Un référendum clé à Berlin sur l’avenir de la politique du logement 1

Un référendum clé à Berlin sur l’avenir de la politique du logement


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C’est le scrutin derrière le scrutin, un vote local, mais qui a valeur symbolique pour toute l’Allemagne : dimanche 26 septembre, en même temps que l’élection pour le renouvellement du Bundestag et de la mairie de Berlin, se tiendra dans la capitale un référendum d’initiative populaire sur le sujet hautement sensible de la politique du logement. Les Berlinois sont appelés à répondre à la question de savoir si les grands propriétaires immobiliers – ceux qui possèdent plus de 3 000 appartements – doivent faire l’objet d’une expropriation, afin de communaliser les logements. En cas de vote positif, la ville pourrait être amenée à consacrer 30 milliards d’euros pour racheter plus de 240 000 appartements.

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Controversée, l’initiative a quelques chances d’aboutir. 359 000 signatures ont été recueillies par les organisateurs du référendum, un record pour un scrutin de ce genre. Selon les sondages, un Berlinois sur deux pourrait voter en faveur du oui. Un résultat positif, même s’il n’est pas contraignant pour la future mairie, sera un avertissement sur la politique du logement dans la capitale, mais aussi dans les autres métropoles allemandes, où la cherté des loyers est devenue la troisième préoccupation de la population, juste derrière le climat et les retraites.

Taux record de locataires

Si le référendum berlinois est inédit, c’est que la ville occupe une place à part en Allemagne. Berlin a tellement gagné en attractivité et en habitants depuis 2010 que les prix des loyers ont été multipliés par deux, sans que le salaire moyen augmente au même rythme. L’offre de logement accessible à la location est extrêmement réduite. A ceci s’ajoute un taux record de locataires : 83 %, ce qui rend les habitants particulièrement sensibles aux évolutions des prix. Dans certains quartiers, la population s’est entièrement renouvelée en une décennie, à mesure que la rénovation des bâtiments permettait à leurs propriétaires d’imposer des loyers plus élevés. Partie des zones centrales, la pression à la hausse gagne de plus en plus les quartiers périphériques. Autrefois métropole très accessible, refuge des artistes et des amateurs de techno, Berlin est devenue en une décennie un endroit où se loger devient compliqué et cher, même pour les classes moyennes.

La candidate est plutôt d’avis qu’il faut suivre l’exemple de la ville de Hambourg, qui a réussi à stopper la hausse des prix par une accélération de la construction

Peu étonnant, dès lors, que l’angoisse s’exprime dans la rue. Les deux grandes compagnies immobilières, Deutsche Wohnen et Vonovia sont au cœur des critiques lors de manifestations régulières contre les prix trop élevés des logements. Ces deux groupes cotés en Bourse font partie des investisseurs qui ont racheté d’immenses lots de logements à Berlin dans les années 2000. La municipalité, très endettée et gestionnaire d’un immense parc immobilier hérité de l’ancienne RDA, avait décidé d’en privatiser une partie. Depuis, Deutsche Wohnen et Vonovia sont, à tort ou à raison, devenus les symboles de la spéculation immobilière dans la capitale. Acculés, soucieux de faire baisser la pression, les deux groupes ont déjà rétrocédé, mi-septembre, 14 500 logements à la municipalité, pour 2,4 milliards d’euros.

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