Bourse de commerce : Aillagon défend François Pinault 1

Bourse de commerce : Aillagon défend François Pinault


L'immobilier recrute ! Devenez négociateur immobilier ou partager l'info...



Dans la rotonde de la Bourse de Commerce entièrement rénovée, transformée en un musée d’art contemporain, le Suisse Urs Fischer a posé un spectaculaire Enlèvement d’une Sabine en cire, reproduction d’une sculpture de Jean de Bologne (1529-1608). Spécialement réalisée pour l’ouverture du monument au public ce 22 mai, la bougie géante se consumera les premiers jours. Une allégorie de « la vanité des choses » et des « fins dernières », explique Jean-Jacques Aillagon, le directeur général de Pinault Collection, qui coiffe le Palazzo Grassi de Venise et la Bourse de Commerce. A l’extérieur, une installation lumineuse de Philippe Parreno, Mont analogue, surmonte la colonne construite par Catherine de Médicis. Au programme, les œuvres de David Hammons, Bertrand Lavier ou Martial Raysse. Les créateurs fétiches de Pinault, Jeff Koons ou Murakami, sont absents. « Pas de grandes stars, des artistes qui développent leur combat », explique l’ancien ministre de la Culture et ex-président du château de Versailles, invité de L’Entretien HEC-Challenges sur le plateau de BFMBusiness, la semaine même de l’inauguration.

Renouveler l’intérêt du public

Pour ouvrir avec presque un an de retard la Bourse de Commerce au public (10 à 14 euros l’entrée), il a fallu s’adapter aux contraintes du Covid : « Le bâtiment peut recevoir 1800 personnes,

la jauge a été rabaissée à 600-700 visiteurs. » François Pinault a englouti 160 millions d’euros pour faire aboutir un projet vieux de quinze ans qui aurait pu s’installer sur l’île Seguin, à Boulogne-Billancourt, et s’est concrétisé au Palazzo Grassi de Venise avant de revenir à Paris. « Les deux cités n’ont rien à voir, explique Aillagon. Venise est une ville de 60 000 habitants permanents, mais parfois, pendant la Biennale, le monde entier de l’art s’y retrouve : il fallait créer un lieu événementiel. A Paris, l’offre est immense, nous devions renouveler l’intérêt du public. »

A lire aussi : François Pinault le parrain de l’art contemporain

 

Visite privée de Bernard Arnault

Pas de préférence : Pinault a la même passion pour Venise et pour Paris, assure Jean-Jacques Aillagon. A 84 ans, l’homme d’affaires, cinquième fortune de France selon le classement de Challenges avec un patrimoine professionnel estimé à 32 milliards d’euros, a obtenu de la Mairie de Paris une concession de cinquante ans pour la Bourse de Commerce comme Bernard Arnault qui s’est installé dans le Bois de Boulogne avec la fondation Louis Vuitton (LVMH est actionnaire de Challenges). D’ailleurs, François Pinault a discrètement invité Bernard Arnault à visiter la Bourse de Commerce. « Ils ont été concurrents, mais ils se respectent », dit l’ancien ministre. La hache de guerre est enterrée. Bernard Arnault avait d’ailleurs fait visiter, en son temps, la fondation Louis Vuitton à François Pinault. C’était le premier acte public d’une réconciliation des deux hommes. 

Que l’art contemporain, objet d’intenses spéculations financières tout autour du globe, s’installe dans ce qui fut le temple des affaires de la capitale française, sous la fresque illustrant l’activité du commerce à travers les continents, donne du grain à moudre à ceux qui y voient plus de spéculation que d’amour de l’art. Aillagon supporte mal qu’on mette en doute le désintéressement de celui qui a généreusement doté la reconstruction de Notre-Dame de Paris. François Pinault est certes propriétaire de Christie’s et d’un florissant empire du luxe, le groupe Kering, propriétaire de Gucci, Bottega Veneta ou Yves Saint Laurent. Mais sa collection est « totalement distincte des autres activités », s’agace Aillagon. Lorsque le groupe organise des visites pour les employés de Christie’s, la maison de vente aux enchères reçoit une facture, précise-t-il! « Tous les ans, la famille Pinault réinjecte de l’argent, tempête Aillagon. François Pinault a refusé que ses collections portent le nom de ses marques, je ne vois pas où se situe le conflit d’intérêts. » Il a acquis 10 000 œuvres au fil des années et en a revendu 200 seulement. Aillagon, 74 ans, défend son patron. « Il y a entre François Pinault et moi une ancienne connivence et une amitié, mais c’est lui qui arbitre, c’est la règle du jeu. » Il a épousé comme Pinault la cause de l’art, se félicite que les jeunes générations ne considèrent pas la création contemporaine comme un répulsif en dépit de la fermeture des musées et des expositions. « Les institutions culturelles ont été privées de l’essentiel, de la présence du public. Or, sans public, l’œuvre est un objet mort », dit-il. Internet ne remplace pas le contact physique. A la Bourse de Commerce, François Pinault a souhaité que des hommes et des femmes soient disponibles pour donner des éléments de réponse aux visiteurs perplexes devant une œuvre, si nécessaire.

Revenir à l’essentiel

Du moins la crise aura-t-elle bénéficié à… la création. « Pour beaucoup d’artistes, cela a été une période d’intense créativité, ils ont la tentation de voir trop de gens, d’écouter trop de flatteries. Ils sont revenus à l’essentiel pour se consacrer à l’approfondissement de leur œuvre ». Les collectionneurs et amateurs d’art n’ont donc pas tout perdu… Parmi eux, Aillagon rêve de calme. « Je ne suis pas un perdreau de l’année, dit-il. Je vais me consacrer à mon salut éternel et m’occuper de mes hortensias en Bretagne. » Il est élu au conseil municipal de sa commune et à celui de la ville de Morlaix. Loin des polémiques sur le marché de l’art.

 

 


L'immobilier recrute ! Devenez négociateur immobilier ou partager l'info...



Source

L’immobilier recrute ! Devenez négociateur immobilier ou Conseiller Patrimonial en Immobilier…