Sans-abri : les 43 000 places d'hébergement ouvertes depuis la crise sanitaire, prolongées jusqu'à fin mars 2022 (ministère) 1

Sans-abri : les 43 000 places d’hébergement ouvertes depuis la crise sanitaire, prolongées jusqu’à fin mars 2022 (ministère)


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La ministre en charge du Logement Emmanuelle Wargon.
© MARTIN BUREAU / AFP

Précipité par l’épidémie de Covid-19, l’effort sans précédent consenti pour aider les sans-abri va se prolonger pour dix mois au moins : le gouvernement a annoncé vendredi qu’il garderait les 43 000 places d’hébergement d’urgence créées depuis le premier confinement ouvertes jusqu’à fin mars 2022.

« On ne remettra personne à la rue à l’issue de la trêve hivernale », exceptionnellement prolongée cette année jusqu’au 1er juin 2021, a expliqué le ministère du Logement à l’AFP, qui a décidé de « pérenniser » les places créées depu is un an « jusqu’à la fin du mois de mars 2022 » au moins.

De quoi soulager les associations, qui craignaient un retour à la rue de ces 43 000 personnes hébergées en urgence, pour moitié grâce à des accords avec une hôtellerie en mal de touristes, afin de répondre à la situation inédite provoquée par le nouveau coronavirus et l’injonction faite à chacun de se confiner.

Au total, plus de 200 000 sans domicile fixe sont actuellement hébergés dans des centres d’hébergement ou des hôtels. Maintenir les places créées depuis mars 2020 va coûter 690 millions d’euros, ce qui doit porter le budget annuel consacré à l’hébergement d’urgence à 2,9 milliards, selon le ministère.

Cette décision suspend surtout la gestion des places « au thermomètre », décriée de longue date par les associations, qui consistait à abriter les plus précaires l’hiver avant de les renvoyer chaque printemps dans la rue.

Au-delà de mars 2022, « il faut que ces places soient pérennisées de manière définitive », insiste Florent Guéguen, le directeur général de la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS).

Pour lutter contre le sans-abrisme, le gouvernement compte également sur son plan pour le « Logement d’abord », qui a permis d’installer 235 000 personnes dans des logements durables depuis son lancement fin 2017.

Les préfets doivent recevoir des instructions pour « accélérer l’attribution de logements très sociaux » aux sans-abri, a détaillé le ministère. Le programme favorise aussi leur sortie du système d’hébergement d’urgence vers des pensions de familles et développe le recours à l’intermédiation locative ; des propriétaires privés louant leur logement à des associations qui le sous-louent à bas prix à une personne en difficulté, grâce à une aide complémentaire de l’État.

Ces efforts restent toutefois « insuffisants », selon les associations, qui craignent un afflux de nouveaux pauvres créés par l’épidémie et redoutent la reprise des expulsions locatives. Selon la Fondation Abbé Pierre, plus de 30 000 ménages sont actuellement menacés.

Face à cette situation, la ministre déléguée au Logement Emmanuelle Wargon a récemment pris une circulaire demandant aux préfets que toute expulsion soit assortie d’une proposition de relogement ou d’hébergement.


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