Quand écoconstruction rime avec maîtrise des coûts

Quand écoconstruction rime avec maîtrise des coûts

Quand écoconstruction rime avec maîtrise des coûts 1

Construction de logements en structure bois sur le territoire de l’EpaMarne-EpaFrance
© Woodeum

Fort de la construction initiée de 5 000 logements en bois en 2019, l’EpaMarne – EpaFrance a mené une étude pour mesurer l’impact de l’innovation pour l’écoconstruction sur le bilan économique global d’une opération. Celle-ci révèle qu’il est tout à fait possible de construire des logements de qualité et vertueux pour l’environnement, tout en maîtrisant les coûts de construction.

Pour réaliser l’étude, l’aménageur a fait appel au groupement Adéquation/Overdrive/A003 Architectes. Elle a couvert un panel de 20 opérations lancées sur les trois dernières années et se trouvant à différents stades d’avancement, totalisant près de 3 000 logements. Pour chacune, les promoteurs ont accepté de transmettre les données économiques et techniques, qui ont pu ensuite être comparées à un benchmarck de cinq opérations similaires réalisées en Ile-de- France par d’autres aménageurs.

Parmi les principaux enseignements : la construction bois, et plus largement, le choix d’un mode constructif économe en carbone, ne déséquilibre pas le bilan financier d’une opération. Sur la base d’un coût de construction standard, faire le choix de construire en matériaux biosourcés ne coûte en moyenne que 160 €HT /m2 SdP de plus sur le poste de dépenses global en superstructure. L’impact financier est de 100 €HT /m2 SdP de plus pour une structure 100 % bois et reste neutre pour un mixte bois/béton.

Malgré un prix d’achat des matériaux un peu plus élevé, l’étude prouve la politique d’achat et la stratégie partenariale de l’opérateur jouent un rôle capital dans l’équilibre de l’opération. « Il est d’usage courant aujourd’hui qu’un opérateur s’associe, selon son profil, soit à un fournisseur soit à un constructeur, chacun spécialisé dans son domaine. S’il fait appel à une entreprise générale, des risques de surcoûts apparaissent du fait de la nécessaire sous-traitance de certaines prestations à des spécialistes. La mobilisation des bonnes compétences et la mise en œuvre de processus adaptés, tout au long du projet – de la conception à la livraison – sont d’efficaces leviers d’économies d’échelle. Les opérateurs maîtrisant les principes de ces modes de conception et de construction limitent donc plus facilement ces dépenses et obtiennent l’équilibre financier de leurs opérations », souligne l’étude.

Ainsi, les ambitions de performances énergétiques les plus fortes n’engendrent pas de surcoûts significatifs. L’impact financier observé présente un écart de coût assez faible, pouvant aller jusqu’à 150 €HT/m2 SdP pour une opération en biomasse. Les exigences portées par l’aménageur en matière d’énergie, d’émissions carbone, d’orientation et de qualité des logements ne sont pas une des premières causes de surcoûts d’une opération.

D’après les résultats de l’étude, les causes de surcoûts sont à rechercher du côté de la temporalité, du processus de consultation ou encore du mode de passation des marchés « travaux ». Ces éléments ont un impact sur les coûts de construction pouvant aller jusqu’à 10 % du coût de base, selon les montages. Ainsi, pour les bailleurs sociaux intervenant en Maîtrise d’Ouvrage Directe (MOD) via une entreprise générale, ce processus pèse lourdement sur le coût de l’opération. En revanche, les promoteurs d’envergure nationale parviennent à des coûts très faibles du fait de négociations des marchés « travaux » en lots de gros volumes distincts. Ils ont souvent internalisé une direction technique qui réduit les dépenses liées aux études de conception et suivis de chantier.

À cet ensemble doit s’ajouter le contexte économique. « Le marché francilien observe depuis cinq ans une hausse cumulée de 7 % de ses coûts de construction (sans prendre en compte l’impact de la crise économique liée au Covid-19). Cette augmentation est due notamment à l’inflation et à la forte activité du secteur du BTP avec, les projets d’aménagements des Jeux Olympiques de 2024 et d’infrastructures du Grand Paris Express », pointe l’étude.

« Malgré la crise économique à laquelle nous allons faire face, nous pouvons garder de fortes ambitions qualitatives et environnementales sur nos projets d’aménagement », se réjouit Laurent Girometti, directeur général d’EpaMarne – EpaFrance. L’étude tend à montrer que, si les ambitions d’innovation, les besoins programmatiques et la topolographie du site sont croisées dès l’amont du projet, les dépenses en construction peuvent être maîtrisées ainsi que le bilan de l’opération. L’établissement public espère ainsi contribuer à l’industrialisation de nouveaux modes constructifs et processus de conception favorables à la transformation de la ville durable.


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