A Bobigny (Seine-Saint-Denis), en mai 2018.

Le deuxième confinement assombrit l’horizon du marché immobilier francilien

A Bobigny (Seine-Saint-Denis), en mai 2018.

L’inquiétude des notaires était perceptible, jeudi 26 novembre, lors de leur point trimestriel sur le marché immobilier francilien. Le secteur, « bousculé par une série de soubresauts » depuis le début de 2020, est, selon eux, « dans l’incertitude ». « Les premières semaines de 2020 étaient euphoriques… jusqu’au 17 mars !, se remémore Elodie Frémont, notaire à Paris. Le confinement a mis les études à l’arrêt quasi total jusqu’au 11 mai, ne maintenant que 20 % d’activité. Ensuite, le marché déconfiné s’est rattrapé et les ventes ont redoublé jusqu’à fin août, retrouvant leur niveau de 2019, mais, dès septembre, un certain attentisme s’est installé et le deuxième confinement assombrit à nouveau les perspectives », analyse-t-elle.

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Ainsi, sur les neuf premiers mois de l’année, en Ile-de-France, les notaires enregistraient 152 000 ventes, soit 21 % de moins qu’en 2019, dont une chute de 31 % au seul troisième trimestre (– 34 % à Paris intra-muros). « Compte tenu des vingt-huit jours de confinement, ce n’est pas si mal », relativise Mme Frémont.

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D’octobre 2019 à septembre 2020, les prix ont poursuivi leur hausse rapide, à + 7,4 %, avec un infléchissement au troisième trimestre 2020, où la hausse moyenne francilienne ne dépassait pas 0,5 % et où les prix baissaient même de 1,2 % à Paris. « Nous avions anticipé que le prix moyen du mètre carré parisien dépasserait, en fin d’année, la barre des 11 000 euros. Ce ne sera pas le cas, constate Elodie Frémont. Il devrait en rester à 10 720 euros. Acquéreurs et vendeurs mettent plus de temps pour se mettre d’accord, notamment lorsqu’il s’agit de grands appartements. »

« Beaucoup d’appétit pour les biens exceptionnels »

Les acheteurs étrangers – italiens, chinois, américains, anglais –, qui font monter les prix, et les brexiters, ces Français non résidents souvent venus de Londres, sont moins présents : en 2015, ils réalisaient 17 % des transactions du 6e arrondissement, par exemple, mais plus que 9,4 % en 2020.

Le groupe Junot, spécialisé dans les biens de luxe parisiens, constate un intérêt vif pour les habitations de prestige, au-delà de 5 millions d’euros

« Il y a toujours beaucoup d’appétit pour les biens exceptionnels, de plus de 300 mètres carrés, avec une vue, une terrasse, un jardin, notamment des Américains, rapporte Charles-Marie Jottras, PDG du groupe Féau, spécialiste du haut de gamme. Les banques comme JPMorgan, Pictet ou Rothschild facturent les dépôts 0,5 %, ce qui incite leurs détenteurs à investir dans l’immobilier, une valeur qui apparaît toujours sûre. En revanche, les appartements bourgeois familiaux, certes à de belles adresses mais au deuxième étage sans vue, se vendent plus lentement, et, à notre grande surprise, notre clientèle est affectée par le resserrement des conditions de crédit. » Les notaires l’attestent : « Les stars du crédit – professions libérales, artisans, commerçants – sont désormais vues par les banquiers comme des dossiers à risque », selon Me Frémont.

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