Les solutions pour éviter le découvert bancaire, souvent très coûteuses

Les banques facturent des commissions d’intervention qui font grimper la note.
Les banques facturent des commissions d’intervention qui font grimper la note. Robin Heighway-Bury/Ikon Images / Photononstop

Le Covid-19 atteint la santé des Français, mais aussi leur portefeuille. Les huit millions de salariés au chômage partiel subissent en effet une baisse de revenus pouvant conduire leur compte en banque dans le rouge. Or, le découvert coûte cher. « Les agios ne représentent généralement que quelques euros. Mais les autres frais liés au découvert, comme les commissions d’intervention, les lettres d’information préalables, les frais de rejet de chèque ou de prélèvement peuvent faire monter la facture à plusieurs dizaines d’euros sur un mois », précise Maxime Chipoy, responsable du site d’information financière MoneyVox.

Mieux vaut donc anticiper si vos revenus sont en baisse. L’épargne de précaution placée sur un Livret A ou un Livret de développement durable et solidaire (LDDS) a précisément vocation à financer les coups durs : c’est le moment d’y puiser pour éviter de creuser votre découvert. « Les grands facturiers (eau, gaz, électricité, etc.) accompagnent leurs clients dans cette période difficile. Il est possible de les contacter pour envisager un échelonnement de ses factures », complète Pierre de Buhren, directeur marketing de La Banque postale.

Objectif : n’utiliser le découvert qu’en dernier recours.

« En fonction de la situation des dossiers, nous pouvons proposer à nos clients de reporter leurs mensualités de crédit immobilier et à la consommation de trois mois pour éviter d’être dans le rouge », ajoute Pierre de Buhren.

Même principe chez BNP Paribas, dont les clients utilisent à plein cette possibilité : « Nous avons enregistré autant de demandes de report de mensualités de crédit immobilier en deux semaines que sur l’ensemble de l’année 2019 », commente Nicolas Draux, directeur retail de la banque de détail France de BNP Paribas, qui a par ailleurs assoupli les conditions de l’opération. « Le report n’est généralement possible qu’à partir du 2e anniversaire du crédit. Désormais, nous l’acceptons sans délai », ajoute Nicolas Draux.

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Autre piste pour éviter de creuser son déficit, il est possible de souscrire un crédit à la consommation. L’opération peut se faire en ligne auprès de sites spécialisés comme Cetelem, Cofidis, Sofinco ou Younited Credit. « Mieux vaut souscrire un crédit à la consommation de quelques milliers d’euros à 5 % qu’un découvert à 15 % », résume Maxime Chipoy.

80 euros par mois

En dernier recours, il reste possible de demander à son conseiller bancaire, joignable à distance par mail ou téléphone, de relever le plafond de son découvert autorisé. En effet, cela vous garantit généralement un taux d’intérêt légèrement plus favorable sur les agios. Comptez par exemple entre 7 % et 8 % pour un découvert autorisé dans les banques en ligne, particulièrement peu onéreuses, et 16 % en cas de dépassement.

Mais surtout, au-delà du découvert autorisé ou en son absence, les banques facturent des commissions d’intervention qui font grimper la note. Celles-ci sont plafonnées par la réglementation à 8 euros par opération et 80 euros par mois. L’immense majorité des banques s’est alignée sur ce plafond (voir notre tableau ci-contre), mais les banques en ligne comme BforBank, Boursorama Banque, Fortuneo, Hello Bank, ING et Orange Bank ne facturent pas de commissions d’intervention.

« Nous avons parfois relevé le plafond de découvert des clients qui nous l’ont demandé. Cela se fait au cas par cas par les conseillers : il n’est pas possible de généraliser cette pratique qui pourrait être interprétée comme une incitation au découvert », ajoute Pierre de Buhren, à La Banque postale.

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L’établissement public a aussi mis en place une vigilance particulière sur les rejets de chèque sans provision, car ceux-ci entraînent l’inscription au fichier central des chèques (FCC) de la Banque de France. En clair : le client devient interdit bancaire. « Nous cherchons à détecter ces situations pour les limiter. Une des solutions peut consister à débiter le chèque, même si le montant du découvert autorisé est atteint », ajoute Pierre de Buhren. Un sujet auquel La Banque postale est particulièrement sensible puisqu’elle compte 1,6 million de clients en situation de fragilité financière.

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