Immobilier : la patronne des promoteurs veut des « mesures coercitives » contre les maires 1

Immobilier : la patronne des promoteurs veut des « mesures coercitives » contre les maires


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« Le Premier ministre semble avoir enfin compris la gravité de la situation du secteur du logement neuf, qui a perdu en 2020 le quart de son activité », s’est félicitée Alexandra François-Cuxac, quelques jours après les annonces de Jean Castex. Le chef du gouvernement a promis, le 17 mai, le déblocage de 1 milliard d’euros pour la construction de logements verts.

Un beau cadeau de départ pour la présidente de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), qui s’apprête à passer la main après six ans de mandat. C’est la seule femme à avoir été aux manettes de cette organisation. Elle sera remplacée le 1er juillet par un duo formé par Pascal Boulanger, nouveau président, et Christian Terrassoux, président délégué.

Participation à la commission Rebsamen

Cette prise de conscience à la tête du gouvernement ne va cependant pas être suffisante pour relancer durablement la machine à construire. « Les politiques du logement sont territorialisées, le pouvoir est aux mains des élus locaux, l’Etat a très peu de marges de manoeuvre sur ces questions », poursuit la dirigeante.

Le gouvernement a mis en place, en septembre dernier, une « aide à la relance de la construction durable », pour convaincre les maires de densifier leurs villes, en particulier là où le déséquilibre entre l’offre et la demande de logements est le plus fort. Mais pour Alexandra François-Cuxac – qui aura porté la vision des promoteurs auprès de quatre ministres du Logement différents -, cela n’est pas suffisant.

« Il faut des aides – parce qu’accueillir de nouveaux habitants signifie aussi pour les collectivités locales devoir construire des écoles et de nouveaux équipements publics -, mais il faut aussi des mesures coercitives. Autrement, certains élus s’installent idéologiquement dans une logique de décroissance », insiste-t-elle.

C’est pourquoi Pascal Boulanger et Christian Terrassoux participeront aux réflexions de la commission mise en place par l’exécutif autour du maire PS de Dijon, François Rebsamen. Celle-ci doit identifier les freins à la délivrance de permis de construire et réfléchir à des adaptations du droit de l’urbanisme ou à des mécanismes de libération du foncier. Ses conclusions doivent être rendues en septembre.

« Il faut que la FPI soit force de propositions, pour que la commission Rebsamen ne soit pas juste une énième commission et un coup de pub » de l’exécutif, insiste Alexandra François-Cuxac.

Un « pacte » avec les élus locaux

« Le sujet des permis de construire sera le sujet central et le grand chantier de mes successeurs. Il faut simplifier et numériser les procédures d’urbanisme, afin de réduire les délais, dans la phase de préparation des dossiers, dans celle du dépôt des permis et dans celle de l’instruction. Nous avons déjà obtenu que les recours soient systématiquement traités en moins de neuf mois. C’est une avancée, mais cela n’est pas assez », ajoute-t-elle.

Emmanuelle Wargon a promis dès son arrivée de s’atteler à cette simplification, comme l’avait déjà fait son prédécesseur Julien Denormandie. Mais « il n’y a pas eu d’avancées pour le moment. Malgré la grande implication de la ministre chargée du Logement sur ces sujets », regrette-t-elle. L’accroissement de la construction « doit reposer sur un pacte avec les élus locaux », ajoute-t-elle.

Parmi les autres sujets que la présidente de la FPI voudrait voir abordés par la commission Rebsamen : ceux de la réversibilité des immeubles – conçus, par exemple, pour accueillir des bureaux, mais facilement transformables en résidence.

Ou encore celui du logement abordable. Notamment en réfléchissant à « la participation de la sphère privée au foncier solidaire », un mécanisme qui permet de dissocier la propriété du bâti et celle du terrain pour pouvoir vendre bien moins cher.

Des prix en hausse

Les réservations de logements neufs ne montrent toujours aucun signe de rebond – comme en témoignent les chiffres du premier trimestre 2021 publiés mercredi -, alors que la demande est restée forte. Ceci « parce que l’offre s’effondre », indique-t-elle. Or « moins nous allons produire, plus nous allons nourrir la cherté des logements », ajoute-t-elle.

Or, déjà, les prix ont grimpé, du fait de la hausse du coût du foncier et des matériaux de construction, ainsi que des nouvelles réglementations environnementales. Le phénomène devrait s’intensifier avec l’entrée en vigueur, au 1er janvier 2022, de la RE2020 sur les bâtiments neufs . Une réglementation dont Alexandra François-Cuxac salue cependant les vertus et la progressivité.


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