Une oeuvre sortie d'un grenier à Toulouse vendue 3,47 millions d'euros 1

Une oeuvre sortie d’un grenier à Toulouse vendue 3,47 millions d’euros


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On appelle Toulouse la ville rose, mais on pourrait aussi l’appeler la cité aux trésors. Car en quelques années, sont sortis des greniers un ensemble assez hétéroclite de biens de très grande valeur, qui ont fait l’objet d’enchères millionnaires. Ce vendredi, c’était une oeuvre du peintre allemand gothique Bernhard Strigel (1460 – ­1528) qui passait sous le marteau du commissaire-priseur de la jeune maison de ventes Artpaugée. Estimé 800 000 euros et finalement adjugé 3,472 millions d’euros, ce vendredi, à un acheteur anonyme, après une bataille d’enchères qui a duré quinze minutes entre 7 collectionneurs internationaux.

Une oeuvre disparue des radars

Le parcours de ce panneau peint est exceptionnel. Réalisé en 1521, il faisait partie d’un retable (un tableau en deux parties placé derrière l’autel dans une église) de Notre-­Dame de Memmingen, église d’Allgäu, en Bavière. Le rétable a sans doute été démantelé à la Réforme et qui a quitté sa Bavière natale pour atterrir en France, en passant vraisemblablement par l’Alsace. On retrouve sa trace en 1816, dans la collection Dubois puis celle du comte de Saint-Morys et enfin chez un certain Berthon, dont les biens sont vendus en 1845, à la suite de sa faillite. A l’époque, cet panneau, montrant un ange vêtu d’une tunique jaune et tenant un encensoir, est attribué à Dûrer. Pourtant, après Berthon, il disparait totalement des radars. Jusqu’à ce que, presque deux siècles plus tard, la commissaire-priseur Pauline Maringe de la jeune maison de ventes Artpaugée, le découvre chez un particulier à la périphérie de Toulouse, où il était entreposé depuis les années 50.

Mais finalement identifié

Le panneau, non signé, et qui n’était pas attribué à un peintre à ce moment, intrigue Pauline Maringe, qui interroge aussitôt Philippine Motais de Narbonne, du cabinet d’expertise parisien Turquin. “J’ai senti que je tenais là un chef-d’œuvre, explique l’experte, le tableau était magnifique et dans un état miraculeux”. L’experte fait aussitôt le lien avec un autre panneau, L’Ange à l’encensoir, de Bernhard Strigel. Le peintre est peu connu et, selon Philippine Motais de Narbonne, n’a pas eu droit aux honneurs d’une exposition. Lors de deux grands voyages à Vienne, en 1515 et en 1520, il s’est imprégné de l’art de Cranach et de Dürer, qui travaillaient alors à la cour de l’empereur et intègre toutes les évolutions de la Renaissance. L’Ange à l’encensoir en est un exemple frappant. Mais alors qu’il est à dominante rouge, celui de Toulouse est plutôt de couleur jaune.

Philippine Motais de Narbonne, experte du cabinet parisien Turquin,

qui a finalement identifié l’auteur de cette oeuvre majeure,

qui dormait depuis des années dans une famille toulousaine

Tous deux semblent bien faire partie du même ensemble. Ce qui bouleverse les perspectives pour le panneau découvert à Toulouse. Car, L’Ange à l’encensoir a été vendu à Drouot en avril 2008 pour 1 million d’euros. Et il a ensuite été racheté – sans doute beaucoup plus cher – par le Louvre Abu Dhabi et figure, là-bas, en bonne place ! “Nous avons eu le luxe de pouvoir mettre un nom sur l’auteur, mais aussi de trouver un frère à l’œuvre”, explique Philippine Motais de Narbonne.

Toulouse, cité des trésors?

Ce panneau exceptionnel rejoint désormais la liste des œuvres majeures découvertes en Occitanie et plus précisément dans la région de Toulouse. En 2011, des sceaux impériaux chinois et une long (24 mètres) rouleau de papier présentant plus de 9000 cavaliers et fantassins étaient attribués 22 millions d’euros à de mystérieux acheteurs anonymes chinois. En 2019, un exceptionnel “Judith et Holopherne”, attribué au Caravage était acheté par le milliardaire et collectionneur américain James Tomilson Hill qui le destinerait au Metropolitan Museum of Art ou à la Frick Collection. Il avait été découvert dans un grenier à Toulouse en 2014. Enfin l’an dernier, deux tableaux de Jacob Jordaens trouvés dans un grenier toulousain et estimés 100 000 euros pièces étaient vendus chez Christie’s New York pour 270 000 euros. Après cela, on n’a qu’un conseil à donner aux Toulousains : tous à vos greniers!


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