Anticor demande la nomination d’un juge d’instruction 1

Anticor demande la nomination d’un juge d’instruction

Une enquête préliminaire pour favoritisme a été ouverte, en septembre 2021, par le Parquet national financier (PNF) à la suite d’une plainte déposée par Anticor en avril, qui dénonçait des montages financiers liés à deux opérations immobilières menées à L’Haÿ-les-Roses, dans le Val-de-Marne, ont appris Le Monde et l’AFP. La première concerne le réaménagement du quartier du marché Locarno, à quelques pas de la future gare Chevilly-Trois-Communes de la ligne 14 du métro. La seconde, la plus contestée, transforme le cœur de ville et les abords directs de la roseraie, laquelle, inscrite à l’inventaire des monuments historiques, abrite l’une des plus importantes collections de roses anciennes au monde.

Sans nouvelle jusque-là des suites que le PNF avait données à cette plainte contre X pour « favoritisme, détournement de biens publics, prise illégale d’intérêts et trafic d’influence », l’association anticorruption a déposé, fin janvier, une plainte avec constitution de partie civile. Le dossier d’enquête doit donc être désormais confié à un juge d’instruction.

Au cœur de la bataille, un projet immobilier – 136 logements, une place pavée, des commerces, des parkings – qui doit s’élever contre la roseraie, en lieu et place de tilleuls et de marronniers centenaires qui apportaient ombre et fraîcheur aux roses et permettaient, par contraste – les fondateurs l’avaient conçu ainsi –, d’apprécier la variété de teintes des fleurs.

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C’est un couple de retraités, des opposants au maire (Libres !), Vincent Jeanbrun, proche de Valérie Pécresse, qui mène la lutte aux côtés de militants du patrimoine. Colette Burnod, musicologue, qui a grandi dans la commune, voue une passion à la roseraie et s’inquiète de la disparition des arbres. Yves Burnod, son mari, ancien directeur de laboratoire à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, et spécialiste du cerveau, épluche, lui, les comptes rendus des conseils municipaux, le millier de pages du permis de construire et le traité de concession d’aménagement pour tracer les flux financiers.

C’est précisément les avenants au traité de concession qu’il scrute. Les deux projets ont été confiés à l’aménageur privé Citallios. Ce dernier, né de la fusion de quatre sociétés d’économie mixte, dont la SEM 92 et la SEM 78, est présidé par Vincent Franchi, premier adjoint et fils de la maire (LR) de Puteaux (Hauts-de-Seine), Joëlle Ceccaldi-Raynaud.

Tous les arbres ont été abattus

Dans les deux cas, estiment les opposants, la ville se sépare de terrains au profit de l’aménageur à des prix inférieurs à ceux du marché. Et ces parcelles sont ensuite revendues aux promoteurs, Bouygues et Emerige, à un prix bien plus élevé que celui indiqué dans le bilan. Or, Jérôme Karsenti, l’avocat d’Anticor, trouve curieux que « le maire cède de l’espace public à si bas prix sans contrepartie », alors que la loi le lui interdit.

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