Photo extraite de la série « Pursuit of Happiness » (2013-2014). La Résidence du Parc a Lésigny (Seine-et-Marne).

La revanche du pavillon de banlieue

Photo extraite de la série « Pursuit of Happiness » (2013-2014). La Résidence du Parc a Lésigny (Seine-et-Marne).

Longtemps, ils ont dû se justifier. Répondre aux questions des invités parisiens qui consen­taient, moyennant promesse de barbecue, à s’acheminer en RER jusqu’à leur banlieue. « Vous ne vous ennuyez pas trop, ici ? » Longtemps, les habitants des pavillons ont eu de l’espace sans en mener large. Jusqu’à l’ère du Covid-19, son confinement de printemps, son reconfinement d’automne, jusqu’au télétravail et aux week-ends canapé. Heure de gloire de la maison individuelle.

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« La revanche des pavillons de banlieue se confirme. » Sur le réseau social Twitter, Benjamin boit du petit-lait. Tout juste quadragénaire, ce consultant en informatique habite Villecresnes, aux confins du Val-de-Marne et de la Seine-et-Marne, depuis 2009. A l’époque, « le pavillon dans un bled de banlieue, c’était le truc ringard de l’informaticien à chemisette, des vieux films avec Pierre Richard où le chauffe-eau explo­se ». Sa femme et lui ont été les premiers de la bande de copains à lâcher le trois-pièces du 20e arrondissement parisien pour « une maison Phénix des années 1970 ». « On ne se voyait pas élever notre enfant sans jardin… »

Et en prime, le potager

Une fois « tout pété », voilà le pavillon préfabriqué devenu « classe » aux yeux du fier bricoleur : 85 m2 de plain-pied, 160 m2 avec le sous-sol semi-enterré aménagé « en espace de coworking » où le couple télétravaille. Les enfants ont le droit de courir dans la maison, de marcher seuls jusqu’à l’école, d’assister à la séance de ciné du vendredi soir, avec ­vidéoprojecteur dans l’ancien garage…

« Pendant le confinement, j’avais le sentiment d’être au paradis à côté des potes parisiens dans leurs 60 m2 avec des enfants en bas âge. » Benjamin, quadragénaire, à Villecresnes (Val-de-Marne)

« Je vis ma meilleure vie, assure le travailleur indépendant. Pendant le confinement, j’avais le sentiment d’être au paradis à côté des potes parisiens dans leurs 60 m2 avec des enfants en bas âge. » Même plus le bruit des avions de l’aéroport d’Orly et, en prime, le potager qui commençait à donner. « Il y avait un côté survivaliste. Parce que, pour l’autosuffisance, c’est chaud, les tomates cerises sur le balcon ! » L’ironie pointe face au renversement de hype résidentiel. « De temps en temps, tu balances une petite photo de toi dans une chaise longue sur ta terrasse, en pleine visioconférence… Pas trop souvent : on est humain ! »

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