Covid-19 : la RICS France dresse un état des lieux

Frank Hovorka
© Quartus

Représentant plus de 130 000 professionnels du secteur de l’immobilier, de la construction, des infrastructures et de l’urbanisme dans le monde, la RICS a mobilisé les forces vives de l’industrie immobilière pour dresser un état des lieux et faire émerger les premières pistes de solutions globales en réponse à la crise inédite générée par la pandémie de Covid-19.

Selon Frank Hovorka MRICS, Président de la RICS en France et Directeur technique et innovation de la FPI (Fédération des promoteurs immobiliers) « Alors que nous subissons un choc sans précédent, la solidarité entre les membres de la RICS et vis-à-vis du reste de la société est importante. Cette crise fera émerger dans les semaines et mois à venir, des évolutions sur nos modes de vie et de travail : quelle sera notre appréciation sur la qualité et la valeur de notre habitat ? Y-aura-t-il une évolution sur la localisation et les aménagements de nos bureaux et de nos commerces ? Les impacts multiples de cette crise – notamment environnementaux – ne nécessiteront-ils pas d’intégrer de nouvelles approches de gouvernance dans nos structures ? Je suis convaincu que c’est en unissant nos forces que nous pourrons surmonter ces épreuves et faire évoluer nos métiers en conséquence. »

Un diagnostic pessimiste mais résolument orienté vers l’avenir

Le marché français n’échappe pas à cette morosité ambiante dont l’impact sur les perspectives de tous les métiers et classes d’actifs en France, est d’ores et déjà manifeste. C’est ce qui ressort des remontées de terrain émanant des groupes d’experts de la Rics en France, relayées par les membres de son Conseil d’administration récemment désigné. La diversité et la complémentarité de leurs expertises permettent d’apporter un éclairage transversal sur la situation inédite que connait aujourd’hui le marché de l’immobilier.

« Frappés de plein fouet par le confinement, de nombreux commerces sont en grande difficulté et le paiement des loyers devient un sujet de tensions entre bailleurs et locataires, explique la RICS. Certaines enseignes dans les secteurs du prêt à porter, de la chaussure, de la restauration et des loisirs notamment, mais aussi de la téléphonie et du bricolage, ont entamé des discussions pour annuler ou reporter leurs loyers. Celles qui ont développé une activité digitale de substitution réclament également leur annulation. Du côté des bailleurs, le Conseil National des Centres Commerciaux (CNCC) estime pour sa part que les enseignes nationales doivent régler leurs loyers tandis que les TPE doivent bénéficier d’un report post covid lissé sur 24 mois, et que les enseignes de taille intermédiaire doivent négocier individuellement. Dans ce contexte particulier, la RICS se propose de jouer le rôle essentiel de médiateur. Son code de déontologie et l’éthique de ses membres prennent ainsi tout leur sens pour trouver le meilleur terrain d’entente entre acteurs. »

Malgré le traditionnel attachement des Français à la pierre, le secteur résidentiel est affecté par la période de chômage partiel et d’épargne de précaution des ménages que nous traversons, tant en termes de volumes que de valorisation, continue l’organisation : « Dans le neuf, les promoteurs sont confrontés à une baisse des stocks de logements due notamment aux reports d’instruction des permis de construire et même si l’on peut espérer une reprise relativement rapide des projets d’accession, on a peu de visibilité sur le volume potentiel des ventes de biens destinés aux investisseurs. Le financement bancaire jouera un rôle essentiel dans le maintien du marché résidentiel. »

Les bureaux connaissent eux aussi une forte pression sur les loyers, mais avec une intensité moindre que pour l’immobilier commercial, avance également la RICS : « Les opérations de locations et les transactions engagées avant la crise se poursuivent mais il n’y a quasiment pas eu de nouvelles opérations initiées au cours des dernières semaines. Le futur du bureau suscite beaucoup d’interrogations et de réflexion. »

Compte tenu de cet état des lieux, la RICS avance que l’on peut s’attendre à une baisse des valorisations de toutes les classes d’actifs immobiliers, dont l’ampleur est difficile à apprécier en raison du manque de visibilité.

De nombreux métiers affectés

De nombreux métiers dans l’immobilier sont également affectés par cette crise, rappelle par ailleurs la RICS. L’activité des juristes, promoteurs ou architectes est par exemplepénalisée par la suspension ou le report au 24 juin, voire au 25 août 2020 suivant les cas, de nombre de dossiers d’urbanisme et de projets, ainsi que par la prorogation des délais de recours.

Le facility management et l’ensemble des prestataires de services immobiliers sont quant à eux, confrontés à des pertes importantes de chiffre d’affaires dues à l’arrêt total de leurs prestations dans 50 à 70% des immeubles dont l’activité a été interrompue du fait de la mise en œuvre de solutions de télétravail ou en raison de l’arrêt de l’activité de certains secteurs (retail, hôtellerie, etc). Ils doivent aussi mettre en place une nouvelle organisation pour protéger leurs propres salariés et s’adapter aux nouveaux besoins de leurs clients.

« La RICS en France, accompagnée de l’ARSEG, l’ADRE, la FEP, la FEDENE et le SYPEMI, a affiché son soutien au secteur des services immobiliers et de l’environnement de travail, en appelant les donneurs d’ordre à appliquer les principes éthiques et les règles de déontologie afin de préserver au mieux l’écosystème, tout en considérant, au cas par cas, les relations contractuelles et commerciales. »

Enfin, l’organisation rappelle que « les banques réaffirment leur volonté de soutenir l’économie en finançant de nouveaux projets et en mettant en place des crédits de trésorerie avec l’appui de l’Etat. De façon massive, et pour tous les secteurs touchés directement par l’arrêt d’activité économique, le secteur bancaire dans sa grande majorité a validé le principe d’un report de 6 mois des échéances de prêts et de crédit-bail, pour aider les clients, en particulier les entreprises, à faire face à leurs besoins de trésorerie. »


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