Vinci : le BTP avance, les autoroutes et les aéroports toujours en panne


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Publié le 5 févr. 2021 à 15:33

Avec la crise sanitaire, Vinci est dans une situation paradoxale. Son bénéfice net annuel 2020 s’est effondré de 62 % (à 1,2 milliard) à cause de la chute des recettes de ses concessions d’autoroutes et d’aéroports. Mais parallèlement, la crise sanitaire n’ayant pas arrêté les grands projets à travers le monde, le carnet de commandes de son pôle BTP a bondi de 16 % en un an à 42,4 milliards d’euros. « C’est un record historique », a souligné le PDG du groupe, Xavier Huillard.

Ces tendances vont se poursuivre. Vinci prévoit pour cette année un retour du chiffre d’affaires de son pôle BTP à un niveau proche de 2019 tandis qu’il renonce à donner des prévisions pour son pôle concessions. En compensation, « nous avons décidé de communiquer mensuellement sur le trafic de nos concessions », au lieu de chaque trimestre, a indiqué Xavier Huillard.

Restructuration d’Entrepose

Côté concessions, 2020 se solde par une chute de 21 % du trafic autoroutier, de 70 % pour les aéroports et la tendance actuelle reste baissière. Sur un chiffre d’affaires total du groupe de 43 milliards en 2020 (-10 %), le pôle concessions ressort à 5,8 milliards (-31,7 %) pour un bénéfice net de 740 millions, en chute de 67 %. En attendant la reprise du trafic – un horizon inconnu-, « nous avons poursuivi les travaux les plus stratégiques comme la réfection des pistes de Rennes et de Toulon. Pour le reste, les investissements sont en forte diminution », précise le PDG. Les travaux vont démarrer sur l’extension de l’aéroport japonais du Kansai en vue de l’exposition universelle d’Osaka en 2025, mais « ce sera cofinancé par une subvention de l’Etat japonais, ce qui n’était pas prévu à l’origine », commente-t-il.

Le pôle BTP, lui, fait mieux que résister. Il a engrangé les grands contrats (deux lots de la ligne à grande vitesse britannique HS2, un tronçon du Grand Paris Express etc.), son chiffre d’affaires devrait retrouver dès cette année son niveau de 2019 et la rentabilité opérationnelle de Vinci Construction dépasser son niveau pré-Covid car « il y avait en carnet des projets médiocres maintenant terminés, par ailleurs suite aux difficultés d’Entrepose contracting, nous l’avons restructuré pour la rapprocher de Vinci Grands Projets », souligne Xavier Huillard.

Services à l’énergie

En 2020 le chiffre d’affaires du BTP n’a reculé que de 5,2 % à 37 milliards. Dans les services à l’énergie, il a même été quasi stable à 13,7 milliards et bondira si les négociations sur le rachat pour 5,2 milliards des concessions énergétiques de l’Espagnol ACS aboutissent. « Qu’elles débouchent ou non, nous voulons développer nos activités dans le domaine des énergies, notamment renouvelables », a commenté Xavier Huillard. Quand ces négociations avaient fuité en octobre, le marché avait applaudi l’idée d’un relais de croissance dans des concessions de production d’énergie verte pour compenser l’effondrement des concessions de transport.

Vinci peut faire des acquisitions d’ampleur dans le domaine car, autre paradoxe de la crise Covid, sa situation financière s’est renforcée. Sa dette a baissé et ses liquidités ont grimpé, jamais les clients n’ayant payé aussi vite. « Certains, notamment des clients publics, ont même payé en avance, sans doute sous l’influence des Etats voulant une relance de l’économie, en France comme ailleurs en Europe », analyse le directeur financier Christian Labeyrie.

Pas de plan autoroutier

Le pôle BTP devrait à nouveau surfer cette année sur les plans de relance. Sauf dans les chantiers autoroutiers, Vinci ayant à cette heure échoué à convaincre l’Etat de lancer un nouveau plan de travaux gratuits des concessionnaires (verdissement du réseau, voies rapides de contournement de villes etc.) en échange d’un nouveau rallongement de la durée des concessions existantes.

« Nous avons eu des discussions il y a quelques mois avec les autorités concédantes sur un plan d’investissement autoroutier, ça reviendra peut être. mais aujourd’hui, il n’y a plus de discussion, l’Etat a d’autres batailles », résume Xavier Huillard. Les travaux se limiteront à ceux des contrats de plan signés et, précise le président de Vinci Autoroutes Pierre Coppey, « leur compensation se fera par des hausses tarifaires modestes ».

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