Villages vivants, une foncière solidaire

La dévitalisation des territoires ruraux est aujourd’hui un phénomène largement médiatisé. « Quand nous avons commencé en juin 2018, ce n’était pas le cas », se souvient Raphaël Boutin Kuhlmann, cogérant et responsable de l’immobilier chez Villages vivants. La structure tente de répondre aux problèmes de la désertification des campagnes, de l’abandon des villages et de la paupérisation des centres-bourgs avec la disparition des commerces et services de proximité et, par conséquent, la perte de lien social. Pour faire revivre les campagnes, Villages vivants aide les porteurs de projets confrontés à un problème immobilier en leur proposant de devenir leur propriétaire solidaire.

Cette société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) achète, rénove et loue des locaux identifiés par leurs futurs usagers afin qu’ils y installent leur activité, tout en les accompagnant dans leur parcours. Les projets installés sont choisis pour leur impact social et leur ancrage dans l’économie sociale et solidaire : café associatif, épicerie coopérative, magasin de producteurs, microcrèche, tiers lieux, réparation de vélo… « Ces lieux participent au développement de modèles plus solidaires, coopératifs ou en circuits courts. Ils participent à construire une société plus juste », indique le cogérant de Villages vivants.

Accompagner et conseiller

Pour financer l’achat de ces lieux et leur rénovation, la SCIC fait appel à des épargnants particuliers, mais aussi à des entreprises, des collectivités locales et aussi des fonds d’investissement solidaires. La foncière solidaire a levé début octobre 1,8 million d’euros auprès de la Banque des territoires, France active investissement, Ecofi, la Banque populaire Auvergne-Rhône-Alpes et Mirova, dans une opération coordonnée par le Crédit coopératif. Ces investisseurs ont ainsi rejoint les associés fondateurs. Villages vivants a l’ambition d’investir 15 millions d’euros dans les dix prochaines années.

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Le rôle de l’organisation n’est pas uniquement celui d’une foncière qui achète des murs pour les louer ensuite. Elle accompagne et aide les activités qui naissent dans ces locaux en leur prodiguant des conseils de gestion ou en leur offrant une franchise de loyer d’un an qui peut être répartie sur trois ans. La structure développe aussi une activité de conseil auprès des collectivités locales afin de réinvestir les boutiques vides sur leur territoire et pour nourrir des stratégies de dynamisation.

Implanté à Crest (Drôme), Villages vivants met en place des projets dans la Drôme, l’Ardèche, la Loire, l’Isère et Rhône. « Nous prévoyons en 2021 un démarrage de notre déploiement sur les parcs naturels régionaux du Massif central, mais nous devons d’abord faire face à beaucoup de demandes locales », explique Raphaël Boutin Kuhlmann. La SCIC veut, chaque année, réaliser 7 à 10 opérations immobilières. Les prochaines : une brasserie guinguette dans le Vercors, un café multi-activités en Isère et un café jeux en Ardèche.

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