Mais qui va sauver les églises et les cathédrales françaises


L'immobilier recrute ! Devenez négociateur immobilier ou partager l'info...


déjà été collectés, auprès de 35 donateurs. “Avec ces bonnes nouvelles, l’échéancier des travaux qui était prévu sur dix ans, devrait être ramené à quatre ans”, fait savoir Jean-Pierre Ghuysen, délégué régional, délégation Bretagne de la Fondation du patrimoine. 

100.000 édifices religieux

Mais cette cathédrale fait office d’exception. Le cadre réglementaire est contrasté dans le paysage religieux hexagonal. Et certaines communes n’arrivent pas à suivre. “Le problème pour les cathédrales qui ne sont plus des sièges épiscopaux, c’est qu’elles sont à la charge des communes, dont la surface contributive n’est pas très importante”, souligne Jean-Pierre Ghuysen. Aujourd’hui, la France compte 100.000 édifices religieux, toutes religions confondues : 51.000 sont des églises et des chapelles. Parmi lesquelles 2.000 appartiennent aux diocèses et 42.000 aux communes. Sachant qu’en 2021, le nombre de communes hexagonales était de 34.965.

La France compte par ailleurs 87 cathédrales qui appartiennent à l’Etat. Pour les 1.500 temples protestants, 548 synagogues, 1.131 mosquées, 163 temples boudhistes et 166 églises orthodoxes restants, les régimes sont différents. Leur cadre général dépend d’associations. Au sein de ces édifices religieux, un petit noyau bénéficie tout de même d’un cadre préservé, celui du classement au titre de patrimoine inscrit ou protégé. Soit 15.000 édifices au total, dont la majorité sont des édifices catholiques. “Pour ces édifices, il serait malhonnête de dire qu’ils sont en péril, parce que les communes sont aidées par l’Etat”, soulève Edouard de Lamaze, président de l’Office du Patrimoine Religieux.

Lire aussiEt si la cathédrale Notre-Dame de Paris était sauvée par des Américains?

Des églises transformées en brasserie

Il y a péril en la demeure pour toutes ces églises et ces cathédrales qui ne sont pas protégées. L’Office du Patrimoine Religieux a en effet constaté que 5.000 édifices religieux sont actuellement en “péril” ou “en souffrance”. Pour les sauver, il s’agit non seulement de mener une véritable politique pour inciter les communes à les entretenir, mais aussi de mener à bien la transformation des édifices qui ont été désacralisés. En 2020, 4 à 5 églises ont été détruites. A Calais, l’église Sainte-Germaine du Pont-du-Leu est ainsi menacée. Près de 37 édifices religieux ont pour leur part été transformés. Dont la moitié en espaces culturels ou collectifs. Et ce chiffre ne cesse de grimper au fil des ans. “Le problème devient de plus en plus crucial”, observe Edouard de Lamaze.

L’OPR alerte les pouvoirs publics sur certaines transformations qui ne semblent respecter aucune règle. Et de citer pour exemple l’église Saint-Nicaise de Rouen, qui accueillera d’ici à 2023 un projet de restaurant et de brasserie. Ou encore la chapelle de la Charité, à Caen, qui abrite désormais une salle de fitness, ainsi que des logements. “Il n’existe aucune contrainte, aucune restriction, aucun guide de protection pour conserver l’esprit architectural de ces lieux”, s’inquiète Edouard de Lamaze qui plaide pour la mise à disposition d’un guide de bonnes pratiques à l’usage des communes et des porteurs de projets.

Une cathédrale perdue tous les dix ou quinze ans

Sur les 90 cathédrales recensées en France par l’OPR, certaines ne sont pas entretenues, et semblent retenir leur souffle en silence. “Nous perdons une cathédrale tous les dix ou quinze ans en France, ce qui est honteux”, affirme le président de l’Office du Patrimoine Religieux. Comme le souligne Olivier Delépine, fondateur du centre d’interprétation Cathédraloscope, les cathédrales dépendent bien de l’Etat quand il y a un évêque. “Mais quand il n’y a plus d’évêque, elles dépendent de la commune où elles se trouvent, qui va avoir à sa charge l’entretien de ce bâtiment”. Or, Edouard de Lamaze juge que l’Etat ne se comporterait pas “en bon père de famille”. Mais l’entourage de la ministre de la Culture réfute ces accusations. “Nous avons augmenté nos efforts de façon spectaculaire”, fait-on savoir rue de Valois. Les crédits Monuments historiques étaient en effet de 340 millions d’euros en 2020, dont la moitié réservée au patrimoine religieux.

Roselyne Bachelot a également mis en place un plan de relance jugé “spectaculaire” par son entourage, doté de 614 millions d’euros pour le patrimoine. Dans ce cadre, un plan cathédrales sans précédent a été doté de 80 millions d’euros. Soit un doublement par rapport à 2019. Autres outils mis à disposition du patrimoine religieux, la Fondation du patrimoine qui a été créé en 2016 pour protéger le petit patrimoine non protégé via de la levée de fonds. Ainsi que la Mission Patrimoine dite Bern, qui a mis au point en 2019 le Loto du Patrimoine. Lequel a notamment permis la restauration de l’Abbaye Notre-Dame de Sénanque dans le Vaucluse qui figurait dans son édition 2019. 

Pour sauver les édifices en péril, l’OPR estime qu’il est indispensable de faire payer l’entrée de ces monuments. Et propose par ailleurs de prélever quelques centimes sur les taxes de séjours. Julien Lacaze va encore plus loin. Selon le président de Sites & Monuments, les églises et les chefs-d’oeuvre qu’elles abritent sont “le premier musée de France”. “Malheureusement, elles sont presque toutes fermées, et les oeuvres ne sont quasiment pas restaurées”. En ce sens, il réclame un grand plan de restauration des oeuvres dans les églises, qui aurait pour modèle le National Trust anglais.  

Mais qui va sauver les églises et les cathédrales françaises 1

Abbaye Notre-Dame de Sénanque / Crédit Lodi Franck/Sipa

 

 


L'immobilier recrute ! Devenez négociateur immobilier ou partager l'info...



Source

L’immobilier recrute ! Devenez négociateur immobilier ou Conseiller Patrimonial en Immobilier…