Un grand parc pour transformer l’esplanade de la Défense

L’un des jardins les plus fréquentés de France est certainement le plus méconnu. Il faut dire que l’œuvre du paysagiste américain Dan Kiley occupe le cœur du quartier d’affaires de la Défense, dans les Hauts-de-Seine, davantage associé aux tours de verre et d’acier qu’à ces scènes de jeunes boulistes, badge d’entreprise autour du cou, qui jouent, le midi, sous des platanes cinquantenaires. C’est pourtant précisément ce jardin créé en 1972 à l’ouest de la capitale, « troisième de l’axe majeur de Le Nôtre », presque aussi long que celui des Tuileries, et des Champs-Elysées, que le paysagiste Michel Desvigne et ses équipes ambitionnent de transformer en « parc », d’ici à 2027.

L’afflux de superlatifs et de slogans accrocheurs ne manque pas dans les présentations de ce projet à 30 millions d’euros porté par l’Etablissement public Paris la Défense (PLD). Ils sont à la hauteur de la tâche à accomplir pour « végétaliser 60 % de l’espace public » d’un quartier minéral, posé sur une dalle de béton, sous laquelle passent RER, métros, voitures et autoroutes.

« Mais cela n’a rien d’un “greenwashing” », insistait le paysagiste, mardi 28 juin, lors d’une présentation, dans les locaux de l’aménageur. « Nous avons une responsabilité historique de dessiner un grand espace public parisien », là où des dizaines de milliers de salariés, des milliers d’habitants cherchent où s’asseoir, flâner, déambuler, en semaine et le week-end. Un impératif, aussi, d’adapter l’urbanisme des années 1970 aux réalités climatiques contemporaines. Sur l’esplanade, les effets de réverbération et d’îlot de chaleur urbain sont puissants.

Des arbustes, des buissons, des pelouses

Du tracé du jardin originel, qui s’étend entre les bassins Agam et Takis, c’est-à-dire entre la place centrale de la Grande Arche et le belvédère, à l’est, qui regarde vers Paris, Michel Desvigne garde la trame classique, sur laquelle les tours ont une vue plongeante. Il ne touche pas aux 450 platanes, « en bonne santé », qui bordent l’esplanade. « Preuve que lorsque le jardin de dalle est bien fait, avec une bonne étanchéité, il dure », commente-t-il au passage. Il n’ajoute pas de grands sujets non plus, ce qui nécessiterait une profondeur suffisante ou de creuser de nouvelles fosses ; techniquement difficile, et discutable sur le plan du bilan carbone. Non, il plante des arbustes, souvent à fleurs, des buissons, il sème des pelouses, « ajoute des strates », comme il dit, mais en nombre.

Sur les images, les carrés organisés alternent avec une végétation plus spontanée. Les grandes pelouses, avec des espaces plus intimes. Dans le canyon central, le sol rehaussé facilitera les liens avec les villes voisines de Puteaux et de Courbevoie, dans les Hauts-de-Seine, assure-t-il. Et si tout se réalise comme le paysagiste l’imagine, quand on regardera vers Paris, « l’Arc de triomphe sera posé sur un axe végétal ».

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