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Logements sociaux : chute libre en Ile-de-France


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Les chiffres sont accablants. En 2020, en Ile-de-France, 20.119 logements sociaux seulement ont obtenu un agrément – c’est-à-dire une autorisation de construction et de financement. Soit une baisse de près de 30 % par rapport à 2019, a annoncé mardi l’Aorif, l’association regroupant les bailleurs sociaux d’Ile-de-France. Il faut remonter à 2006 pour trouver un niveau inférieur.

Le Schéma régional de l’habitat et de l’hébergement a fixé un objectif de 37.000 agréments annuels pour être en mesure de répondre aux besoins des Franciliens. Il est très très loin d’être atteint.

« Il y a eu un contexte particulier l’an dernier avec le double effet de la crise sanitaire et du report des élections municipales, qui a rendu les dossiers plus complexes à monter. Mais la tendance est baissière depuis quatre ans, alors qu’en 2016 on s’approchait de l’objectif des 37.000 », souligne Jean-Luc Vidon, le président de l’Aorif.

Cherté des terrains

En 2017, les bailleurs sociaux ont été contraints à une réduction de leurs loyers de solidarité (RLS) pour compenser la baisse des aides personnalisées au logement (APL) décidée par le gouvernement. Ce qui a eu pour effet de limiter leurs capacités de financement.

Le prix des terrains, toujours très élevé en Ile-de-France explique également le recul de la production. « Nous sommes aussi confrontés à la hausse des prix des matériaux et aux difficultés d’approvisionnement, qui renchérissent les coûts de construction », explique-t-il.

Enfin, les réticences d’un certain nombre de maires à densifier restent vives et ont même été intensifiées par la crise sanitaire, selon le président de l’Aorif. Les autorisations à la construction sont d’ailleurs aussi difficiles à obtenir pour les logements du parc privé.

« Les perspectives ne sont pas bonnes. En cette année 2021, nous ne percevons toujours pas de dynamique de reprise », souligne encore Jean-Luc Vidon, qui a déjà sonné l’alerte à maintes reprises .

Or, rappelle le groupement, les listes d’attente pour obtenir un HLM en région parisienne sont déjà longues. En 2020, 60.930 logements seulement ont pu être attribués pour 745.000 demandes. Et le nombre de demandes est en hausse constante.

« Signal fort »

Pour ne rien arranger, les sorties du parc social se font de plus en plus rares alors que les logements du parc privé sont de plus en plus chers. Dans ces conditions, construire plus apparaît, selon l’Aorif, indispensable.

La ministre déléguée au Logement, Emmanuelle Wargon, a promis, début février, la sortie de terre de 250.000 logements sociaux dans les deux ans au niveau national. 32.000 pour la seule région parisienne en 2021. « L’ambition de la ministre, évidemment, le mouvement HLM la partage. Mais la marche à franchir est considérable », poursuit-il.

« En Ile-de-France, nous avons besoin d’un signal fort pour créer une dynamique à l’échelle régionale, à l’échelle métropolitaine et à l’échelle des intercommunalités. Nous ne parviendrons pas à répondre aux objectifs par la simple addition des ambitions de certains maires », ajoute Jean-Luc Vidon. Il se dit également favorable à « rouvrir le débat sur la RLS » afin de redonner financièrement un peu d’air aux bailleurs sociaux.

L’Ile-de-France n’est pas la seule à pâtir d’une chute des agréments de HLM. Dans d’autres régions où le marché de l’immobilier est particulièrement tendu, comme en Provence-Alpes-Côte d’Azur ou en Auvergne-Rhône-Alpes, le même phénomène s’observe.


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