L'architecte britannique Richard Rogers, co-créateur du centre Pompidou à Paris, est mort 1

L’architecte britannique Richard Rogers, co-créateur du centre Pompidou à Paris, est mort


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Publié le 19 déc. 2021 à 12:00Mis à jour le 19 déc. 2021 à 12:40

Des « bâtiments-machines » aux entrailles apparentes, aux structures instantanément reconnaissables… Richard Rogers, l’un des « papas » du centre Pompidou, prix Pritzker 2007 (le Nobel de l’architecture), est décédé ce samedi à l’âge de 88 ans.

Parmi ses iconiques réalisations, le siège de la compagnie d’assurances des Lloyd’s, un ovni architectural inauguré en 1986 dans la City de Londres. Une « cathédrale mécanique », devenue l’un des monuments les plus fameux de la ville de Big Ben.

Et pourtant, tout avait assez mal commencé. Né en 1933 à Florence avant d’émigrer en Angleterre, Richard Rogers a une scolarité difficile : « A l’époque, on ne connaissait pas encore la dyslexie. J’étais juste considéré comme un élève stupide », explique-t-il au Guardian.

Aventurier et un brin voyou, il sert dans l’armée britannique puis intègre miraculeusement l’« Architectural Association School » de Londres, alors connue pour son modernisme. Il achève son diplôme d’architecte à Yale, aux Etats-Unis, en 1962. Il y rencontre Norman Foster. A leur retour en Angleterre en 1964, ils fondent avec leurs épouses la « Team 4 », un cabinet reconnu pour ses conceptions architecturales inspirées des technologies.

« Notre Dame de la tuyauterie »

En 1968, il rencontre Renzo Piano, un Italien qui partage avec lui le souci d’une architecture flexible et anti-monumentale. Ils deviennent amis rapidement et « les deux mauvais garçons » comme ils aimaient s’appeler, remportent en 1971 le concours pour le nouveau musée d’art moderne de Paris, le futur Centre Pompidou.

Avec son dédale de tuyauteries aux couleurs primaires et sa grande esplanade ouverte, Beaubourg devient « Notre Dame de la tuyauterie » au moment de son inauguration en 1977. La peintre Sonia Delaunay prévient qu’elle préfère brûler ses toiles plutôt que d’exposer dans ce que d’autres considèrent comme une « raffinerie de pétrole ».

Un « humaniste » salué par le prix Pritzker

« La presse nous a fait vivre un enfer », expliquait alors Richard Rogers. « En sept ans, nous n’avons eu que deux articles favorables. Je ne sais pas comment on a pu finir ».

Son intérêt pour l’urbanisme, présent dès la conception de Beaubourg, prend corps avec le projet « London as it could be », présenté lors d’une exposition en 1986. En opposition avec les idées alors en vogue, il insiste sur la valorisation des espaces publics et sur l’importance de la transparence, porteuse de démocratie, « en rupture avec les hiérarchies anciennes dissimulées derrière les murs en maçonnerie ». Les jurés du Pritzker avait vu en lui « un humaniste qui nous rappelle que l’architecture est l’art le plus social ».

Devenu l’un des architectes les plus réputés au monde, Richard Rogers a accumulé pendant sa carrière quelque 400 commandes caractérisées par des structures légères, l’omniprésence d’éléments préfabriqués et l’expérimentation de matériaux de pointe.


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