propriétaires avouent s’attendre à une baisse des loyers. Un léger changement de perception car, lors du confinement, ils étaient 35 % à anticiper un recul sur les prix des loyers. Enfin, la proportion de propriétaires selon lesquels les loyers devraient, au contraire, augmenter dans les mois à venir, passe de 10 % en avril  à 21 % en mai, au lendemain de la levée des mesures de confinement.

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“A l’heure du déconfinement, les bailleurs se montrent moins disposés à revoir les loyers à la baisse. Au contraire, la part de ceux qui envisagent une hausse a même doublé entre avril et mai. Mais d’une manière générale, c’est la stabilité des loyers qui pèse le plus dans la balance d’après les anticipations des bailleurs eux-mêmes”, analyse Séverine Amate.

 42% des locataires anticipent une hausse des loyers dans les 6 prochains mois

Pour 42 % des locataires sondés, les loyers pourraient être amenés à connaître une augmentation dans les prochains mois. À titre de comparaison, ils n’étaient que 32 % à partager cette opinion en avril dernier. L’enquête SeLoger nous apprend également que, pour les 42 % de locataires qui anticipent une hausse des loyers, celle-ci devrait être de l’ordre de 5 à 10 %. Enfin, pour 1 sondé sur 2, si hausse il y a, cette dernière touchera la France entière, quelle que soit la tension locative régnant dans la zone concernée.

“Le loyer est un budget qui pèse lourd dans les charges des ménages. L’anticipation d’une hausse des loyers dans les 6 prochains mois pourrait ainsi amener à accélérer leur décision de louer rapidement ”, souligne Séverine Amate.

Les conséquences économiques de la crise du Covid-19 ont déjà conduit une partie des Français à voir leurs revenus baisser, voire à perdre leur emploi… Face à cette précarisation socio-économique, 38 % des propriétaires redoutent que leurs locataires ne soient plus en mesure de payer leurs loyers à la fin du mois. Si leurs craintes sont bien réelles, force est toutefois de constater qu’elles tendent à s’estomper. Interrogés lors du confinement, un propriétaire sur deux s’était alors dit inquiet quant à la capacité de son locataire à régler son loyer…

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“Les inquiétudes liées aux loyers impayés s’estompent à l’heure du déconfinement mais elles restent toujours présentes dans l’esprit des bailleurs. Le besoin de sécuriser la rentrée des loyers est une préoccupation permanente. D’où l’enjeu de bien s’informer sur les garanties qui existent, comme la garantie Visale mise en place récemment par le gouvernement, et qui sert de caution locative en cas d’impayé de loyer”, rappelle Séverine Amate.

 81% des locataires ont foi en leur capacité à régler leur loyer

Contrairement aux bailleurs, les locataires sont, quant à eux, sereins concernant leur solvabilité. Selon l’étude, seulement 16 % des locataires interrogés doutent d’être en mesure de régler leur loyer. Alors que 81 % d’entre-eux pensent que l’état de leurs finances personnelles leur permettra de continuer de faire face à leurs échéances locatives mensuelles.

“Seulement 16% des locataires se disent inquiets concernant leur capacité à régler leur loyer. Parmi eux, 1 locataire sur 4 l’explique par sa mise en chômage partiel, 26% par la perte d’emploi ou la baisse d’activité professionnelle d’un membre du foyer et 34% par la diminution de leurs revenus indépendamment d’un  éventuel chômage partiel. La bonne nouvelle c’est que 8 locataires sur 10 seront présents pour assurer leur engagement mensuel auprès des bailleurs. D’ailleurs, un coup de pouce de 150€ vient d’être annoncé par Action Logement pour aider bon nombre de locataires mis en difficulté par la crise Covid-19 à assurer le règlement de leur loyer”,  souligne Séverine Amate.

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Locataires : ce qui change (et ce qui ne bouge pas…)

La crise que nous venons de traverser  a-t-elle laissé des traces psychologiques sur les locataires ? Si c’est le cas, en quoi leur perception du marché de la location mais aussi leur recherche locative ont-elles été modifiées depuis le déconfinement ? Et comment leurs certitudes, leurs priorités, voire leurs appréhensions, ont-elles évolué ?

 80% des projets de location ont été impactés pendant le confinement

Les mesures limitatives de déplacement mises en place à l’occasion du confinement ont conduit les agences immobilières à baisser le rideau… Rien d’étonnant, donc, à ce que 80 % des futurs locataires interrogés constatent que leur recherche d’un bien à louer ait été impactée par la crise du Covid-19. La suspension des visites en « présentiel » a ainsi pu complexifier les démarches de bon nombre de candidats à la location et figure ainsi comme le principal obstacle à l’avancée de leur projet. Mais ce n’est pas tout, la procrastination liée au rythme confiné a bloqué le projet de 13% des futurs locataires, trop tentés de remettre leur recherche au lendemain.

 41% des locataires ont repris leurs projets dès le 11 mai !

Sitôt le déconfinement prononcé, le marché de la location est reparti à toute allure dans l’hexagone ! Selon l’étude  SeLoger, ce sont quelque 41 % des projets de location d’un logement ayant été engagés qui ont été réactivés dès le 11 mai dernier. Covid-19 oblige, ceux qui ont dû être décalés l’ont été au mois de juin (pour 22 % d’entre eux), à l’été (pour 14 %), à la rentrée (pour 15 %), voire à l’année prochaine (pour 12 %).

“La reprise des projets locatifs mis en stand-by pendant le confinement est rapide dans l’esprit des futurs locataires, et c’est également ce que nous constatons sur l’audience de nos sites. Le volume de consultations des annonces et les mises en relations avec les professionnels explosent depuis le déconfinement. La dynamique de rattrapage est constatée sur la location mais également sur l’achat ”, explique Séverine Amate, porte-parole chez SeLoger.

L’envie d’un espace extérieur n’est pas née du confinement

Mais s’ils ont repris rapidement, certains projets ont pu changer de physionomie en cours de route (4%). Parmi eux, alors que 22 % des futurs locataires ayant modifié leur recherche pendant le confinement cherchent désormais à se rapprocher des métropoles où se concentrent les créations d’emplois, 36 % veulent, au contraire, s’en éloigner. Enfin, pour 16 % des locataires, la présence d’un espace extérieur (terrasse, balcon, jardin) constitue désormais un critère essentiel même si cela constituait déjà un critère important pour 56% des locataires, et ce bien avant l’expérience du confinement.

“ L’envie d’un extérieur chez les futurs locataires  n’est pas née du confinement. Elle était présente bien avant pour 56% d’entre eux. L’expérience de l’enfermement n’a fait qu’accentuer ce besoin pour en faire un critère essentiel ”, explique Séverine Amate.

3  locataires sur 10 ont testé la visite à distance pendant le confinement

Les crises modifient les comportements et poussent les individus à s’adapter. Pour pallier l’impossibilité de faire visiter physiquement les biens dont on leur avait confié la mise en location, les agents immobiliers ont rapidement proposé des « visio-visites ». Or, l’étude nous apprend non seulement que 3 futurs locataires sur 10 y ont eu recours durant  le confinement (et même après) – mais aussi que 18 % des 2400 candidats à la location sondés se disent prêts à signer le bail d’un logement qu’ils n’auraient pourtant visité qu’à distance, par le biais de la vidéo !

“ L’expérience du confinement a obligé les porteurs de projet à revoir certaines idées reçues. L’appétence pour la visite virtuelle s’est accentuée car le virtuel et l’image ont conquis nombre de Français pendant ces 2 mois. Les futurs locataires semblent désormais plus ouverts à faire évoluer leur pratiques pour gagner en efficacité dans leur recherche”, explique la porte-parole de SeLoger.

Données issues de l’Observatoire du Moral Immobilier, étude en ligne du Groupe SeLoger réalisée  du  14 au 18 mai 2020 et redressée par Kantar TNS. Base totale 4259 répondants : propriétaires, futurs acquéreurs, vendeurs, bailleurs, investisseurs locatifs et locataires en France. Sont représentées uniquement ici les réponses des 2400 locataires et 654 bailleurs. Depuis près de 10 ans, l’Observatoire du Moral Immobilier apporte tous les 4 mois un éclairage sur la psychologie des porteurs de projets immobiliers en France.

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