Belle-Ile-en-Mer se divise autour d’un projet viticole 1

Belle-Ile-en-Mer se divise autour d’un projet viticole


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Droit devant, on distingue les courbes de la presqu’île de Quiberon (Morbihan). Derrière, le sémaphore de Kerdonis trône sur les hauteurs de la côte sauvage de Belle-Ile-en-Mer (Morbihan). Le petit phare surplombe une plage au sable d’or et à l’eau translucide, lorsque le soleil brille, comme en ce mercredi 26 mai après-midi. Une vue de carte postale bretonne. Bertrand Malossi, directeur du domaine de la Vallongue, dans les Bouches-du-Rhône, garde les yeux braqués sur cet hectare de terres qui s’étale devant lui : « S’il y a un grand vin rouge à produire sur Belle-Ile, c’est définitivement sur cette parcelle. » Sous l’épaisse couche de ronce et de lande, le quadragénaire est persuadé de trouver un sol schisteux, idéalement exposé et suffisamment abrité du vent pour cultiver 5 000 pieds de vigne.

Bertrand Malossi a convaincu son patron, le milliardaire Christian Latouche, fondateur et PDG de Fiducial et propriétaire de l’île de Boëdic dans le golfe du Morbihan voisin, d’acquérir cet hectare de friche et onze autres pour y développer un domaine bio appelé  « Les Vignes de Kerdonis ». A l’heure du réchauffement climatique, le cadre n’est pas le premier à croire au potentiel viticole breton, jusqu’alors inexploité. Ces dernières années, les tentatives se multiplient, suscitant l’enthousiasme dans la région. Tandis que les premiers pieds ont été plantés sur une des parcelles ces dernières semaines, le projet bellilois affronte des vents contraires et divise l’île.

Depuis plusieurs mois, des associations réclament son abandon. Publiée le 11 mai, une pétition en ligne, intitulée « Non à la privatisation de la côte sauvage de Belle-Ile-en-Mer », a récolté plus de 38 000 signatures. C’est sept fois le nombre d’habitants recensés sur cet ancien volcan de 17 kilomètres de long et 9 km de large. Gilles Smadja, directeur de cabinet à la mairie de Nanterre et propriétaire d’une demeure située à proximité d’un des terrains de la future exploitation, orchestre la fronde. Son association d’une cinquantaine de membres, La Bruyère vagabonde, dénonce l’implantation de vignes sur des espaces Natura 2000 ou en site classé.

« Accusations, mensonges, incompréhensions »

Cette « atteinte à la biodiversité » mènerait aussi à la « défiguration » du paysage, selon le collectif, qui redoute le développement d’une agriculture intensive. « Nous n’inventons rien. Tout cela est inscrit dans des dossiers déposés par le porteur de projet », insiste M. Smadja citant notamment l’un des premiers documents datant de décembre 2017 produit par le promoteur.

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