Quand la blockchain dématérialise l’art


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Kamel Mennour jubile. Ce galeriste parisien engagé, qui depuis trente ans promeut l’avant-garde et aime “explorer de nouveaux territoires”, est le premier à lancer en France la vente d’une œuvre NFT.  Signée du collectif Obvious, un trio de jeunes artistes français, l’œuvre, intitulée Portraying, est en vente jusqu’au 22 avril sur la plateforme spécialisée SuperRare. 

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“Bellum Tempus”, 2021, Algorithmes GANs, NFT créé sur SuperRare. Un des portraits du projet intitulé Portraying du collectif Obvious avec Kamel Mennour © Obvious / Kamel Mennour, Paris/London

Mais de quoi parle-t-on au juste? Un NFT, c’est un “jeton non fongible”, autrement dit une pièce digitale unique. Il peut contenir un document juridique (contrat, certificat d’authenticité) mais également une photo, une vidéo ou fichier MP3, qui, si elle émane d’un artiste, revendiquera le statut d’œuvre. Le marché de l’art s’en est emparé et la frénésie, partie des Etats-Unis, gagne l’Europe.

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Toujours pas clair? “Personne n’y comprend rien, acquiesce Kamel Mennour. Les collectionneurs d’art sont perdus”. Précisément, le galeriste est fasciné par la collision entre le monde des collectionneurs traditionnels et celui des développeurs informatiques, les geeks. “Ce qui me plaît, c’est

d’entrechoquer des mondes. La porosité entre ces univers m’intéresse”, explique le galeriste, sidéré par les prix “inexplicables” atteints récemment par ce nouveau type d’oeuvres.

Un crypto-entrepreneur débourse 69 millions de dollars 

Car les pionniers de la blockchain, qui se retrouvent à la tête de véritables fortunes grâce à la folle envolée du bitcoin, cassent aujourd’hui leur wallet (portefeuille de cryptomonnaies) et font flamber les prix des œuvres-jetons.  Ainsi, Vignesh Sundaresan, un entrepreneur ayant fait fortune grâce aux cryptomonnaies, s’est trouvé subitement sous les projecteurs en s’offrant pour 69 millions de dollars The first 5000 days, création d’un artiste totalement inconnu lui aussi, un certain Beeple, (Michael Joseph Winkelmann de son vrai nom), originaire du Wisconsin.

Les acheteurs traditionnels, eux, y perdent leur latin. Pour les aider, la galerie Kamel Mennour leur explique pas à pas comment s’y prendre: choisir une œuvre, créer un compte, le provisionner en cryptomonnaie, connecter ce compte sur la plateforme d’échanges SuperRare….  Quant à ceux qui se perdraient en chemin, la galerie propose de “les accompagner dans le processus d’achat”.

L’art numérique enfin authentifié et protégé grâce à la blockchain

L’engouement pour les NTF – que les détracteurs considèrent comme une bulle spéculative – s’expliquerait-il simplement par la collision inédite entre le monde de l’informatique et de la création? Pour l’experte en crypto art Fanny Lakoubay, qui conseille des collectionneurs à New York, le phénomène tient aussi à une autre raison: pour la première fois, les artistes numériques ont un moyen de protéger leurs œuvres.  “La vraie révolution de la blockchain et des NFT, c’est de donner un identifiant unique à n’importe quel dossier digital, explique-t-elle. Internet avait évolué dans le sens des contenus libres de droit, duplicables à l’infini. Avec la blockchain, on revient à des contenus qui ne peuvent plus être copiés”. Le NFT est donc au numérique ce que la lithographie est à l’impression. Autre nouveauté intéressante pour les artistes, la blockchain leur permet également de toucher des “droits de suite”. Le contrat de vente peut ainsi prévoir le reversement automatique de royalties pour l’artiste chaque fois qu’une œuvre se revend plus cher.

Pour les collectionneurs traditionnels, le phénomène reste toutefois déroutant: l’acquéreur d’un NFT se retrouve en possession d’un objet immatériel constitué de lignes de codes, qu’on ne peut exposer sur un mur et dont on peut regarder la copie sur n’importe quel smartphone. Mais pour Kamel Mennour, le fait d’être l’unique possesseur d’une œuvre numérique, certifié par la blockchain, “nourrit le fétichisme des collectionneurs”.

Murakami met en pause sa vente de NFTs pour y voir plus clair…

Les grandes maisons de vente comptent bien, elles, nourrir ce fétichisme. Après Sotheby’s, qui avait organisé la vente de Beeple, Christie’s est entrée dans le jeu. Le 15 avril, une création de l’artiste Pak s’est vendue 16,8 millions de dollars. Le 13 mai, la maison proposera des œuvres du projet Cryptopunk. Et tandis que les premières œuvres NFT émanaient plutôt de jeunes artistes émergents – à l’instar du collectif Obvious, des poids lourds de l’art contemporain entrent dans la danse. Le 30 mars, l’artiste japonais Takashi Murakami a ainsi mis en vente sur la plateforme Open Sea une collection intitulée Murakami.Flowers. Le 15 avril, il s’est finalement rétracté pour mieux comprendre les conditions techniques de la vente et pour que ses futurs acheteurs de ses travaux NFTs puissent par la suite en profiter “l’esprit serein”. Même pour lui, les NFTs méritaient un temps de réflexion.

 




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