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L’équation est simple: privés de sorties (et de dépenses) par la pandémie, inquiets pour leur avenir, les Français ont rempli leurs bas de laine ces derniers mois. L’encours du Livret A et du LDDS (Livret développement durable et solidaire) tutoyait les 455 milliards en début d’année. Au grand dam de Bercy, qui préférerait voir cet argent dépensé ou investi de façon plus productive. Mais malgré leur succès, les livrets restent loin, très loin de détrôner l’assurance-vie, dont l’encours s’élevait à 1 786 milliards d’euros fin janvier. De leur côté, les Plans d’épargne retraite (PER) atteignent déjà 13,4 milliards d’euros, un an après leur lancement. Ces enveloppes, auxquelles s’ajoute le Plan d’épargne en actions (PEA), ont un point commun: elles permettent aux particuliers d’investir sur les marchés financiers via des fonds.

L’objectif est le même: dégager une performance supérieure à celle du fonds en euros, dont le rendement 2020, sans risque, devrait plafonner entre 1% et 1,5%. Ces fonds tournés vers les marchés financiers sont accessibles via l’assurance-vie, le PER et le PEA. Et ils sont de plus en plus souvent responsables, c’est-à-dire qu’ils intègrent des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans leur gestion. Et la vague ne fait que commencer. En effet, depuis le 1er janvier 2020, les

contrats d’assurance-vie ont l’obligation de proposer au moins une unité de compte labellisée ISR, Greenfin ou Finansol aux épargnants. Et dans quelques mois, à partir du 1er janvier 2022, il leur faudra proposer au minimum un fonds de chaque type. Cette contrainte, inscrite dans la loi Pacte de 2019, fait véritablement passer la finance durable à la vitesse supérieure. “La collecte a déjà atteint 3 milliards d’euros l’an dernier sur nos unités de compte gérées avec des filtres ESG : la demande des épargnants pour ce type de produits est réelle”, témoigne Vincent Damas, directeur RSE de CNP Assurances, dont les contrats intègrent déjà 42% d’unités de compte labellisées.

Offres bancaires

Quant aux banques, elles se mettent elles aussi à la finance durable, comme l’illustre l’initiative de Société générale. L’établissement a lancé en février une nouvelle gamme de vingt fonds responsables ou verts gérés par des sociétés de gestion spécialisées dans ces thématiques, comme Amundi, BlackRock, DNCA Finance, La Financière de l’Echiquier ou Mirova. Accessible dès 50 euros, cette offre est désormais proposée dans l’assurance-vie ou le PEA à l’ensemble des clients du réseau. “Nous avons fait appel à des sociétés de gestion reconnues dans chaque classe d’actifs. L’idée est de montrer qu’on peut investir responsable sans sacrifier la performance”, note Guillaume Derrien, directeur du projet Nouvelle génération d’épargne de la banque.

Car choisir un fonds durable n’est pas qu’un acte militant: l’épargnant ne renonce en rien à des résultats élevés. “Les études démontrent que l’ISR est au moins aussi performant que les indices classiques sur moyen et long terme, tout en réduisant le risque. Il faut en finir avec la suspicion de sous-performance”, confirme Olivier de Berranger, directeur général en charge de la gestion d’actifs de La Financière de l’Echiquier. Selon son étude publiée en février, l’indce MSCI Europe a progressé de 104% entre 2010 et 2020, contre 158% pour sa version responsable, le MSCI Europe SRI. “L’ISR a particulièrement bien résisté en 2020, car les valeurs les mieux notées en matière environnementale, sociale et de gouvernance sont des entreprises de qualité présentant des bilans sains. Elles ont été recherchées dans un contexte de crise”, ajoute Olivier de Berranger.

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Critères très variables

Reste à choisir les produits correspondant à ses attentes. Une décision complexe, car il s’agit d’un univers très étendu: il existe 911 fonds durables en France pesant la bagatelle de 461 milliards d’euros, d’après Novethic. Il est désormais possible d’investir son patrimoine financier en fonds ISR dans le cadre d’une allocation d’actifs diversifiée géographiquement, y compris sur les petites et moyennes valeurs, en actions et en obligations.

Avec des nuances. Certes, le principe global de la prise en compte de critères ESG est commun à tous, mais les process varient d’un établissement à l’autre. Chacun détermine ses critères à passer au crible et leur prise en compte dans la construction des portefeuilles. Ainsi, Sycomore Asset Management scrute environ 80 éléments, allant du taux de fréquence des accidents du travail à la gestion des risques environnementaux en passant par la politique de rémunération des entreprises. Il s’agit d’obtenir des critères objectifs servant à calculer une note ESG globale, comprise entre 1 et 5. “Nos fonds labellisés ne peuvent investir que dans des valeurs ayant obtenu au minimum une note de 3, explique Emeric Préaubert, cofondateur de Sycomore AM. Ainsi, Schneider et Legrand figurent parmi ses meilleurs élèves européens avec une note ESG de 4,2 sur 5.

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Approches thématiques

De son côté, LBP AM, la filiale de La Banque postale, est passée à la vitesse supérieure depuis deux ans : l’ensemble de ses fonds ouverts – un peu plus d’une centaine – est désormais labellisé. “Conformément aux exigences du label ISR, nous excluons les 20% de valeurs les moins bien notées selon notre modèle d’analyse extra-financière”, assure Adrienne Horel-Pagès, la directrice engagement durable, RSE et communication de LBPAM, qui note plus de 9 000 sociétés dans le monde. “Notre méthodologie propriétaire fait la part belle aux enjeux sociaux. De plus, nous mettons l’accent sur les entreprises qui participent activement au développement des territoires, un thème cher à La Banque postale”, ajoute-t-elle.

Un choix différent de celui de La Financière de l’Echiquier, qui surpondère systématiquement le critère de la gouvernance dans ses notes ESG. Celle-ci compte pour 60% de la note, tandis que le social et l’environnemental se répartissent les 40% restant, dans des proportions variables selon les secteurs. “En effet, nous considérons qu’une bonne gouvernance est cruciale, car elle impulse des politiques RSE de qualité”, précise Olivier de Berranger.

Autre maison, autre process. “Nous faisons varier le poids de chaque critère E, S et G dans la note globale des 12 000 sociétés que nous analysons, en fonction du secteur d’activité” , indique Béatrice Verger, responsable du développement et de la promotion ISR à BNP Paribas AM. La banque propose à la fois des produits actions ou obligations qui ont pour objectif de battre des indices classiques et des fonds ISR sur des thèmes comme l’eau, la transition énergétique ou le développement humain. « Ils sont investis dans des entreprises qui apportent des solutions aux enjeux de demain et permettent au souscripteur de donner un sens à son épargne car les thématiques sont concrètes », analyse Béatrice Verger.

De plus en plus de gestionnaires sont séduits par l’approche thématique, adoptée par 236 fonds pour un total de 120 milliards d’euros, selon Novethic. La moitié s’intéresse à l’environnement. “Il ne suffit pas d’acheter des fabricants d’éoliennes ou de panneaux solaires pour lancer un fonds thématique : nous incluons aussi les autres critères liés au social et à la gouvernance”, rappelle Emeric Préaubert, à Sycomore AM, dont le fonds Sycomore Eco Solutions cible la transition écologique.

Un crowdfunding version vertueuse

Enfin, les plateformes de financement participatif n’échappent pas au raz-de-marée de l’investissement socialement responsable, avec notamment Babyloan, Lita.co, Miimosa, Sowefund ou encore WiSeed. Pour mémoire, le crowdfunding permet à des particuliers de prêter de l’argent ou de financer, sous forme de capital, des entreprises ou des structures de l’économie sociale et solidaire (ESS).Selon les cas, l’épargnant peut bénéficier d’une rémunération et/ou d’un avantage fiscal. Ainsi, Lita.co propose de financer des structures de l’ESS sous forme d’actions ou d’obligations dès 100 euros. Les 50 000 investisseurs inscrits depuis 2014 ont placé 40 millions d’euros et pu obtenir une réduction d’impôt. De son côté, Miimosa permet de prêter de l’argent pour des projets dans l’agriculture et l’alimentation, avec des intérêts de 2 % à 7 % par an.Une exploitation agricole de production de pommes de terre dans l’Essonne a ainsi collecté 300 000 euros début mars : un prêt rémunéré 4 % par an.

Agnès Lambert


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