Le groupe de BTP familial Fayat confie son avenir à une fondation

Le groupe de BTP familial Fayat confie son avenir à une fondation

Publié le 10 déc. 2020 à 7:30

Le groupe familial bordelais Fayat, quatrième acteur français de BTP, employant 22.000 personnes dont 13.000 en France, va passer progressivement entre les mains d’une fondation. « Il existe en France quatre entreprises familiales détenues par une fondation actionnaire reconnue d’utilité publique, nous avons décidé de suivre ce modèle pour assurer la pérennité de Fayat et son indépendance », annonce son président, Jean-Claude Fayat, dans un entretien aux « Echos ». « Cela donne de la visibilité à nos collaborateurs, le fonctionnement de l’entreprise ne changera pas », affirme-t-il.

Quand Clément Fayat, maçon en Corrèze, a créé son entreprise de terrassement en 1957, il n’imaginait probablement pas la taille qu’atteindrait son entreprise, aujourd’hui détenue par ses deux fils Jean-Claude (62 ans) et Laurent (53 ans), respectivement président et directeur général. En l’absence de successeur familial identifié, les deux frères travaillaient depuis quatre ans à ce projet de fondation.

Intérêt général

« Le groupe aura trois piliers : la fondation recevra 5 % du capital dans l’immédiat et la majorité à notre disparition, le solde du capital sera détenu par la famille et, pour 10 % à 15 %, par le management via une société regroupant 150 managers environ », précise Jean-Claude Fayat. Indépendante, la fondation aura un conseil d’administration de dix membres dont trois de la famille (Clément Fayat et ses deux fils) et sept personnalités, dont Sophie Sidos, héritière du cimentier familial Vicat, des experts de la santé et de la construction (l’architecte Jacques Rougerie). Car « son enjeu est aussi sociétal. L’objectif est qu’une partie des profits de l’entreprise aille au bien public. La fondation a trois champs d’action : la lutte contre les maladies neurodégénératives, l’éducation et le patrimoine », précise le président de Fayat.

Fabricant industriel leader mondial du matériel de travaux routiers et poids lourd du BTP en France, le groupe a réalisé sur son exercice annuel clos fin septembre 2020 un chiffre d’affaires de 4,6 milliards d’euros pour un bénéfice net de 102 millions. Il n’a jamais été déficitaire depuis sa création. Pour autant, il n’a encore jamais versé de dividendes. A l’avenir, ils financeront la fondation et à défaut, elle recevra de Fayat un budget annuel minimum de 1 million d’euros.

Vignobles

« Chaque collaborateur contribuera ainsi à la réussite des projets d’intérêt général portés par la fondation et sera libre de donner aussi de son temps s’il le souhaite », conclut Jean-Claude Fayat. Quant aux trois vignobles acquis en 1969 par son père afin de diversifier son patrimoine, qui incluent le Château La Dominique, grand cru classé de 29 hectares à Saint-Emilion, ainsi que les châteaux Fayat à Pomerol et Clément Pichon (Médoc) , le groupe en est aujourd’hui le propriétaire majoritaire mais il n’est pas sûr que la fondation en hérite. La viticulture est une passion que Jean-Claude Fayat ne renie pas : « J’ai encore le temps, cela fait partie des restructurations de patrimoine à venir. »

À noter

Les quatre groupes français actuellement détenus par une fondation d’utilité publique sont les laboratoires Pierre Fabre, l’Institut Mérieux, le groupe de presse La Montagne et l’entreprise agroalimentaire Avril.

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