Action Logement présente ses comptes en pleine polémique autour de sa réforme

Action Logement présente ses comptes en pleine polémique autour de sa réforme

Action Logement présente ses comptes en pleine polémique autour de sa réforme 1

Publié le 30 sept. 2020 à 15:30

Habituellement, un groupe qui présente une situation financière solide et une trésorerie généreuse a tout lieu de s’en féliciter publiquement. C’est pourtant assez discrètement qu’Action Logement a publié, mercredi, ses comptes consolidés pour l’année 2019.

Il faut dire que le contexte politique incite à la prudence. Depuis plusieurs mois, le gouvernement a le premier bailleur social de France dans son viseur. Il l’accuse de dysfonctionnements, se plaint du décalage entre l’entrée des ressources et les investissements qu’il réalise, et a décidé de le refonder. En cette période de crise économique, Bercy lorgne aussi les caisses pleines de l’organisme et a décidé d’y ponctionner 1 milliard afin de boucler son projet de budget pour 2021. Sans compter les 300 millions d’aide compensatoire, initialement prévus au titre de la loi Pacte votée l’an dernier, et finalement annulés.

« Effet d’optique »

De fait, la trésorerie d’Action Logement a de quoi faire des envieux. A fin 2019, elle s’établissait à… 9 milliards d’euros. Dont 5,9 milliards pour son seul pôle services (ALS). Cependant, tempère un porte-parole du groupe, il y a là « un effet d’optique ». D’abord, parce qu’à cette période la Participation des employeurs à l’effort de construction (Peec), payée par les entreprises pour financer la construction de logements sociaux et intermédiaires, venait d’être collectée par l’organisme, pour 1,7 milliard d’euros. Le groupe avait aussi tout juste obtenu 1 milliard d’emprunt obligataire, sur les 6 milliards sollicités et destinés à une partie de son plan d’investissement volontaire (PIV) de 9 milliards pour la période 2019-2022.

Dans un récent courrier adressé au Premier ministre, les partenaires sociaux, qui gèrent paritairement Action Logement, ont aussi rappelé que les retards pris dans l’utilisation des fonds disponibles, qui font gonfler la trésorerie, sont « souvent issus de blocages de l’Etat dans ses instances de gouvernance ». Selon nos informations, certains investissements dans le médico-social, la transformation de bureaux en logements ou dans l’office national des ventes (ONV), qui doit permettre la cession de HLM à leurs occupants, peineraient ainsi à être enclenchés. « Il y a bien une sous-consommation des ressources », tempère tout de même une source proche du dossier.

Effort de construction intensifié

Quoi qu’il en soit, les comptes d’Action Logement sont largement dans le vert. En 2019, son résultat net part du groupe s’est élevé à 1,4 milliard d’euros, « porté par le pôle immobilier à près de 80 % », indique le groupe. Une hausse de 18 % par rapport à 2018, année de présentation des premiers comptes consolidés .

L’organisme totalisait fin 2019 pour 88,4 milliards d’actifs, en hausse de 6 % sur un an. Cette augmentation s’explique « principalement par l’intensification de l’effort de construction de logements », le parc locatif social du groupe, qui représente 66 % de ses actifs, ayant été porté à 1 million de logements. Action Logement « compte aussi 10,5 milliards d’encours de prêts, dont 6,7 milliards aux organismes de logements sociaux et intermédiaires et 3,8 milliards aux salariés pour financer l’accession à la propriété », précise le groupe.

Les perspectives d’activité sont également encourageantes. L’an dernier, a été programmée la construction de plus de 42.000 logements sociaux et intermédiaires et la réhabilitation de plus de 25.000 autres.

[ad2]

Source

L’immobilier recrute ! Devenez négociateur immobilier ou partager l’info…