L’inflation et les incertitudes économiques pèsent sur le marché immobilier

A l’issue des confinements des printemps 2020 et 2021, le dynamisme des ventes de logements anciens avait surpris, et les deux années se sont achevées sur un record de 1,2 million de transactions. Il n’en est rien en 2022, dont les premiers mois marquent un recul dû à l’attentisme des acheteurs. Jean-Marc Torrollion, président de la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim), anticipe, pour l’année, une baisse de 15 % à 20 % des ventes. Ce qui, avec un peu moins de 1 million, n’en ferait cependant pas une année noire.

Les premiers résultats communiqués par les notaires du Grand Paris, jeudi 31 mars, s’accordent sur cette prédiction, puisque, entre novembre 2021 et janvier 2022, ils enregistrent 38 160 transactions, soit 14 % de moins comparativement à la même période il y a un an. « Mais les volumes de ventes restent supérieurs de 5 % à leur moyenne des dix dernières années », nuancent-ils.

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Le site d’annonces Bien’ici, qui publie les offres de 12 000 agents immobiliers et mandataires, remarque qu’elles restent en ligne un peu plus longtemps : quarante-cinq jours en moyenne en janvier 2022, contre quarante en août 2021. En outre, les intentions d’achat dans les douze prochains mois fléchissent de 9,5 % à 7,1 % des internautes qui les consultent. Le nombre de mises en contact par annonce est aussi à la baisse, notamment en Bretagne et en Normandie – des régions, il est vrai, en surchauffe depuis deux ans.

L’attentisme se lit aussi dans les prix, qui stagnent ou fléchissent. « L’érosion se prolonge dans la capitale, constatent les notaires, avec un recul du prix moyen du mètre carré de 1,6 % depuis le 1er novembre 2021, pour s’établir à 10 440 euros. » « Comparée au point haut de l’été 2020, la baisse atteint 4 %, commente Thomas Lefebvre, directeur scientifique de MeilleursAgents. Même si elle n’efface pas les presque 20 % de hausse de ces cinq dernières années, elle traduit une perte d’attractivité de la capitale. Le mètre carré repassera-t-il au-dessous de la barre symbolique des 10 000 euros ? », s’interroge-t-il, en précisant : « Je ne crois cependant pas à une baisse spectaculaire des prix parisiens. »

« La clé du phénomène, c’est le crédit » 

Dans les grandes villes, la hausse n’est plus d’actualité. Elle fait plutôt place à la stabilité. Selon le site MeilleursAgents, le prix du mètre carré à Lille n’a que peu varié (– 0,5 % entre le 1er janvier et le 1er avril 2022). Il en va de même à Nice (– 0,1 %), à Lyon (+ 0,1 %), à Bordeaux, Toulouse, Montpellier et Strasbourg (+ 0,3 %). Il n’a pas bougé à Rennes ou à Nantes. Marseille est la seule à se distinguer en poursuivant sa hausse, de 0,8 % au premier trimestre (en réalité, elle rattrape son retard). Les zones rurales, elles, ne connaissent pas ces variations. Les prix y progressent toujours, d’après MeilleursAgents, de + 1,2 % ce trimestre.

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