Art Paris : une des rares foires d'art contemporain à se tenir dans le monde

Art Paris : une des rares foires d’art contemporain à se tenir dans le monde

Publié le 4 sept. 2020 à 7:07

Il fut un temps, pas si reculé, où les foires étaient puissantes et attractives parce qu’elles montraient des artistes internationaux, représentés par des galeries du monde entier attirant des acheteurs de toute la planète. Une manière pertinente d’appréhender un panorama mondial de la création actuelle. Mais ça, c’était avant le virus… En mars 2020 les organisateurs de la foire d’antiquaires Tefaf de Maastricht ont décidé de maintenir l’événement et de nombreux visiteurs et exposants ont été contaminés sur place, ce qui occasionna une fermeture anticipée.

Depuis lors les manifestations qui regroupent un grand nombre de galeries internationales et aimantent les amateurs d’art de toute la planète ont déclaré forfait. Pas d’Art Basel ni d’Art Basel Miami Beach , si ce n’est virtuel. Idem pour Frieze , Art Dubai, La Biennale Paris ou Tefaf New York. Il semblerait que la foire leader française, la Fiac s’interroge encore puisqu’après avoir annoncé sa tenue effective du 22 au 25 octobre prochains elle envoyait le 1er septembre un questionnaire de consultation à ses visiteurs potentiels. Il est clair que privée des participants et collectionneurs américains, des Asiatiques et d’une partie des Européens elle perdrait son essence internationale incluse jusque dans son nom (Fiac : foire internationale d’art contemporain). Rien n’est donc vraiment décidé.

Revanche d’une franco-française

Contre toute attente, c’est une foire de qualité moyenne et à l’impact local qui tire aujourd’hui son épingle du jeu : Art Paris. C’est parce que justement elle est franco-française qu’elle peut exister et organise, sauf incident sanitaire de dernière minute, un vernissage dès le 9 septembre puis des journées accessibles à tous jusqu’au 13 septembre. Guillaume Piens, le directeur de l’événement, a anticipé les exigences sanitaires de la préfecture : « Fini le vernissage bain de foule. 3 000 personnes maximum seront acceptées sous la nef du Grand palais. Nous avons élargi l’allée centrale avec 38 stands supprimés pour 112 galeries présentes. Nous avons la conviction qu’il fallait offrir une possibilité de rencontre des galeries avec les collectionneurs, même si nous n’avons aucune certitude sur le niveau des transactions. Le virtuel n’est pas suffisant. »

Traditionnellement, malgré quelques efforts sensibles lors des dernières éditions, chaque année, la qualité générale de l’offre en Art contemporain à Art Paris, qui se tient ordinairement, entre la fin mars et le début du mois d’avril, laisse à désirer.

L’année dernière, Thomas Bernard qui dirige Cortex Athletico (voir encadré), une galerie sérieuse du Marais, avait réussi à faire venir une dizaine de professionnels talentueux. Cette année il ne revient pas. « J’ai démissionné du comité de sélection. Les organisateurs ne sont pas clairs. Il faut, plus généralement, repenser le système des foires. J’espère qu’on pourra de nouveau, et c’est la priorité, attirer le public de l’art dans nos galeries. Les conditions sanitaires y sont satisfaisantes ».

Shopping virtuel

Pour l’édition 2020 d’Art Paris, les organisateurs ont demandé au commissaire d’expositions Gaël Charbau, de faire une sorte de shopping virtuel, une sélection d’artistes remarquables parmi l’offre de la foire. Il a choisi 18 plasticiens de la scène française qui sont distingués sur les stands concernés par un texte explicatif. « Ordinairement les foires ne sont pas l’endroit idéal pour faire des découvertes mais c’est l’occasion ici de distinguer des artistes que je soutiens de longue date » explique le critique d’art.

Parmi eux, Edgar Sarin, (né en 1988), lauréat du prix Révélations Emerige en 2016. S’il est ordinairement défendu par la galerie Michel Rein, à Art Paris il est présenté sur le stand de la galerie Dilecta, spécialiste des éditions d’artistes. « Edgar construit un récit à travers des formes rudimentaires qui sont souvent des références à la religion comme ses calices qu’il modèle dans le savon » explique Gaël Charbaud (à vendre 2 000 euros).

La surprise de Perrotin

La grande surprise de cette édition d’automne de la foire tient à l’arrivée pour la première fois, d’un mastodonte du marché international : Emmanuel Perrotin. Il expose entre autres, Hans Hartung (1904-1989) le Franco-Allemand, star de l’abstraction, qui bénéficiait jusqu’en mars 2020 d’une vaste rétrospective au musée d’art moderne de la ville de Paris. La galerie refuse d’indiquer les prix demandés pour l’artiste mais, aux enchères, les transactions des derniers mois le concernant s’échelonnaient, selon la banque de données Artprice, entre 24 000 euros pour une toile de petit format de 1986 et 350 000 euros, pour une autre de format moyen datée de 1955.

Trompe-l’oeil géant de JR

Sur le stand Perrotin on ne devrait pas rater une grande photo (180 x 132 cm) de la très médiatique star du street art : JR. Réalisée pendant le confinement, elle représente une scène de rue dans laquelle figure au sol un collage de JR justement, un trompe-l’oeil géant montrant un homme regardant au travers d’un store (à vendre entre 40 000 et 50 000 euros dans une édition à trois exemplaires).

Parmi les nouveaux venus d’Art Paris on remarque aussi une galerie du second marché à l’offre éclectique, Jean François Cazeau, installé dans le Marais. Sur son stand seront présentées des oeuvres comme on en voit rarement dans les allées de la manifestation. C’est le cas d’une petite toile d’Auguste Renoir, un nu féminin de 1895 (à vendre 500 000 euros) ou des linogravures de Picasso de la fin des années 50 (à vendre entre 35 000 et 50 000 euros).

Art Paris reflète, à sa manière, les nouvelles mutations du marché de l’art. Dans les prochains mois il devrait subir de nombreux changements accompagnés de bouleversements dans l’établissement des valeurs des oeuvres.

http://www.artparis.com/fr

Rouillard au Palais de Tokyo

L’un des artistes de Cortex Athletico, Kevin Rouillard (né en 1989), lauréat récent du prix Sam pour l’art contemporain, est l’objet d’une exposition jusqu’au 13 septembre au Palais de Tokyo. Ses compositions abstraites et colorées, très esthétiques, sont faites de matériaux de récupérations (à vendre à partir de 4 000 euros à la galerie).

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