Bellevilles, une vision alternative de la fabrique de la ville 1

Bellevilles, une vision alternative de la fabrique de la ville

Bellevilles, une vision alternative de la fabrique de la ville 2

Les fondateurs de la foncière Bellevilles.
© D.R.

Leurs parcours

« Nous avons pour objectif de porter une vision alternative et singulière au service des territoires sous le prisme de l’inclusivité, l’écologie et l’impact social. Une vision d’autant plus confortée par la crise sanitaire liée au coronavirus. » Alexandre Born, directeur général de la foncière Bellevilles, a l’intime conviction qu’il participe à faire bouger les lignes de la fabrique de la ville. Pour mieux témoigner de ses ambitions, il avance sa jeunesse et ses multiples expériences. Dont ses quatre ans passés chez le groupe Constructa avec lequel il participera à la conception de deux opus de bureaux emblématiques – #cloud.paris et La Marseillaise – avant de prendre les rênes du développement de l’agence PCA-Stream. Démangé par l’envie d’entreprendre un projet tourné vers « un immobilier mixte, sobre et solidaire, loin des segmentations héritées des années 1980, pour recréer de la mixité sociale », son discours séduit Jérémie Loevenbruck, spécialiste de projets sociaux et solidaires, et l’architecte François Gendre. Le trio hétéroclite se connaît sur le bout des doigts : ils ont fait classe ensemble à l’InsaToulouse. Il leur manque toutefois la vision et l’expertise d’un investisseur. Le trio devient quatuor avec l’arrivée de Sébastien de Hulster, de la foncière familiale De Watou, propriétaire de 550 commerces en France. « Trois ans auront été nécessaires pour écrire les fondations et l’ADN de Bellevilles, avec un lancement à l’automne 2019. »

Leur concept

Mise en orbite pour dessiner « le monde d’après » sur les territoires en difficulté, la jeune foncière s’accapare, en neuf mois, une quinzaine de projets en Île-de-France et en Occitanie. Tour à tour porteur de projet ou investisseur, Bellevilles prend aussi des participations dans des sociétés d’exploitation associées à des programmes, à l’instar des Halles de la Cartoucherie, à Toulouse. « Nous avons investi à hauteur de 20 % auprès de Cosmopolis – collectif regroupant des acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS) – sur ce futur tiers lieu de 13 000 m2 parsemé de gastronomie, coworking, sport et de culture », appuie Alexandre Born. Dans cette opération, le quatuor apporte son expertise et la confiance des banques sur la partie financière. « En résumé, nous sommes des facilitateurs de projet auprès de nos partenaires de l’ESS ! » Dans la Ville rose, la foncière solidaire porte un autre programme ambitieux : réactiver 12 commerces de proximité adossés à 15 logements pour redynamiser le quartier Croix-Daurade. « Sur ce type d’opération qui n’intéresse plus les grands investisseurs, nous ne visons pas la très haute rentabilité ! Au contraire, c’est le bon sens qui l’emporte dans notre modèle économique. Nous préférons apporter des services adaptés aux attentes des riverains et tisser une relation commerciale de long terme avec les acteurs locaux. » Au total, Bellevilles investira entre 30 et 35 M€ sur l’ensemble de ses projets d’ici fin 2021. 

Leurs ambitions

Pour décliner leur concept, les fondateurs de Bellevilles se rémunèrent sur les revenus locatifs perçus sur les projets dans les domaines du commerce, du résidentiel, du bureau et la vente de ces programmes à moyen-long terme. Aussi, comme le stipule Alexandre Born, « la sobriété guide la gestion de notre société, notamment sur les salaires ». « Nous préférons limiter les coûts aux frais liés à la mobilisation du capital et au fonctionnement », poursuit-il. Pour réaliser ses ambitions, le quatuor a structuré un premier tour de table via le financement participatif. Résultat ? En deux mois, Bellevilles a capté plus de 1 M€ portés par près de 500 investisseurs – dont un certain nombre de dirigeants de l’immobilier – contre un taux de rendement de 5 % (garanti par De Watou) promis à ceux qui ont pris un ticket dans la foncière. « Dans la lignée de cette levée de fonds citoyenne, nous ferons prochainement appel aux investisseurs institutionnels. » Souhaitant accompagner plusieurs opérations immobilières dans les zones à forte pression foncière à horizon cinq ans, la jeune structure Bellevilles dit refuser « les projets hors sol, d’artificialisation des sols et non économiquement viables ». Un discours qui devrait sans nul doute séduire les nouveaux élus municipaux de France et de Navarre.


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