Siège de la maison de ventes aux enchères Christie's France, au 9 avenue Matignon à Paris.

Avenue Matignon, le nouveau haut lieu parisien du monde de l’art

Siège de la maison de ventes aux enchères Christie's France, au 9 avenue Matignon à Paris.

Au Monopoly, l’avenue Matignon appartient au groupe rouge, moins prisé que la rue de la Paix, fief des grands joailliers, ou que l’avenue des Champs-Elysées, pôle d’attraction des touristes. Depuis deux ans pourtant, cette artère chic du « triangle d’or » dans le VIIIe arrondissement de Paris connaît un élan sans précédent. Au point de devenir pour le monde de l’art ce qu’est l’avenue Montaigne pour celui du luxe, un « hot spot » où chaque local libéré est pris d’assaut.

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Après les galeries d’art moderne et contemporain Lelong, Gagosian, White Cube, Kamel Mennour, le marchand de design des années 1950 Jacques Lacoste et le spécialiste de la bande dessinée Huberty et Breyne, deux nouvelles enseignes y ouvriront leurs portes en 2021. Emmanuel Perrotin, qui voilà six mois s’était déjà offert une vitrine sur l’avenue, poursuit son expansion en s’associant à Tom-David Bastok et Dylan Lessel. Le trio occupera les cinq étages d’un petit hôtel particulier du numéro 8, avec l’intention d’y développer des activités de second marché, c’est-à-dire l’achat et la revente d’œuvres d’art.

Clientèle vieillie

C’est dix numéros plus loin que s’arrime Almine Rech, qui représente notamment l’artiste Jeff Koons, dont les Tulipes controversées ont poussé à un jet de pierre, près du Petit Palais. Trop à l’étroit dans ses anciens pénates de la rue du Faubourg-Saint-Honoré, la maison de ventes Sotheby’s investira en 2023 l’espace de l’ancienne galerie Bernheim Jeune, que Patrick Drahi a racheté pour une somme estimée à 65 millions d’euros.

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L’attrait de l’avenue Matignon ne date pas d’hier. Percée en 1837 par le marquis de Marigny, elle a accueilli en 1925 Bernheim Jeune, qui avait représenté Matisse, Seurat et Dufy, ainsi que de grands décorateurs tels que Jacques-Emile Ruhlmann ou Jean-Michel Frank. Mais à l’orée des années 2000, le quartier « était en perte de vitesse », se souvient Franck Prazan, alors directeur général de Christie’s. A l’exception de la galerie Malingue, les marchands avaient perdu de leur lustre, leur clientèle avait vieilli. Pourtant, lorsqu’il apprend fin 1999 que L’Oréal veut céder l’espace de 3 500 m2 qu’occupait la galerie Artcurial, Franck Prazan n’hésite pas. Au moment où le marché français s’ouvrait aux maisons de vente étrangères, Christie’s se dotait ainsi d’une vraie machine de guerre. Voilà quelques mois, l’écurie de François Pinault a même annexé l’ancien espace de la galerie Felix Vercel.

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