Les gratte-ciel chinois n’arrivent plus à grandir

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Ils devaient détrôner la Shanghaï Tower, qui domine le ciel chinois, du haut de ses 632 mètres. Mais de Suzhou, à l’ouest de Shanghaï, à Wuhan, dans le centre de la Chine, des projets de tours démesurées pointent encore vers le ciel les barres de métal des échafaudages, couronnes d’épines qui révèlent les tracas des promoteurs immobiliers chinois. Ainsi, à Wuhan, grosse ville traversée par les eaux grises du Yangzi, dans le Hubei, China Construction Third Engineering Bureau a annoncé, le 30 octobre, qu’il suspendait la construction d’une tour, faute de paiements par l’un des principaux promoteurs chinois, Greenland Group, rapporte le Financial Times. D’après le quotidien anglais, plus d’une douzaine de gratte-ciel prévus pour dépasser les 300 mètres sont suspendus ou en retard dans l’empire du Milieu actuellement. Ces projets de prestige, particulièrement coûteux, sont les plus exposés aux retournements de conjoncture, notamment en cas de resserrement des conditions du crédit.

Autre projet stoppé dans les airs : le Zhongnan Center, à Suzhou, ville célèbre pour ses jardins et ses canaux. La tour devait être la deuxième la plus haute du monde, à 729 mètres, après la Burj Khalifa (828 mètres), à Dubaï. Mais la construction a été stoppée peu de temps après le début des travaux, en 2015. Même à l’autre bout du monde, à Los Angeles, un projet de trois tours en plein quartier d’affaires est en suspend, faute de paiement par Oceanwide Holdings, un promoteur basé à Pékin, poursuivi en justice par plusieurs sous-traitants américains.

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Des bureaux inoccupés

En cause, l’accès au crédit devenu difficile. Après un précédent ralentissement du secteur immobilier il y a quatre ans, la Chine avait ouvert les vannes du crédit fin 2015. Résultat : les prix se sont envolés (+ 26 % à Shanghaï en 2016) et une kyrielle de nouveaux projets se sont lancés. Mais, face au risque de surchauffe, les autorités ont fait marche arrière : depuis fin 2017, la priorité est à la lutte contre les risques financiers.

Pour les promoteurs, cela s’est traduit par des difficultés de financement. Mais aussi par un effort de gestion, qui porte aujourd’hui ses fruits : « Les stocks sont à un niveau beaucoup plus sain que lors du dernier ralentissement », rassure Chris Yip, analyste pour Standard & Poor’s. Pour ce spécialiste, le marché immobilier devrait stagner en 2020, mais il ne croit pas à une crise majeure : « Les prix baissent dans certaines villes, mais la demande est toujours là. Si les promoteurs proposent des rabais, les ventes devraient repartir. »

L’immobilier commercial souffre, en revanche, davantage : en raison du ralentissement de l’économie, la demande de bureaux a ralenti. D’après le cabinet de conseil Cushman & Wakefield, le taux de vacance a atteint 20 % dans les dix-huit plus grandes villes chinoises, au troisième trimestre, contre 16,7 % un an plus tôt.

Le Wuhan Greenland Center, photographié le 1er avril 2017. La construction de la tour est actuellement en pause depuis plus d’un an.
Le Wuhan Greenland Center, photographié le 1er avril 2017. La construction de la tour est actuellement en pause depuis plus d’un an. Baycrest / CC BY-SA 2.5

Avec 36,2 % de bureaux non occupés au troisième trimestre, la ville de Wuhan est la plus en difficulté. Conséquence, le Greenland Center, qui avait déjà dû être revu à la baisse de 636 à 475 mètres, à cause du passage d’avions à proximité, pourrait bien ne jamais trouver de locataires. Aujourd’hui, ce projet à 30 milliards de yuans (3,8 milliards d’euros) situé sur la rive du fleuve n’avance plus.

Pour Chris Yip, le surplus de bureaux est réel : « Je n’appellerais pas ça une crise, mais plutôt un fardeau qui pèse sur le secteur. Il y a trop de bureaux et trop de bâtiments commerciaux. Certains arrivent encore à gagner de l’argent, mais il faut être très attentif au moment de sélectionner les lieux où seront construits les bâtiments, et pendant la réalisation du projet. »

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