Les chantiers de la reprise

Les chantiers de la reprise 1

Au centre, Julien Denormandie et Muriel Pénicaud visitant un chantier
© D.R.

Pas un ministre n’aura échappé à sa visite de chantier cette semaine. De Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances, dès le 11 mai à Saint-Germain-en-Laye, en passant par Julien Denormandie, ministre auprès de la ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, chargé de la Ville et du Logement, et Muriel Pénicaud, ministre du Travail, à Montévrain, jusqu’à Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, à Rueil-Malmaison, les chantiers sont devenus la nouvelle scène médiatique du gouvernement.

À travers les chantiers, c’est toute l’industrie du bâtiment qui devient un symbole du déconfinement économique. Le côté positif est la reconnaissance du poids et du rôle de l’industrie immobilière. « C’est un secteur absolument vital pour l’économie française », a martelé Bruno Le Maire. Un secteur dont on se rappelle opportunément qu’il représente 11 % du PIB et plus de 2 millions d’emplois. À croire que le Covid-19 est un bien meilleur ambassadeur du secteur que tous les lobbyistes réunis.

Au-delà du symbole, les chantiers seront-ils pour autant un marqueur de la reprise d’activité, en attendant une hypothétique relance ? « On se bat pour que tous les chantiers reprennent, mais il est illusoire de penser qu’on sera à 100 % fin mai », reconnaît le président de la FFB, Jacques Chanut. Au-delà de la délicate mise en place des mesures sanitaires, c’est bien la question du surcoût qui est au cœur de la reprise, celui des coûts immédiats engendrés par les mesures sanitaires à prendre pour faire redémarrer les chantiers, mais surtout celui de la baisse de productivité estimée entre 15 et 20 % que va entraîner leur stricte application.

Reste à savoir maintenant qui va payer ce surcoût. La maîtrise d’œuvre assure que le faible niveau de ses marges ne lui permet pas d’absorber entièrement la facture. La maîtrise d’ouvrage s’inquiète à juste titre de la capacité du client final – particulier comme entreprise – à en assumer entièrement les conséquences dans un contexte économique dévasté par deux mois de confinement. Il faudra donc trouver un compromis dans lequel l’exécutif devra nécessairement jouer un rôle de médiateur, voire même d’arbitre. À défaut, et comme dans beaucoup d’autres secteurs économiques, c’est toute une filière qui risque de s’effondrer comme un château de cartes.

Une fois trouvé le modus operandi, on pourra se projeter dans le fameux monde d’après. En attendant, il faut consolider les fondations d’un des chantiers les plus importants de la reprise.


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