Le gouvernement lance le private equity pour tous

Le gouvernement lance le private equity pour tous

Le gouvernement lance le private equity pour tous 1

Que vaut vraiment le nouveau placement “patriotique” lancé par le gouvernement ? L’initiative, pilotée par Nicolas Dufourcq, directeur général de la banque publique d’investissement, et annoncée par le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, vise à rendre ce placement plus accessible, mais surtout à flécher davantage de fonds vers ce secteur, qui a encore du mal à attirer les capitaux en dehors des cercles très avertis : “Il faut démocratiser le private equity!”, clame-t-il. Il est d’usage, parmi les financiers, de reconnaître que seuls les institutionnels et les grandes fortunes ont accès au marché du private equity. Ce n’est pas tout à fait vrai. Il y en a d’autres. Mais avant de les passer en revue, voyons ce que ce nouveau fonds a sous le capot!

Exonération d’impôt

Ce FCPR (Fonds commun de placement à risque) sera donc accessible dès 5.000 euros, alors que généralement les parts pour les investisseurs dans le private equity se montent à plus de 100.000 euros. Il offrira en outre une exonération d’impôts sur les plus-values à la sortie. Il sera investi pour l’essentiel dans 1.500 entreprises non cotées françaises qu’accompagne déjà Bpifrance. C’est donc un produit au risque élevé, mais, explique Benjamin Paternot, directeur exécutif de l’activité fonds de fonds de BPI, “en investissant 5.000 euros sur 1.500 sociétés, c’est un peu comme si vous mettiez un peu plus de 3 euros par PME. Ce qui veut dire que le risque est extrêmement dispersé.”

Pour Henri Chabadel, directeur des investissements FranceBelgique-Luxembourg du leader mondial de la gestion d’actifs BlackRock, “ce lancement est une bonne nouvelle qui va contribuer à populariser une classe d’actifs qui offre un bon rendement actuellement”. De fait, sur les quinze dernières années, selon France Invest, l’investissement dans le non coté a rapporté plus de 11,4% par an en moyenne, c’est-à-dire deux fois plus que les actions, cinq fois plus que l’assurance-vie et… 20 fois plus que le Livret A. L’objectif du fonds BPI France Entrepreneurs 1 est de réaliser “entre 5 et 7%” de performances annuelles. Cela peut paraitre peu, face aux 11,4% du secteur, mais il faut garder à l’esprit qu’il s’agit d’un objectif (le fonds peut faire mieux) et qu’un produit grand public, à cause des coûts de distribution, est toujours moins performant qu’un produit réservé aux institutionnels, qui investissent à coups de dizaines de millions. Pour Erwann Grumellon, directeur de l’ingénierie patrimoniale chez SwissLife Banque Privée, ce fonds est une bonne idée, même si “les contribuables préfèrent toujours un gain fiscal immédiat et certain qu’une carotte fiscale à la sortie… “

Quels sont aujourd’hui les produits concurrents ?

Les plus évidents sont les groupes de private equity eux-mêmes. Certains comme Eurazeo, Wendel, Nextstage, sont cotés en Bourse. Problème : ils sont très sensibles à la conjoncture boursière. Nextstage, par exemple, a du communiquer au printemps dernier sur une baisse de 15 % de la valeur de son portefeuille d’entreprises non coté (ce qu’on appelle son actif net réévalué). Le cours a suivi la même décote… Depuis, la valeur du portefeuille a repris 8%. Mais le cours ne s’est pas réveillé : il est resté sensible à un environnement politico-financier qui n’a pourtant pas une influence déterminante sur l’activité des entreprises dans lesquelles investit Nexstage. Eurazeo a eu un parcours semblable et affiche un recul du cours de 33% en un an. Assez dissuasif pour qui veut investir dans le non coté.

Deuxième produit estampillé “investissement dans le non coté” : les FPCI

Ce sont des fonds qui sont proposés, souvent dans le cadre de l’assurance-vie depuis le 15 novembre dernier, aux investisseurs “avertis”. Avertis, ici, doit aussi être compris dans le sens de “aux poches bien remplies”, car la mise de fonds dépasse souvent les 100.000 euros. Des compagnies comme AXA, BNP Paribas, CNP Assurances, Crédit Agricole, Generali, AG2R La Mondiale, Apicil, Oddo, Generali, proposent ce genre de fonds à leurs clients hauts de gamme, parfois avec des approches “démocratiques” et des tickets d’entrée réduits à 10.000 euros… Leurs FPCI sont constitués d’au moins 50% de titres d’entreprises non cotées. Ces produits bénéficient bien sûr de l’exonération d’impôt sur les plus-values liée à l’assurance-vie.  

Pour accéder à du non coté grand public, il faut aller chercher des FIP

Ca tombe bien, les sociétés de gestion ont lancé leurs campagnes de “recrutement” de fin d’année à destination de leurs clients à la recherche d’économies d’impôts. A ces fiscophobes, ils proposent des FIP (les fonds d’investissement de proximité). Et leurs cousins, les FCPI, les fonds communs de placement dans l’innovation, qui sont investis, eux, dans le non coté innovant (Et qui sont complètement différents – attention, il faut suivre…- des FPCI cités plus tôt). Les FIP sont investis à au moins 70% dans des PME dans une zone de 4 départements limitrophes. Leurs effectifs ne doivent pas dépasser 250 employés et leur chiffre d’affaires 50 millions d’euros. A condition de les conserver 5 ans, leurs souscripteurs peuvent réduire leur impôt de 25% de leur investissement (jusqu’à la fin de l’année, après, ce sera 18% seulement). Et la plus-value, à la sortie, bénéficie d’un autre avantage : une exonération d’impôt sur le revenu. Il faudra quand même payer les prélèvements sociaux (17,2%). Le relèvement de 18 à 25% pour ces trois derniers mois de l’année de la réduction d’impôt est une bonne idée, relève Erwan Grumellon, directeur de l’ingénierie patrimoniale de Swiss Life Banque Privée, “mais en pratique, investir dans une PME dans les trois prochains mois relèvera de l’exploit ou de la chance : le timing est trop serré.”

Des FIP pas très performants

Cette carotte fiscale fait des FIP et des FCPI de bons outils de défiscalisation. Cela n’en fait pas pour autant de bons placements financiers. Certes, sur le papier, l’investisseur est assuré d’un gain minimal : sa réduction d’impôt. Grâce à elle, dans l’hypothèse d’une plus-value nulle à la liquidation du produit, il aura quand même obtenu un rendement annuel de 3,6% sur 5 ans. Bien. Parce que côté performance (c’est-à-dire le rendement supplémentaire potentiel sous forme de plus-value éventuelle lors de la liquidation au bout de 5 ans), c’est plutôt décevant. D’abord parce qu’il y a des frais. D’entrée (5%) et de gestion (3% à 4% par an). On est bien loin des 1% par an prélevés par votre contrat d’assurance-vie ! A, disons 3,5% de frais de gestion par an, la perte dépasse 17% sur 5 ans et atteint 28% sur la durée maximale de 8 ans. Il faut donc réaliser une plus-value globale de 28% pour… ne rien gagner. Un conseil en gestion de patrimoine s’est amusé à calculer les performances de plus de 200 FIP et FCPI lancés entre 200 et 2010 et arrivés à échéance. Verdict ? Une perte moyenne de 8,7% (mais jusqu’à -40% pour le plus mauvais).

Dernière solution, le financement participatif

Plusieurs plateformes proposent d’investir directement dans le capital d’entreprises sélectionnées. C’est par exemple le cas d’Anaxago, présent depuis 8 ans sur le marché. “On finance plutôt des secteurs qui nous semblent porteurs d’avenir, comme la Fintech, l’immobilier et la santé”, explique Caroline Lamaud, cofondatrice. Pendant le confinement, la société a arrêté de collecter, mais elle finira quand même sur une hausse de 45% des sommes levées. Elle aide aussi les entreprises à trouver des financements auprès des particuliers (Crowdlending) notamment dans l’immobilier. Et là, les taux de rendements internes (qui tiennent compte des frais) dépassent, sur les six dernières années, les 10%…

Que vaut vraiment le nouveau placement “patriotique” lancé par le gouvernement ? L’initiative, pilotée par Nicolas Dufourcq, directeur général de la banque publique d’investissement, et annoncée par le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, vise à rendre ce placement plus accessible, mais surtout à flécher davantage de fonds vers ce secteur, qui a encore du mal à attirer les capitaux en dehors des cercles très avertis : “Il faut démocratiser le private equity!”, clame-t-il. Il est d’usage, parmi les financiers, de reconnaître que seuls les institutionnels et les grandes fortunes ont accès au marché du private equity. Ce n’est pas tout à fait vrai. Il y en a d’autres. Mais avant de les passer en revue, voyons ce que ce nouveau fonds a sous le capot!

Exonération d’impôt

Ce FCPR (Fonds commun de placement à risque) sera donc accessible dès 5.000 euros, alors que généralement les parts pour les investisseurs dans le private equity se montent à plus de 100.000 euros. Il offrira en outre une exonération d’impôts sur les plus-values à la sortie. Il sera investi pour l’essentiel dans 1.500 entreprises non cotées françaises qu’accompagne déjà Bpifrance. C’est donc un produit au risque élevé, mais, explique Benjamin Paternot, directeur exécutif de l’activité fonds de fonds de BPI, “en investissant 5.000 euros sur 1.500 sociétés, c’est un peu comme si vous mettiez un peu plus de 3 euros par PME. Ce qui veut dire que le risque est extrêmement dispersé.”

Pour Henri Chabadel, directeur des investissements FranceBelgique-Luxembourg du leader mondial de la gestion d’actifs BlackRock, “ce lancement est une bonne nouvelle qui va contribuer à populariser une classe d’actifs qui offre un bon rendement actuellement”. De fait, sur les quinze dernières années, selon France Invest, l’investissement dans le non coté a rapporté plus de 11,4% par an en moyenne, c’est-à-dire deux fois plus que les actions, cinq fois plus que l’assurance-vie et… 20 fois plus que le Livret A. L’objectif du fonds BPI

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