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Une baisse de loyer lors de travaux en cours de bail?


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Pour les locataires, des travaux en cours de bail constituent souvent une nuisance: perte de jouissance du bien si vous devez partir, troubles sonores si vous restez, possible dommage à vos biens personnels. Qui plus est, vous ne pouvez refuser les travaux que s’il s’agit d’un agrandissement, mais pas quand il s’agit d’une rénovation du bien. Dès lors, avez-vous la possibilité de demander une réduction de loyer face aux contraintes?

Quelle baisse de loyer pendant la réalisation des travaux?

La baisse de loyer en cas de travaux est prévue par l’article 1724 du Code civil, qui a été légèrement modifié suite au vote de la loi pour l’accès au logement et un urbanisme rénové (Alur) en 2014, venue élargir les possibilités d’indemnisation en imposant un rabais pour tous les travaux que le locataire ne peut pas refuser, qu’ils soient urgents ou pas.

Concrètement, ces deux législations distinctes prévoient que votre bailleur n’est pas tenu de vous indemniser si les travaux durent moins de 21 jours. Ce qui ne doit pas vous priver d’en faire la demande, car certains propriétaires acceptent malgré tout le principe d’une baisse de prix, même en l’absence d’obligation légale… En revanche, au-delà de 21 jours, le bailleur n’a plus le choix: il doit vous accorder une baisse de loyer!

Auquel cas, le prix du bail doit être diminué au prorata du temps des travaux et de la partie du logement dont vous allez être privé. Par exemple, si une pièce du logement représentant un quart du logement reste inaccessible pendant un ou deux mois, votre loyer doit forcément être diminué d’un quart aussi durant la période. Par ailleurs, si les rénovations effectuées au sein du logement sont si conséquentes qu’elles vous empêchent de vivre dans la maison ou l’appartement, devenu(e) de fait inhabitable, alors vous avez la possibilité d’exiger une résiliation du bail (si c’est ce que vous souhaitez bien entendu).

Ce droit à indemnisation du locataire est valable en toutes circonstances, même si le bail inclut une clause contraire, dont vous n’aviez pas mesuré la portée lors de la signature du contrat. Cette clause est toujours considérée par principe comme abusive, en vertu de l’article 4 de la loi n° 89-462 du 6-7-1989 tendant à améliorer les rapports locatifs.

La procédure que doit respecter votre propriétaire

Si le propriétaire de votre logement décide de réaliser des travaux en cours de bail, il doit respecter une procédure avant le début des travaux, qui est fixée par l’article 7 de la loi n° 89-462 du 6-7-1989 tendant à améliorer les rapports locatifs.

Il est notamment obligatoire pour le bailleur de vous informer à l’avance, en précisant dans un document la nature, l’étendue, la durée et les modalités des travaux devant être réalisés au sein du logement. Cette information vous est soit remise en main propre lors d’une visite, soit envoyée par lettre recommandée avec avis de réception. Si le bailleur n’a pas forcément besoin de votre accord pour réaliser les travaux, comme il est mentionné plus haut, il lui faut, ceci dit, votre autorisation pour les réaliser durant les jours fériés, les samedis et les dimanches. De manière générale, le propriétaire du logement doit donc prévoir de manière anticipée le déroulé complet des travaux, en se basant sur les conseils des professionnels contactés pour les mettre en œuvre, pour vous permettre de vous organiser. 

Dans le même ordre d’idées, lors de la réalisation du chantier, il doit s’efforcer de vous permettre, dans la mesure du possible, de continuer à vivre dans le logement. L’hypothèse d’un départ (même temporaire) doit demeurer une exception, en l’absence d’une autre solution satisfaisante. Cela relève de l’obligation de “délivrance” du logement, comme de l’obligation de “jouissance paisible“, prévues par la réglementation française et le bail.

Le bailleur peut-il augmenter votre loyer après les travaux?

La réponse est oui, parfois. Dans une certaine mesure, le propriétaire a le droit d’augmenter le loyer après des travaux de rénovation, d’amélioration et d’agrandissement du bien. Mais détail important: cette hausse du prix de la location ne peut avoir lieu que si vous avez (dès le départ) convenu ensemble des travaux réalisés par le propriétaire à ses frais, en sachant que la somme annuelle représentée par la majoration du loyer ne peut pas excéder 15% du coût réel des travaux (toutes taxes comprises) effectués (dans les zones tendues).

Cependant, il est interdit au bailleur de procéder à une hausse du loyer en cas de travaux réalisés pour une mise aux normes du logement, car cela relève de ses obligations légales. La majoration du loyer ne peut pas intervenir non plus à la suite de petits travaux, comme un simple coup de peinture sur les murs, par exemple. Pour pouvoir augmenter le loyer, des travaux conséquents, améliorant votre confort ou réduisant votre consommation d’énergie (climatisation, isolation, chauffage, fenêtres double vitrage), doivent être réalisés.

(Par la rédaction de l’agence hREF


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