Notre-Dame de Paris : vers une flèche reconstruite à l'identique

Notre-Dame de Paris : vers une flèche reconstruite à l’identique

Publié le 9 juil. 2020 à 14h08Mis à jour le 9 juil. 2020 à 15h03

Après la polémique, l’apaisement. A peine nommée ministre de la culture, Roselyne Bachelot s’est attachée à dépassionner le débat sur la restauration de Notre-Dame de Paris. Pas de flèche en verre et titane ou autre « geste architectural » futuriste d’un « starchitecte » créatif pour recréer la flèche disparue dans l’incendie du 15 avril 2019 : « un large consensus se dégage pour la reconstruction identique de la flèche, en tout cas dans l’esprit », a-t-elle assuré ce jeudi pour sa première prise de parole, sur les ondes de « France Inter ».

Cela n’exclut donc pas l’emploi de matériaux modernes éventuellement, mais l’aspect visuel devrait donc être celui de la flèche gothique démesurément haute (93 mètres) rajoutée au monument en 1859 par Eugène Viollet-le-Duc, adepte des effets dramatiques, plutôt qu’une flèche moderne ou, ce qui aurait été une autre possibilité, une reconstitution de la flèche originelle de 1220 – dont la hauteur (78 mètres) respectait celle des deux tours qui l’encadraient en façade. En mauvais état, cette flèche médiévale avait été démontée de 1786 à 1792 pour éviter un effondrement.

Sécurisation en cours

Le débat des anciens et des modernes semble donc se conclure par la victoire des « modernes du 19e siècle ». Cela n’empêche pas, sur le principe, la tenue du concours international d’architectes voulu par Emmanuel Macron, le choix des matériaux restant à faire. Mais ce concours pourrait devenir lui aussi un sujet explosif. Car intervenir sur ce type de monument historique demande des compétences spécifiques, reconnues par un concours d’Etat, donnant le titre d’architecte en chef des monuments historiques. Cette légitimité, les « starchitectes » modernes désireux de se mêler de la restauration ne l’ont pas. Un concours qui les réintroduirait malgré tout dans le jeu sera un exercice délicat. Et politiquement risqué s’il est remporté par un non-Français.

La prise de position de Roselyne Bachelot intervient ce jeudi alors que se réunit la commission nationale du patrimoine et de l’architecture (CNPA), composée d’élus, d’experts et des architectes du chantier, pour commencer à examiner les modalités de reconstruction de la charpente, du toit et de la flèche.

La reconstruction ne pourra débuter que l’an prochain, une fois le monument sécurisé. Sa sécurisation prend plus longtemps que prévu : il reste à démonter l’ancien échafaudage métallique qui se trouvait sur place lors de l’incendie (ce qui devrait être achevé fin septembre), finir de déblayer les gravats sur le dessus des voûtes encore debout, les sécuriser et auditer les parties incendiées pierre à pierre pour savoir lesquelles remplacer, la chaleur de l’incendie ayant rendu certaines friables. C’est seulement à ce moment-là que sera connu le volume exact du travail de reconstruction, qu’Emmanuel Macron veut voir achevé d’ici cinq ans.

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